SECTION II
Industrie et Commerce.
Ln Suisse eît un des pays les plus industriels, on pourrait même dire, en tenant compte îles diflicullés ili; loule nature qu'y a rencontrées cl i|ii'y ronronlrc encore le développement du régime, manufacturier, le plus industriel de l'Eu*
Ses prodnilE les [dus importants sont: les colonnades (filature, tissage et impression), les soieries, les [issus de fil el île lin, l'horlogerie et la bijouterie, les tanneries, le tressage de la paille, etc., etc.
a) Industrie colonniêre. — Elle domino dans les cantons de Zurich, Argovie, Saiiil-Gall et Glatis. La grande majorité île; fabricants ne produit i|ue les tissus de qualité ordinaire et à lion marché. Les progrès qu'ils ont réalisés dans celle
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ment, sur les marchés étrangers, coolie leurs concurrents, de l'Angleterre, de Ta France et de l'Allemagne. On a cru longtemps qu'ils devaient cet avantage à l'emploi des moteurs que fournissent les nombreux cours d'eau i|iii sillonin-iil la Suisse; mais il importe de remarquer que les chutes il'eau naturelles n'existent que dans la région montagneuse, c'est-à-dire là où il est le plus iliflidle d'installer une usine, et qu'il n'est pas possible de les régulariser, surtout a l'époque de la fonte des neiges Cependant elles ont pu Être utilisées dans une certaine mesure sitl ili'lint de l'industrie. Aujourd'hui les moteurs ô feu ont remplacé à peu prés partout les moteurs hydrauliques. Il est plus cxael de dire qu'eu Suisse, la main-d'œuvre esl moins élevée qu'en France
cl ''ii Angleterre, l'ouvrier, par ce double fail qu'il se partage entre le travail industriel cl agricole et qu'il vit avec la plus grande sobriété, pouvant se contenter d'un salaire moindre que partout ailleurs. Il importe, en outre, île tenir compte île l'esprit d'ordre et d'économie iln fuhiicaiil suisse, et de la réserve, (le la prudence avec lesquelles il dirige sa production. C'est ainsi qu'il parvient à triompher des causes d'infériorité qui naissent, pour lui, de la nécessité d'aller acheter en France ou en Angleterre, c'est-à-dire A une grandi.' diîlaticc de l'usine, une matière première que grèvent des frais de Iransporl très-élevés, de faire des approvisionnement.; eonsidéi'iddeî qui immoliilisrnt une forte partie du capital de circulation, d'acheter les machines en France ou en Angleterre, la Suisse n'ayant pas d'ctahlisscment sidérurgique qui puisse lee fournir aux infimes pris, enfui de paver liès-chrr la linmïle importée de l'élranger, le pays n'cti produisant que des quantités insignifiantes et ilnii'' qiiiililé médiocre. Voiri c.immenl f'exprimnil, à ce sujet, un des plus grands manufacturiers suisses, M. Jenny, deGlaris: t En ce qui concerne les machines, il se réalise, chaque jour, dans leur labni-ation, des perfectionnements d'une importance incoulestaldc cl que nous ne pouvons pas ■l pi. l'i i m Ii i i, | ■i" ■ nui» m- >■ (ij-
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Nous devons donc continuer à travailler avec l'ancien matériel jnsijo'à ce que nous puissions le remplacer.... Une filature eu état de fonctionner coôle, en Angleterre, 25 fr., eu Suisse, 50 fr. par broche; une usine à lisser de 400 à 500 fi-, en Angleterre, de 300 à 1,200 en Suisse par métier. Le fabricant anglais n'occupe que à 5 personnes par millier de broches: nous en employons ici île il à 10. Nous comptons pour le Iransporl de la matière première à l'usine el pour
l'arrivée nu porl ^ l'ejn LaripueiiiuiiL ilu pruiluil fabriqué, mie dépense qui varie entre fi ol 10 p. 100; elle est moindre des deux tiers en Angleterre. Le fabricant anglais, ayant à sa porte le pins grand marché de colon lirut qui existe dans le monde, achète au fur et à mesure de ses besoins, et n'immobilise pas, par coiiséqucnl , dans ses approvisionnements, un capital aussi considérable que nous. Ses frais d'exploitation sont, en outre, sensible m eut réduits par le fait de l'existence, dans tout district manufacturier de quelque importance, de LM'andes fabriques de machines, que nous ne possédons pas.. . L'usinier anglais a, en outre, le fer et la houille à bas prix. Quant à nos forces hydrauliques, elles ne nous offrent aucun avantage, puisque les frais de premier établissement sont moins élevés de moitié pour une machine à vapeur que .pour un moteur à eau. Nos seuls avantages vis-à-vis du l'Angleterre consistent donc dans la plus longue durée de la journée de travail de nos ouvriers,
(ItnporLi of Her Mujcslij's secretories of cnib/issy — 1864 — Swillerlautl.)
Le délégué français à l'exposition industrielle de Berne de 1857, attribue à la Suisse do celte époque 1,300,000 hroclies, c'est-à-dire le 12= de celles qu'il prétend exister en Europe et dans l'Amérique du Nord, autant que dans l'ensemble du Zollvcroûi, le double de celles que possède la Belgique et le quart de celles qui lonctioiincnl en France.
{Schwàierkuniie, 2 e partie, 186-1). D'après cet auteur, la Suisse possédait, en 1857, 1,251, 590 broches se répartissant entre 136 filatures, dont 77 (avec 510,000 broches) dans le canton de Zurich; 15 (avec 170,000 broches) dans
it-Gall; 11
Schaiïhousc.
anglaisa par le gmim'iiaim'iil fédéral, seuls; les irois cantons de Zurich, Je Claris et d'Ari;ovie avaient, en -1804, -110 filatures réunissant environ 1 million de - broches; — 1 15 usines de tissage (dont de .'15 à il) à eau et de 75 à 80 à la main) mettant 8,000 métiers en mouvement; — 13 étaliliiM'iiicnls de filature et lissage réunis; — 30 usines pour ia teinture et l'impression. Ces i'70 établissements oecupalcnt environ 35,0110 iinviii-rs fia^nant en moyenne par jour de '1 fr. 20 e. à I fr. 50 c selon les localités. Le salaire des enfants île l 't ans vari') entre O fr. 80 e. et 1 fr. 10 c. Les
5 fr. par .jour.
L'importation du colon brut en Suisse a progressé jusqu'en 1801, pour diminuer ensuite assez si-iisilileineiit , comme dans le reste de l'Europe, sous l'influence de la guerre civile en Amérique. Voici les chiffres officiels de 1852 à 1803 (en quintaux métriques).