‹ La Suisse territoire, population, agriculture, industrie, commerce, historie, institutions politiques et administratives, etc. par m. A. Legoyt et m. G. VogtChapitre 22 sur 50 · SECTION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIÈRE

La Suisse depuis ses origines jusqu'au douzième siècle.

Les historiens s'accordent à considérer les Helvètes, ramean de la grande souche gallo-celtique, à laquelle ils se rattachent par la religion, les institutions et les mœurs,

comme les premiers habitants île la région comprise rentre les Alpes et le Jura, entre le Rhin et le Rhône. Les Alpes valoiscs paraissent avoir été habitées de temps immémorial par des populations d'origine inconnue, les liilicres, les Peragres, les Mantouans et les Séduniens. On trouve, à la sortie du Rhône du Léman, les Allobroges, les Gallois, et dans les vallées où le Rhin prend sa source, les Rhéliens,

Étrusques d'Italie. La découverte récente de restes d'habitations lacustres en Suisse a mis sur la trace d'une race réellement primitive; toutefois ou n'est poînl encore arrivé a des conclusions lusiuiiques protides cl incontestées sur ses origines et sa nature.

Vers l'an Î18 avant l'ère chrétienne, les Helvètes, avant envahi un des territoires les plus fertiles île la Gaule, avec l'intention de s'y établir, furent battus par César. A la suite

42 ans plus tard les Rhéliens succombaient, à leur tour, devant la lactique romaine.

Du deuxième au troisième siècle, le christianisme pénétra à peu près en même temps dans la Gaule et Nlelvétic.

A partir du troisième siècle, ce dernier pays fui atteint par les grandes invasions d'outre- Rhin, qui sont le trait dominant de relie époque. Au commencement du cinquième, les Alemans s'établirent dans la zone située entre le Keckar et l'Aar, qui comprend le nord et l'est de l'Hclvélie. Les Burgondcs occupèrent celle qui s'étend du Jura à la Méditerranée, puis de l'Aar jusqu'aux sources du Rhône, et comprend l'Hehélii occidentale. Les OsirngolJis s'emparè-

rent de l'Italie supérieure et de la Riiétie. Les Alemans, établis dans un pays en grande partie inhabité, gardèrent intacte leur nationalité; les Burgondes de la Suisse occiden- <■! )•■< ( isfi'ii^ûiii; sVillii'ii'cnt . au contraire, avec les populations indigènes, et donnèrent lieu à une race croisée connue dans l'histoire sous le nom de Romans.

A la fin du cinquième et dans ta première moitié du sixième siècle, les diverses races du sol lielvétien furent soumises par les Francs.

Sous le triste règne des Mérovingiens, à l'occasion des fnjquculs [KirlaiK's qui 01 n cul litti tkius ]'fini|iin> des Francs, le nord et l'est de l'Helvélie appartenaient habituellement au royaume d'Austral cl l'ouest au royaume de Uourgogne. Cette division politique amena des luttes assez vives entre ces deux parties de la Suisse et notamment entre les deux races allemande et romane.

Sous les premiers ùirluviiipui].-, cl piliculièremenl sous (Ihai'leniHjrm:, uni l.'i visita plusieurs fuis, la Suisse [>arLicipa an mouvement civilisateur que le grand monarque avait su imprimer à ses immenses possessions et jouit notamment des bienfaits de la paix qu'il leur avait procurée. Mais, sous ses successeurs, l'établissement du régime féodal y provoqua de nouveaux déchirements.

Après avoir appartenu, pendant quelque temps, à la Bourgogne cisjurane, la Suisse occidentale devint, sous Rodolphe I er , en 888, le noyau de la Bourgogne transjura ne.

Sous le prince allemand Henri I™", dit l'Oiseleur, Rodolphe Il de Bourgogne reçut é^alcmuiil une partie de la Suisse allemande véteuiie. Toutefois Rodolphe III de Bourgogne laissa la totalité de ses Étals à Henri III et Conrad II, de telle sorte que l'Helvétie romane fit de nouveau retour, en 1034, aux empereurs d'Allemagne.

Sous le régne ries empereurs francs, l'Helïelie fui, comme le reste de leurs possessions, déchirée par les luttes survenues entre l'empire et la papauté.

A la lin du onzième siècle, on voit s'élever en Helvélie les ducs de ïœhrîngen, représentants de l'empire dans la tf.-nry vii. Ii< L. u<)<i- . 'if^ruif,, £un<*l> t-i-M-w « d.-* villes de Fribourg, Berne et (l'un certain nombre d'autres. A la mort de Berlhold V s'éteignit cette puissante maison qui, si elle eût prolongé son existence, eûMrès-probable-

Les ['iiiiid's Savoie lui sur.vi'i là-uni thnsi rildvétie romane, tandis qu'en Alemanic, une partie de sa succession fil de nouveau retour à l'empire, l'autre ayant été réunie aux possessions de plusieurs grandes la m il les.

De l'établissement de la Confédération jusqu'à la révolution de 1798.

Au treizième siècle, l'extinction de la maison de Ilohenslaufen ayant plongé l'empire dans l'anarchie, les diverses provinces s'efforcèrent de se rendre indépendantes ou se réunirent dans un intérêt de protection mutuelle. De son coté, la liauie noblesse chercha à étendre ses possessions et à conquérir sa souveraineté. Les mêmes faits se produisirent en Suisse.

Les vallées situées autour du lac des Quatre-Cantons ont été le berceau de la Confédéral ion suisse. Ce sont les habitants d'Ul'i , de Schwytz et d'Unlcnvalifen qui proclamerait les premiers leur indépendance.

La maison de Habsbourg avait déjà uhuiHii; à étendre les droits qu'elle avait sur le territoire suisse, et à en acquérir d'autres, notamment en plaçant sous son autorité immédiate

la totalité des vallées dont nous venons de parler. Mais leurs habitants avaient résisté ù ses préteniions nouvelles, et s'étaient efforcés, en outre, de se soustraire à Koxereice de la souveraineté partielle, qui, selon quelques historiens, iili ;i|iji',irl!'n;ut Jégiliiik'iiicn!. TniiHois , un rhnji;;iinit)iil dans

les conditions d'existence du pays était devenu nécessaire, et il importait ou qu'il conquit son indépendance, ou qu'il constituât désormais ut définitivement une province autrichienne. Les braves populations des rives du lac se rangèrent au premier parti. On,les vit, en effet, courir aui armes et remporter une victoire décisive sur leurs ennemis.

Peu après la mort de Rodolphe de Habsbourg (I" août 1291), fut fondée la première confédération des trois cantons. Ils se jurèrent mutuellement aide et protection, s'engageahl à se défendre les uns les autres, par la voie du conseil et de l'action, contre toutes les attaques dont ils pourraient être l'objet, et quel que fût l'agresseur. En cas de dissentiments entre eux, ils devaient s'en remettre à la décision d'un tribunal composé des liummes les plus expérimentés choisis en nombre égal des deux côtés. Si une fraction des pays intéressés roi usait de se rendre à celle décision, la majorité devait l'y contraindre.

Après la victoire de Morgarten sur les Autrichiens (1315), la confédération fut renouvelée avec cette disposition nouvelle qu'aucune des parties contractantes n'accepterait la suuvei'ainclé d'un prince étranger sans l'assentiment des autres. C'est à partir de cette époque, que commence ce qu'un auteur allemand appelle ['héroïque jeunesse de la Confédération, jeunesse signalée, pendant un d eriii- siècle , par des combats continuels et toujours heureux contre la haute noblesse et la maison de Habsbourg.

En 1332, «Ile s'accrut Je la ville de Lucerne; en 1351, de la ville impériale de Zuricli; en 1:152, do Glaris et de Zoug; en 1353, de la ville impériale de Berne.

A cette époque , et malgré ses agrandissements , elle ne se considérait encore que comme un ensemble de communia lilues île bourgeois ou de paysans, placés sous la siiï.ci'Liiiii.'l'ï (!■■ IVm|ici'ei;r d'Atir'iiiiigiit;. So- mémoires l'onti-

tral, à établir cl à reconnaître des institutions judiciaires communes el à se garantir l:i liberté dus relations commerciales. Le droit public de la Confédération s'accrut, eu 1371 et 1393, de stipulations contre les immunités des ecclésiastiques, contre les juridictions étrangères, notamment

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voiles relatives au maintien de la paix publique, ainsi qu'à I établisse meti t d'un système militaire régulier.

A partir du <|ua!orzïème siècle, un ^[■.un] rbariiji'mL'iil s'introduit dans la situation politique des confédérés. Jusqu'à ce moment, ils n'ont eu d'autre souci que de défendre leur indépendance contre les droits réels ou usurpés de l'Autriche cl contre les prétentions de la haute noblesse. Sur ce double terrain, la lutte est terminée. La noblesse réduite à l'impuissance, la domination de l'Auiriche profondément ébranlée, tel n été le résultat do celte période militante de leur existence. Une autre carrière s'ouvre en ce moment devant leur ambition. 11 ne s'agit plus pour

s'agrandir. Ce sera l'œuvre du quinzième siècle. Ainsi, en 1 î l."i, i\> nilèvriU à l'aivliidui- 1 '"i i '■ 1 1 : '■ t j ; - d'Anliirbr. mis au ban de l'Église el de l'empire, le pays d'Argovie.

Leur indépendance émil d'ailleurs, dès la première moitié

do ce siècle , un fait tellement admis, i.|Ui', pendant la lungtie guerre (1436-1450) nui s'éleva entre eux à IVcasion du partage de la succession du donner comte de Toggenhourg, elle ne fut pas un seul inslanl mise en question par les litats

.1.1. t-l- Il 7.1.1 r-'ll lui. f'-'i-IjUI '|il-l.ln- ■!■■[■• . i.lu

à l'Auti'iclie contre ses confédérés. C'est à l'occasion rie cette guerre qu'ils lirent face [jour la première fois aux Français dans le mémorable comliat contre les Armagnacs, à Saint- Jacques sur le Rirs. La valeur dont ils firent preuve pendant cette joui née lit naître rlirz If dauphin . depuis Louis XI, le désir de les utiliser pour son service. Peu de temps après (1460), ils enlevaient Tliurgovie à l'Autriche. L'archiduc Sijàsmond d'An Iridié, qui su sentait trop faillie pour lutter seul contre eux, plaça, en 14£9, sous la suzeraineté du puissant duc Giarlep de liuure.oi;nc les possessions suisses de l'Autriche. Plus lard, après la bataille rie Morgarten, il signait avec eus (1474) le traité par lequel l'Autricfie reconnaissait compl'Humcut la confédération dans ses limites rie l'époque et iviii inoait définitivement :i Joule prétention sur les p:ni ■■uinpu-aii I smi le iTilidie. [.nui - XI, roi de France

et adversaire rie Charles de llourgogne, avait concouru activement à la négociation de ce traité. On lui devait éj.™],.menl en grande partie celui par lequel Charles IV et la Con' fédération (1 45:2-1 45:1) s'étaient juré une éternelle amitié. Lui-même, prévoyant une guerre prochaine contre le duc de llourgogne, contracte, avec eux une alliance oflensive et défensive, avec la pensée, île les entraîner, à son profil, dans ce formidable eonilit. 11 éclate hieniot, en effet, et le duc perd successivement contre les Suisses les batailles de Héricourt, en 1-174 , de Granson et rie Murten, en 1476, de Nancy, en 1478. On sait qu'il périt dans celle dernière journée. A l'occasion do eos diverses rencontres, les Suisses

prouvèrent pour la première fois qu'une, i m Fn n ri o brave el bien conduite peut [riuiuiihei' d'une cavalerie bardée de fer.

Cette guerre heureuse eut pour résultat de faire entrer pour la première fois In (Ion fédérai ion dans le mouvcnienl de la politique ciirupéemie. Klle lit, d'ailleurs, à ses troupes une édalanle renommée de bravoure et de solidité sur le champ de bataille, liai,, en delnusau!, à l'instigation de la France, le duché de Bourgogne, elle avait agi contre ses véritables intérêts qui consistaient^ maintenir une puissance appelée, par eu fait qu'elle était placée entre la France et l'Autriche , n devenir naturellement son alliée. Cette puissance cessant d'exister, elle était condamnée, à moins de circonstances oxceplionnellemciil favorables, à se mouvoir dans l'orbite du l'un ou de l'autre des deux pays.

Sous l'iniprcssinri des vtetuircs fjuc nous venons de rappeler," le grand-duc Sigismond d'Autriche signa, avec les confédérés, en 1477, un traité par lequel les deus parties s'engageaient à se prêter, eu cas de besoin, l'assistance militaire.

Après la guerre de Bourgogne, la Confédération l'ut engagée dons une crise intérieure. Les campagnards, les habitants des moulines étaient devenus jaloux de ceux des villes et notamment de leur pouvoir croissant, de l'étendue prn^resrive di; li.'nr eirconseripliuii. De leur cûlé, ceux-ci demandaient que lu Imlin lail à l;i guerre fui répaiïi d'après le nombre des combattants, tandis que les premiers réclamaient l'égalité du partage entre les villes cl les campagne?. Les villes de Fribourg et de Soleure ayant sollicité leur admission dans bi Cunfédérntimi, l'assemblée diargée de statuer sur c«ttc demande ne put parvenir à s'entendre, et l'a mm usité do ni lirent preuve les deux partis dans celle cir-

constance lui telle, qui; la guerre ciïile parut un iuslanl inévitable. Elle fut conjurée par un des hommes les plus influents, les plus estimés de la Suisse, frère Nicolas rie Fluen, qui parvint à les réconcilier. Dans une réunion générale ries délégués des villes cl campagnes, les confédérés se jurèrent de nouveau paix et amitié, s'engageant à punir tous les perturbateurs île la pais publique; à soutenir les chefs de la Confédération, à combattre le relâchement qui s'était iiMi'inlnir ilaii* le- rud'iirs ;i la suite île la guerre de Bourgogne, à partager ie butin de guerre d'après le nombre des combattants et les territoires conquis d'après l'importance des cantons confédérés. Enfin la même assemblée prononça l'admission des villes de Fribourg et de Soleure.

A la fin du quinzième siècle, les confédérés eurent encore à soutenir une guerre qui fut décisive au point de vue de leur situation vis-à-vis de l'empire d'Allemagne. Ou se rappelle que les trois premiers cantons avaient f;dt In guerre à la maison i.ie Ihiiisboul;; i!aii- li: but de mamtem;' leur état de dépendance immédiate de l'empereur el de l'empire, et que, pendant toute ia durée du quatorzième siècle, ils avaient été considérés comme en faisant partie. Mais, pendant le seizième siècle, d'une part, l'autorité de l'empire et de l'empereur s'était fort affaiblie, tandis que celle des princes

suzerains avait seusiblrmrril grandi; de l'autre, la Confédération selnit organisée d'apivs nn priueipe publique spécial, celui d'une réunion de républiques. Telle était la situation, lorsque, vers les dernières années du quinzième siècle, l'empire vit se produire un mouvement unitaire très-caraclérisé. C'est ainsi que la diète de Worms, en 1495, et celle qui suivit prirent des résolutions dans le sens du maintien de là paix publique el de l'organisation d'une force militaire par des mesures communes, puis de la création d'une haute

cour de justice ilmtl les décisions feraient loi pour toutes les parties de l'empire, et, par conséquent, peur la Suisse. Mais il était peu probable que ce pays accepterait une législation dont i! n'avait nul besoin , puisque déjà il avait assuré la paix publique sur son territoire et qu'il possédait des institutions politiques et militaires satisfaisantes. Ses résistances amenèrent, entre l'empereur, comme souverain des possessiinih aulnelueimes ri.uiti.uuê^ a hi Suisse, uni à Ui fédriraliini de Swiabe, d'une part, i'l le- coiifiiitil'ivs >diitenus par les Grisons, de l'autre, la guerre dite de Souabe. Les Suisses, comme on les appelait déjà fréquemment à celte époque (du nom du pays de Schwytz), triomphèrent dans toutes les rencontres importantes et obtinrent, à la conclusion de la pais, à la fois d'être dispensés du payement de i'impût à l'empire et soustraits à la juridiction de la haute cour de justice. Leur indépendance fui ainsi complètement reconnue et, à partir de ce moment, ils ne furent plus membres, mais seulement alliés du Saint- Empire romain. A la suite de cette pir.no et comme conséquence de leurs succès, ils admirent au soin de la Confédération les villesdc Baie et de SchafThouse, et, en 1501 «1518, le pays d'Appenzell. En 1511, l'Autriche renouvela avec eux les anciens Iraités d'amitié, et, a partir do celle époque, les relations mutuelles di s deux pays restèrent amieales.

Nous avons vu que les Suisses avaient été entraînes par la Fronce dans la guerre contre le duc de Bourgogne. La même puissance les décida, vers la fin du quinzième siècle et au commencement du seizième , a intervenir dans la guerre d'Italie, que soutenaient, les uns contre les autres, le pape cl la république de Venise, le duc de Milan, l'empereur, la France el l'Espagne, ils y prirent part, d'abord comme auxiliaires à la solde de la France-, plus tard comme

alliés du pape cl enlin comme Klul iudé|'euéan(. Ils montrèrent de nouveau, dans celle guerre, les ému tentes qualités militaires qui les caractérisai en t, surtout dans le combat de Novare, en 1513, cgi ils battirent l'armée française. Mais ils ne poursuivaient, dans ce vaste conflit, aucun plan politique bien défini; aussi leur fut-il beaucoup moins utile que la guerre de Bourgogne, qui cependant était l'acte d'une politique peu prévoyante.

Taudis qu'ils avaient la piélculkni d'il) le ru. 1 m r un l.omlinrdif: ranime pouvoir prépondérant, 1rs Suisses succombaient dans leur propre pays, aux intrigues des États yowng. Ceux-ci, en effet, achetaient chez eux des partisans à prix d'argent et cherchaient ainsi à se créer une influence décisive dans la Confédération. Petits et grands ne craignirent pas, dit-on, d'accepter l'or de l'étranger.

Après ia bataille de Harignan en 1513, journée qui, pour la première fois, fut défavorable à leurs armes, ils commencèrent à comprendre que leur mission nu consistait pas à intervenir, à litre l'ileusif, parmi les puissances européenne;.

En 1510, ils signèrent avec la France nue paix êlerneUe (formule des traités de l'époque).

Par celle convention, les nationaux des deus pays furent autorisés à commercer librement; la France promit a quel-

.p>. , .pii|..iis 'pu h ilnii 1 1 i 1 1 i . iil. .1 - v.iLk ri p.nl

une assez grosse somme comme indemnité des frais de la guerre. Cinq années plus laid i\hî\), les deux pays s'allièrent encore plus étroitement ; la France notamment obtint l'autorisation de recruter en Suisse. Par ces deux actes diplomatiques, la Confédération dessinait nettement sa politique nouvelle, qui consistait à se séparer de plus en plus de l'empire d'Allemagne. A partir de celte époque, en outre, elle cessa d'intervenir directement dans les conflits

des grandes puissance fm-opéetuics, et avec d'autant plus de raison, que, comme seul avantage de ses longs et sanglants combats dans l'Italie supérieure, il ne lui était resté, sur le coté sud du Saînt-Golhard, que le Livînerthal, la principauté de Bellinzona, Lugano, Locarno, Mendrîsio et le Val-ilaggia.

Au commencement du seizième siècle, elle comprenait les pays ou cantons de Zurich , Berne, Luccrne, Uri, Schvvyli,

Unlenvaldeil , Zinif--, Claris, lîàle, Fi ilnuir^, Suletire, ScliafThouse et Appenzcll. Chacun de ces pays ou cantons avait une cii'C.i.inscriplii)ii terïitiiiiah prujjtv. l'.lb'. ciUrcli'Tiiiit , en outre, avec u:i Cui'lain iiomi.m 1 île localik-s vniiirii.'ï , urbaines Ou rurales, de* relations lelluiuem élruilus que, sans lui iip|iiir; ; >uii' k- ijTun ïït-li-:ib(r j i [ , ces lueulili'-s m- uhirivaii.'iil rOflk"menl dans son orbite et étaient profondément associées à ses ileslinées politiques. On l.'.s appelai! so.s totihii* ou

alliiis. C'étaient: la petite république de Gersau, sur les rives du lac des Qualre-Caiitoii!;, l'abbaye d'Eiisielbcrl, la ville de Saint-Gall , l'abbaye de même nom avec la terre vassale de Toggenbourg, la ville de Biel, les comtés de Venenburg et Valengin, l'évèché el la terre de Vaud, les trois confédérations Hliéiiemir't, la ville île Mulhouse dans le Sundjinu, la ville de llottueil dans la Souulte, la ville de Genève et, depuis le commencement du seizième siècle, l'évèché de Baie.

En outre des localités qui dépendaient eichisivement de quelques cantons détermines, il en était d'autres qui relevaient à la fois d'un plus ou moins grand nombre d'entre eux, et notamment le comté de liade (en Argovie), les districts libres dans le Wagentbal, les comtés de Thoi'govie, de Sargans, la principauté de rilieinlhal, les Vogteien de Locarno, M end risio et Mainlhal(Vat-Maggia), le comté deBcllenz

(Bell inzona), la ville de Rapperschwyll , les principautés de Ulznach, Gasler el Ganis, les Yo^leien de Sdiwartîenbourg, de Moral, Orbe, Granson et Tschorlitz.

Iteus les cantnns-rampngnes. la constitution reposai! sur le principe de lu Bouterait] été populaire, sur l'admission de tous les citoyens » la discussion et au vote dp la loi. La constitution dos caa ions-villes (qui s'étaient successivement forme une banlieue), concentrait tous les pouvoirs

i'.ii.s Ir-ur -'lir.-nitp l'.r< |:i.i;iiir i - . M-ir:m-fil M:ii:rui:p \i ' -jrs

par l'ensemble îles habitants, que par un cooseil compté des citoyens li-s y'.uf distingues Toutefois, m^me d.ins ces cantons, les gouverneurs, pour toutes les affaires importants, affaires de (juei're, île |Nii\ , d'alliance, d'impositions nouvelles, convoquaient les habitants des banlieues et les faisaient participer nux délibéralions communes par l'intermédiaire de délégués que choisissaient les populations. L'admission au droit de bourgeoisie dans la ville était, d'ailleurs, très-facile. — Les cantons avaient leur circonscription el n'exerçaient pas une autorité absolue sur les pays dont ils étaient suzerains. Os pays jouissaient, soit traditionnellement, soit en vertu des traités, de droits et libertés plus ou moins étendus. Plusieurs, comme celui de Thur- L'iivie par exemple, entretenaient l'espoir d'obtenir un jour l'individualité cantonale. Aussi attachaienl-ils un grand prix au maintien de leurs droits el saisissaient-ils toutes les occasions de les faire reconnaître et confirmer.

Les intérêts généraux de la Confédération étaient traités en commun dans une assemblée générale. Celle assemblée slaluail sur toutes les questions qui pouvaient toucher à ces intérêts:, el notamment sur les questions de paix et de guerre avec les puissances étrangères, sur celles qui louchaient au pays dont la Confédération éïait suzeraine, sur

les moyens Je l'établir ou d'assurer l'ordre et l'harmonie à l'intérieur.

Dans cette sorte do parlement, la ville de Zurich prit une inflrinnce qui lui valut, en quelque sorte, le premier rang dans la république. Le siù;;G du gouvernement y fut établi , et, à ce point de vue, elle obtint, dans une certaine mesure, la direction îles affaires île la Confédération.

produire, dans la Confédération, comme dans les pays voisins, un grave événement qui devait exercer, sur leur destinée, la plus grande inlluence, la Réforme. Elle fui d'abord préebée par Zwingli à Zurich, puis a Berne, Bi'tle, Schauliouse, Sainl-Gall, Appcnzell, et de là dans les pays placés sous la suzeraineté fédérale. Elle rencontra immédiatement une vive opposition dans la Suisse centrale, bien que les populations y eussent contre l'Église les mêmes ffriufs '|Oi: 1er auliirS jiai iii'i i'.i: la H ~ ■. j c» "■ .- ] ■ '■ i E 5 -j « l.i.'s dissidents devaient nalundleinriil r-Nf-i'i-lief à assurer la préilnminance de leur culte. Toutefois, leurs tentatives dans ce but se prudiii:in.'iil beaucoup moins dans les cantons que dans les pays soumis. On vit néanmoins Zurich Humer, en 1525 et 1528, une sorte d'alliance religieuse avec Berne, puis avec Constance, c'est-à-dire avec une ville placéeen dehors de la Confédération. De leur côté, les 5 cantons catholiques, Luceme, Uiï, Schwytz, Unlcrwahlen et Zoug, s'allièrent dans le môme sens, avec Ferdinand, roi de Hongrie, archiduc d'Autriche, principal appui du parti catholique en Allemagne. La question religieuse menaçait ainsi la Confédération du plus grand danger qu'elle eût encore couru. En effet, Zurich ne craignit pas de courir aus armes et la guerre civile allait ûchiier, lo:'~:|iie heureusement, fjuclqucs cantons s'entremirent et amenèrent, en 1529, la pais de

Gappel, dile la première [>:m iutéi h:iiiv. Ce traité consacra le principe rte la complète ôjralîtu politique des dcu\ cultes chrétiens. En vertu de ce principe, un canton ne pouvait en empêcher un autre de conserver ou de changer sa religion. La Confédération elle-même s'interdisait ce droit. Dans les pays soumis à sa suzeraineté, lu majorité des cantons suzerains ne pouvait décider contre la minorité en matière de foi. Chaque paroisse était Iilira du choisir son culte. Ce que la majorité des paroisses décidait en matière religieuse devait s'appliquer à chacune d'elles prise isolément. Un particulier no pouvait être poursuivi puni 1 ses croyances religieuses. L'aliiaucc avec le roi Ferdinand fut déclarée dissoute.

Cotte convention conlirma la réforme là où elle s'était introduite; dans les pays soumis, elle détermina un mouvement très-carnetérisé en sa laveur. Mais, en même temps, elle no fil qu'ace roi [ce les prétentions de Zurich qui, au mépris de l'accord intervenu entre les caillons, lit des efforts violents pour propager lu protestantisme. Les caillons catholiques, irrités de celle sorte de violation de la foi jurée, coururent de nouveau au* armes. Les troupes do Zurich furent hatlues â Cappcl (1531); Zwingli subit le même sort; mais peu de temps après, ces cantons prirent leur revanche à Gubel. Une seconde paix signée à Cappel, vers la Iin.de l'année, reconnut les deux confessions dans les cantons suzerains. En même temps qu'elle n'apportait aucun ohslacle au progrès de la réforme dans les pays soumis, elle leur reconnaissait le droit do relonnier au catholicisme. Zurich dut renoncer à toute alliance dans un but de propagande

religieuse, suit nu sein de la Confédération , soiL au dehors. Ce second traite eut des conséquences très-diverses. Le catholicisme fut restauré dans une notable partie des communes où la réforme avait pris pied. Hais elle répara celte

perle en s' introduisant dans l'Helvélie romane ou orientale, qui, à la même époque, s'unit politiquement à la Confé.lcratioti et particulièrement au eaiituii de Berne.

Dimi'i. r-rs Jl>I!>, la ville il,.' 'ii-iiyv, p mr sr défendre contre les ducs de Suv-oie clicn'liiiiiTil s l'annexer leurs Etats, avait s i r> i ■ ;ivrr Knlmm';: i;n traité d'a'liaiii'e. K:i l. r i:!ti. elle

renouvela ce traité et en fit un rie même nature avec Berne. Lorsqu'elle eut accueilli la réforme, la ville catholique de Fribourfi s'en vengea en dénonçant le Irailé, que respecta la ville protestante de Berne. En -13 JG , le due de Savoie ayant mis le siège devant Genève, Berne vint à son secours, déclara la guerre à la Savoie, s'empara de ses possessions

vnisiiU'Sili] lac (V:ind, □ i.'dda:;.. t\r\>. ainsi qu.; de rollr.-s do l'évéque de Lausanne, et y introduisit le protestantisme. Genève , ainsi sauvée par Berne d'un péril imminent, devint bientôt, par suite des prédii-alions de. Calvin, le centre religieux et inlellceluel des pays nnnaris conligus.

Le rétablissement, à peu près général, du catholicisme en Europe , pondant la seconde moitié du seizième siècle, réagit sur la Suisse. Berne se vit obligée de restituer, par le traité de Lausanne (156-t), la partie de ses conquêtes sur la Savoie, situées sur la rive gauche du lac de Genève, ainsi que lo pays île Gex. Les jésuites vinrent s établir dans les cantons catholiques, et une nonciature permanente fut créée en -1586 dans la Confédération.

La même année , les cantons catholiques formèrent l'alliance dite d'Or ou de Borromée, par laquelle ils renoncè- E'ent à leur indépendance en matière de foi et se séparèrent autant que possible des cantons réformés. En 1587, ils allèrent jusqu'à faire un traité avec l'hilippo 11, duc de Milan. Par suite de ce traité, qu'ils renouvelèrent à la suite des deux guerres de religion qui le suivirent , les divisions reli-

gieuses de la Suisse prirent un caractère politique. Il y eut , en quelque sorte, deux con fédérations unies entre elles par un lien qui allait se dénouant chaque jour. Toutefois, ta Suisse cul la bonne fortune de rester élri libère ;i l;i guerre de Trente ans, qui désola l'Allemagne. La situation intérieure alla, d'ailleurs, et contre toute prévision, en s'améliorant. En 1633, les cantons réussirent à s'entendre sur cette base que, dans les pays soumis à la Confédération , la majorité des cantons suzerains cesserait de pouvoir décider on matière île foi ; que les quesliuns religieuses seraient l'objet d'un accord cuire les parties , et qu'au besoin , la décision serait remise è un tribunal composé de juges impartiaux. Ainsi fut établi te principe de l'égalité, au point de vue religieux, des pays soumis.

A la paix do Weslptulie (IfiW), l'indépendance de la Confédération par rapport à l'empire ;dleinaud fut de nouveau

linéiques aunèi:., après édntn la guerre des Paysans. Quelques mois à ce sujet.

Au dix-septième tiède, on sait que l'Europe présenta gé-

luer le despotisme. Telle tendance s'inlroduisit jusqu'en Suisse, où l'on vit les Tilles cantonales afficher la prétention do soumettre leur banlieue rurale au régime du pouvoir absolu. Les habitants des campagnes en furent vivement blessés. Ceux des pays soumis se plaignirent aussi amèrement de l'oppression que leurs gouverneurs (Laitdvôgle) faisaient peser sur eux. A ces causes de mécontentement s'en joignit une autre provenant d'une dèpré::iafum p.-m'inle de la propriété foncière par suite des circonstances du temps. On vit alors se soulever HG;Vj) les paysans de ces pays.

principalement de ceux qui relevaient directement des cantons de Berne, Lucerne, Soleure et Bâle, et réclamer, avec leurs anciennes libertés, qu'ils prétendaient élever jusqu'à une indépendance complète, une situation égale à celle des paysans citoyens de ces cantons. Battus dans plusieurs rencontres , ils furent traités avec la plus grande sévérité. Cependant les gouverneurs des villes cantonales eurent un instant la pensée de donner, dans une mesure Irès-reslieinle il est vrai, satisfaction aux réclamations de leurs sujets médiats ou immédials. Celle | musée n'eut pas de suite. De son cflté, l'assemblée fédérale chercha les moyens d'améliorer l'administration des pays soumis; mais ses efforts dans ce sens n'eurent aucun résultat important. Une tentative, faite par Zuricb, de renouveler la Confédération en l'améliorant politiquement, n'eut pas un meilleur succès.

Au lieu d'écouter la voix de l'expérience , telle que les événements venaient de la faire entendre , les gouverneurs des villes, une fois' le danger passé, aimèrent mieus, à l'exemple de Louis XIV, qui venait de réaliser, en Europe, le type du gouvernement absolu , persévérer dans le régime qui avait amené l'insurrection.

La guerre des Paysans avait momentanément rapproché les cantons catholiques ci pralestnidï appelés à se défendre contre un danger commun. Celle insurrection était à peine terminée, que les anciennes divisions se itiiiiiiftistaiuiil île nouveau. C'est ainsi <|uc In question de savoir si un habitant d'un canton pouvait ou non changer de religion, puis aller librement s'établir dans un autre , question dont les cantons protestants rwclninnienl impérieusement la solution affirmative , agita si violemment les esprits , que la guêtre éclala, pour la troisième fois, en 16DG, au sein de la Coiuë-

délation. Les réformés, batlus a Vilmergen, durent, dans le traité de paix signé la même année, renoncer à leur prétention.

Ainsi divisée à l'intérieur, la Suisse ne pouvait que difficilement se souslraire à l'influence nue Louis XIV exerçait, dans la seconde moitié du dix-septième siècle, sur une grande partie de l'Europe. Aussi les anciens traités d'alliance avec la France furent-ils renouvelés (1003) et considérablement étendus. Elle ne devait pas tarder à regrellcr sa politique dans celle circonstance. Elle vit, en effet, Louis XIV enlever cl'ahorrl à Œ.qiagne la Franelic-Gomtc , située sur les frontières suisses, puis construire la forteresse de Huningue presque aux portes de la ville de Baie, enfin annexer la ville impériale de Sirutljtmr^ et laisser successi-

de 1063. 11 est vrai que cette attitude agressive du roi de France eut, pour la Suisse, nu avantage important, en l'obligeant à organiser des moyens permanents de défense. Un système militaire fut en effet établi , d'après lequel les cantons et les pays soumis devaient tenir en état de disponibilité constante un contingent du 1 er , du 2° et du 3° ban. Chaque ban devait former un corps d'armée de 13,400 hommes, avec un certain nombre de canons. Cette première mesure, dirigée surioui contre la France, fut suivie d'une seconde (irise dans le même esprit. A l'extinction de la maison princière de Longueville à \eudiàlel, les Etats de la principauté, à l'instigation rie Berne, appelèrent le roi de

prince François Conti , dont le succès eût placé NoucMlel dans le giron de la France.

Bien que le péril que lui avaient souvent fait courir les luttes des grandes puiasanet'- européennes, l'eût convaincue

de la nécessité de rester profondément unie à l'intérieur , la Confédération se divisa de nouveau à l'occasion d'une querelle des liahiliiuls de Tnjjseuhoui'jj avec leur scipuciiil'abbé de Saint-Gall , querelle qui :ivîiii pris j.»r;i* f li<^3 li;iuen l une couleur religieuse. On en vînt de nouveau aux mains (1712), et celte fois, l'avantage resta au parti protestant, surtout après le combat do Vilmorgen, dans lequel les troupes des cinq cantons catholiques furent entièrement battues. Aussi dans la quatrième paix (1712), se virent-ils obliges de faire aux vainqueurs des concessions territoriales et politiques considérables.

A partir de celle époque, les questions religieuses perdent rapidement de leur importance en Suisse, Memaïquoiis , d'ailleurs, à ce sujet, que les guerres dont elles avaient été la cause et r)ui avaient eu en définitive pour résultai d'y établir l'égalité des cultes, lui avaient coûté moins de sacrifices qu'à la plupart des pays voisins.

Louis XIV, blessé de son échec dans l'affaire de la succession de la principauté du Neiicbàlel , cl habile à profiler de toutes les circmislaiices qui puiivaienl maintenir l'influence française au sein de la Confédération, sut exploiter à son profil le ressentiment îles «aillons callmliques. Il les amena, en 1715, à signer un nouveau Irai lé d'alliance dans lequel

sions intérieures commo protecteur, pour assurer, et au besoin par la force des armes, le droit public établi au sein de la Confédération. Ce Imité couienait des articles secrets, aux termes desquels les parties contractantes se promettaient le rétablissement du catholicisme el l'anéantissement des conditions défavorables imposées par la dernière paiï ans vaincus de Vilmergen. Heureusement pour la Suisse que la mort de Louis XIV , la faiblesse ou la politique plus

littérale, moins confessionnelle ili.- son suieesseur, empêrliéivnt reiécution île 1 1- 1 1 ■ : « i 1.» ■ .

Vers la fin de ce siècle , la Confédération fil avec le roi Louis XVI (1777) une nouvelle alliance défensive pour 50 années. Les stipulation s, menaça nies pour le repos et l'indépendance de la Suisse, de celle de 1663, en furent soigneusement écartées.

Pendant uni: nulriLle partie du ilis-huilièmc siècle , elle jouit d'un repos qu'elle n'avait pas encore connu. Les cantons, placés sous îles |>(uivenieurs très-jaloux de leur autorité sans doute , mois administrateurs assez intelligents, en profitèrent pour se livrer avec succès à l'agriculture et à l'industrie. On vit, eu onlrc, la vie intellectuelle se développer rapidement dans les villes, où les études scientifiques prirent un rapide et fécond essor. Seule la ville de Genève fut, à la même époque, le théâtre de luttes politiques violentes entre les diverses classes de la population.

Les principes de la Hévolulion-de 1789 trouvèrent un puissant écho dans quelques cantons. Des insurrections eurent lieu dans l'Unlerwakl et à Zurich; mais elles furent promplement et énergiquement réprimées. Elles donnaient toutefois aux gouverneurs intéressés des avertissements qu'ils commirent la faute de négliger. Quoique éminemment conservatrice , la Confédération ne crul pas devoir se déclarer ouvertement contre la France révolutionnaire, qui la serrait cependant chaque jour de plus près. Déjà, en 17U3, elle avait incorpoi en l-i rrpnbiiiiue cisalpine une partie des possessions de l'évêché de Baie, et en 1 797, la Valleline, Clève el Worms, enlevés aux Grisons. Dans les premiers mois de 1798 , des mouvements insurrectionnels éclatèrent sur presque tous les points de la Confédération et obligèrent les gouverneurs à des concessions qu'ils avaient eu le tort de ne pas faire

plus lût cl spontanément. Appelés par le parti révolulionnairc, les Français entrèrent, an commencement de 1798, dans le canton de Vaud. Berne courut nus armes en hesi-. Luit et tardivement , pour succomber , après une résistance honorable, à Neuenegg, Fraubrunnen et Grauholze. Bienliitapniàjcs liravi'p rrinijn^'iia-da du anlon priniilif, malgré des luttes dignes de leurs ancêtres, à Rotbentburm et Morgarlen, durent se soumettre aussi au nouvel ordre de choses.

La. Suisse de 1798 à 1860.

Le droit public suisse, amalgame de dispositions assez peu homogènes, devait faire place tout à coup à une constitution imitée de celle du Directoire de 1795, et qui, contra iiwnwiL à l'bisfiiiii; a ;ï iiiiOlal df! diijsw Jqmis lun-k-iiips

consacré par le temps , allait eu faire un État unitaire. Elle contenait, en effet, cette première et fondamentale disposition : (. Lu lii'-|Hil.lii]iiii ]>o!vi''lii;iii: f .. j r j r i r - :m Kliit indivisible. ■

On y lisait ensuite: ■ Le souverain se compose de l'ensemble des citoyens actifs. — Le gouvernement, bien qu'il puisse être modifie dans sa forme, doit Être, en tout temps, une dwiiucnilic K'jir^ciilalivi:. ■ La liburLi: rdipuuse trouvait sa consécration dans une disposition aux termes de laquelle «était autorisé l'exercice de tout culte qui ne troublait pas «l'ordre public et ne jouissait d'aucun avantage, d'aucun «privilège. > — «Les impôts, y lit-on encore, ne peuvent être perçus, les dépenses ne peuvent être faites que dans un intérêt commun et dans la mesure de la fortune et des besoins des contribuables, t

La constitution divisait la Suisse en 22 cantons. La totalité des citoyens actifs exerçait la souveraineté en rejetant

ou acceptant la constitution et on renouvela ni le corps électoral (1 électeur pour 100 citoyens actifs) dans les assemblées primaires. Le corps électoral de chaque canton nommait les députés au corps législatif, ainsi que 1rs juges et les administrateurs. Le pouvoir législatif était exercé par deux conseils: 1" le sénat, forme de 4 députés de chaque canton et des directeurs de ces cantons; 2" le grand conseil qui, pour la première fois, devait Être composé do 8 députés pour chaque canton, la représentation devant, plus tard, être hasée sur la population. Les résolutions du grand conseil devaient avoir la sanction du sénat, qui était libre de les rejeter. Le pouvoir exécutif était confié à un directoire composé de 5 membres choisis par Ils deu\ assemblées el gouvernant par l'intermédiaire de 1 ministres à sa nomination. Le3 cantons étaient administrés, sous son autorité, par des gouverneurs ou préfets, les districts, sous l'autorité de ces derniers, par des s au s -préfet s, enfin les communes par des agents du gouvernement. Auprès des préfets étaient placés des L-oi-jis administratifs chargés d'assurer l'exécution des lois sur les finances, le commerce, l'industrie, l'agriculture, etc. L'unité politique ainsi créée par les dispositions dont l'analyse précède, ainsi que la nouvelle législation religieuse , ne pouvaient que rencontrer une vive opposition de la part de la plus grande partii. 1 îles piipidatiiins. ïmitcfois, la forme démocratique représentative, qui formait la base de la constitution et reposait sur le nouveau droit public européen, devait, après de longues luttes, devenir le fondement des inslilulions politiques de la Suisse. Ajoutons que la résis- . tance au nouvel ordre de clmses l'ut aggravée par les abus d'autorité et les exactions de tout genre des agents administratifs el militaires envoyés par la république-mère. En 1709, la Suisse devint le théâtre de la guerre entre

les années françaises d'une pari, russes el autrichiennes Je l'autre, et eu siiiilt'nt iTiiellejiieut. A celle épreuve se joignajL'iit ilos Iroitbios jn'c-qui' riiiiiimiels. con-

stitution de 171*8 allait bientôt succomber à ces ditlicullés. Lorsque le général Bonaparle cul renversé le Directoire (1799) et doté la France, comme premier Consul, d'une constitution administrative et politique plus eu harmonie avec son histoire el ses mœurs, un mouvement très-vif se déclara en Suisse contre celle que la France lui avait imposée. Plusieurs tentatives dans le hut de lui en substituer une autre n'eurent qu'un succès momentané- Pendant l'automne de1ISH2, une grande partie do la population se souleva contre le gouvernement helvétique, el la guerre civile parut inévitable entre les partisans de l'ancien el du

IHIijii | -fl.il J-. - II--!- <*- II-' ,11'f . l-.-ui I- | " ■

Consul, une occasion d'intervenir à main armée. Mais, en même temps qu'il envoyait des troupes en Suisse, il convoquait à Paris une consulte suisse chargée do lui faire connaître les véritables besoins politiques du pays. Dès le début de ses travaux, cotte assemblée signa une déclaration écrite par laquelle elle constatait que ila nature avait fait

de la Suisso un Ktat f. L déi\itif et ([îi'un I lummi.' intelligent ji-'

devait pas chercher ù faire violence à la nature. «

L'acte de médiation du 13 février 1803 restitua à la Suisse le principe fédéral, onmuio base do son existence politique.

scription, à l'exception du Munie, qui perdit les pays du Vaud et d'Arguvie, et un créa U nouveaux : Saint-Gall, les Grisons (moins la Valtelinc, Cléve cl Wurms, réunis à la république italienne), Argovie, Thurgovic, le Tessin (comprenant les possessions italiennes placées autrefois sous la suzeraineté cantonale avec le Livinerthal) el Vaud. La France s'annexa

Genève c( le territoire île l'ancien évéebé île Cale. Le Valais ut Neucbàlel furent séparés. Le premier de ces deux pays devint une république sou? la [n'etcelioii Ihineaise; le second, cédé â la France par la Prusse, en 1806, une principauté française , dont l'Empereur fit don au maréchal Certliier.

L'ancienne cunstilulinn politique qui admettait l'ensemble des citoyens à délibérer sur les affaires du pays (L/nntsy:'.meinde) reparut, avec quelques améliorations, dans les

lii ijutvii. >l..-m -■■ r..h.|ii- !.. ->■ l . - - ij.tp-l I I .; ■

leme représenta tif. Los habitants des anciennes villes souveraines furent mis sur le même pied que cens des banlieues rurales, au point de vue du nombre des députés à envoyer au grand conseil des cantons. Ce conseil exerçait lu pouvoir législatif cl nommait les gouvernements locaux. Par le nouvel acte fédéral, les unions se garni lissaient mutuellement leur constitution , leur territoire, leurs libertés politiques, ainsi que leur indépendance vis-à-vis de l'étranger et des autres cantons. La même garantie leur était assurée eunlre les raclions à l'intérieur. Pour donner à cette disposition constitutionnelle toute son efficacité, le nouveau gouvernement de la Suisse organisa une milice fédérale de 15,20,) hommes. Parmi les autres dispositions les plus importantes du nouvel acte, il faut citer la suppression des privilèges de lieu et de naissance, de pursonne ut de famille, la faculté pour tous les Suisses de s'établir dans tous les cantons, la libre circulation des produits industriels et agricoles, enfin la défense faite aux cantons de s'allier entre eux ou avec de? Ktats étrangers. Les six cantons de Fribourg, Cerne, Soleure, Pâle, Zurich et Lucerne devaient être, tour à tour, cautuns directeurs, chacun pour une année. Le premier magistral du canton directeur prenait, pendant l'aimée du direclorat, lu tilre île Loiiiiiriiim/l»

de la Suisse; il recevait on dépôt le sceau de la République, dirigeait les tid;rou intiatiâ diplomatiques cl veillait au main-

tiei

députés ne pouvaient voter que conformément aux instructions de leurs commettants. Les 19 cantons disposaient de 25 voix; C d'entre eus, d'une population do plus de 160,000 habitants, avaient chacun 2 voix. L'assemblée fédérale pouvait seule, à la majorité des trois quarts des voix, déclarer la guerre, faire la paix, signer des traités d'alliance et autres conventions diplomatiques. Elle disposait ilt!? coiilin^enls miliîiiirti de- caillons et pnmail tooles les mesures destinées à assurer 'la sécurité intérieure et extérieure du pays. A l'assemblée fédérale el au Landamman était attachée une chancellerie fédérale composée d'un chancelier et d'un secrétaire. La chancellerie suivait l'assemblée dans chaque canton directeur.

Cette constitution représentait assez fidèlement l'esprit public suisse , ici qu'il était sorti de la tradition et de la révolution française , et témoignait de la saine appréciation que le premier Consul en avait faite. Seulement, en se créant médiateur, en se réservant de statuer seul, sans l'intervention des autres puissances, sur toutes les difficultés intérieures ou extérieures de la Suisse, il lui avait donné le cachet d'une œuvre trop exclusivement française. En réalité, la Suisse était à peu prés une dépendance de l'empire, puisqu'elle lui avait été rattachée par une alliance défensive el lui ïuuni^sail un ct.u il lisent mililuue de ■ll.i.flt.KI humilies.

Plus lard même, elle dut se rallier aux mesures prises contre l'Angleterre connues sous le nom do système ou blocus continental. En IWltl, l'Empereur annexa le Valais à la France, dont il créa le département du Simplon. Bientôt

après, il fit- occuper le Tessin par ses troupes et ses douaniers.

Bien qu'il fil jouir la Suisse d'une paix profonde à l'intérieur, ainsi que de libertés politiques très -étendues, ce qui lui donnait une sorte de popularité auprès de la majorité du pays, l'acte de médiation ne devail pas survivre à la chute de l'empire. A la fin de 1813, les armées alliées, arrivées sur les frontières du nord de la Suisse, déclarèrent qu'elles ne se croyaient point tenues de respecter une neutralité qui, dans les circonstances actuelles, n'existait que do nom, et marchèrent en avant. Les milices nationales durent se retirer devant le nombre, et la France fui envahie par la Suisse.

A la fin de la guerre, les envoyés de la Russie et de l'Autriche tirent connaître que l'intcntiitn îles puissances alliées était que l'acte de médiation, œuvre de la force et de l'arbitraire, (ut supprimé, et ils invitèrent, la Conlï'd'h-ation a le remplacer par une nouvelle constitution. Les passions politiques se l'allumèrent a celte occasion. A Fribourg, Soleure et surtout Borne, où, sous l'influence d'un patririat encore puissant, les idées de réaction tendaient à dominer, le rétablissement de l'état antérieurs 1798 fut vivement demandé. Zurich se mit à la tète du mouvement opposé et fut secondé par les puissances alliées, qui signifièrent qu'elles ne reconnaîtraient comme représentation légitime de la Suisse que la réunion des 10 cantons.

Une assemblée nationale se réunit à Zurich, qui élabora la constitution fédérale do 1815. Celte constitution, sorte de compromis entre les prétentions des partis, avait l'avantage d'être l'œuvre spontanée et indépendante ii« la Suisso. Quelque temps avant, le congrès de Vienne, en statuant sur la circonscription terri tonale des cantons, avait fait, le

20 mars 1815, une déeJaralion, provisoire d'abord, puis confirmée jjtus Lard, par laquelle il reconnaissait les 10 cantons comme cunsLiluanl un lïlal fédéral indépendant. Il avaii

cantons distincts. La vallée îles happes avaiL été rendue au canton de Vand. Les cantons de Heine cl Gale s'étaient partagé l'ancien évêché de Baie; mais la plus forte part élaii échue au premier. Quant à Niuchutcl, dont la Prusse nvaii repris la souveraine 1É, il n'était rentré dans la Confédération que sous la condition expresse que ses obligations comme membre de la Confédération ne devraient rencontrer aucun obstacle dans lus prérogatives du roi de

lions de territoire au canton de Genève dont (-Ile régularisaient la circonscription. En même temps, les pruvine.es de Cbalilai-, d'.' Faiiei^iiv et les terrilifir' - dilués au nord d'L'gine furent déclarés faire partie de la neutralité garantie à la Suisse, en ce sens que, en cas d'une ineiiace d'hostilités ou d'hostilités déclarées de la part [l'une puissance voisine contre la Confédération, le roi de Sardaigne devrait retirer ses troupes de ces provinces, qui ne pourraient être occupées que par celles de la Conlédcraliûii. Ces dispositions , destinée p;'irlii';uliè!ï;iiiunt à pr<>l>'';."!r la Nussr cniilre la Franco, furent insérées dans lu trailé de Vienne.

Le traité de Paris (20 novembre 1815) détacha encore de la France la partie du (iav> île lies siluée sur les bords du lac de Cciiève uL élablit ainsi une communication directe entre Genève et Vaud. A la même date, les puissances alliées reconnurent la uculralitr permanente de la Suisse ef dêe la récent que l'inviolahilùV' dp son terril oirr,

ainsi i[iic son i[id<>pendrmc<> de tinile influence étrangère, répondaient aux véritables intérêts tics Étals européens.

La nouvelle constitution fédérale (7 août 1815), comparée A l'acte île médialio», fait peul-êlrc une trop grande concession ;'i l'ancien principe de la souveraineté cantonale. Aux fermes <lc l'article 22, les cantons souverains s'unissent pour la défense de leur liberté, de leur indépendance,

litiuucs ne neul jamais devenir le privilège d'une classe d'habitants. La reprcseuliitum fédérale se compose des députés des cantons volant d'après les instructions des électeurs. Chaque canton dispusc d'une vois. L'assemblée, à la majorité des trois quarts des voix, déclare la guerre, fait la ]iuix et conclut des traités avec les Liais étrangers. Pans Unis les autres cas, die décide ;'i la majorité absolue. Kilo

el s!incill\ i'.ii riirii \r<. ^uiv-Tni-iiii-nl- ;;iiihii!aii\ .

l'instruction et l'armement îles contingents. La direction des affaires de la Confédération est remise, dans l'intervalle des sessions, à un VoroH avec des attributions semblables à celles qu'il avait eues jusqu'en 1 7 SUS. Sont, loin à tour et tous les ans, sièges du Voimi, Zurich , liane et Luccrne. La libre circulation d'un canton à l'autre des- denrées alimentaires, du hélai), des produits industriels, est garantie. Le

maintien des couvents et chapitres, ainsi que île leurs biens, esl assuré autant qu'il peut dépendre de la Confédération.

La Restauration rétablit en grande partie l'ancienne constitulion cantonale. Les villes autrefois souveraines des anciens cantons -villes reprirent leur influence dans le Grand- Conseil ainsi que dans le gouvernement. L'organisation lies nouveaux cantons reçut même des modifications qui la rapprochaient de celle des anciens. La principauté de Neuchalel, avec son gouvernement, son conseil d'Etat, sa représentation, ses conseils municipaux, offrit le plus singulier mélange de l'élément monarchique, nrislueralique et démocratique. La constitution des cantons démocratiques resta à peu près la même que sous le régime de l'acte de média-

L'histoirc de la Suisse de 1815 a 18-18 se divise en deux périodes comprenant, l'une, les années 1815 â 1S3Q, l'autre, les années 4830 à 1848. La première fut marquée par un calme profond des esprits; l'autre, au contraire, par une agitation politique presque continuelle et île fréquents mouvements révolutionnaires. De 1815 à 1830, la constitution et la législation fédérales ne furent que très- IVi ï J > ! h : ri i c t ■ I mudiliiVs; snilenu>ul l'oi-aiiisation militai™ reçut d'assez importantes améliorations. On constate également des changements dans les institutions politiques des cantons. Partout le pays mil la paix à profit pour le développement de ses forces productives et l'amélioration de sa condition morale et matérielle.

Mais, à mesure que l'instruction se répandait parmi les masses, le sentiment do l'égalité s'y fortifiait, et les privilèges dont jouissaient dans le gouvernement du pays un certain nombre île grandes familles, soulevaient une opposition chaque jour plus caractérisée. Ainsi se préparai! une

transformation sociale qui ne devait pas larder à amener de grands changements dans les constitutions fédérale et cantonale.

Ces changements s'accomplirent de IMriO à 1848, d'abord pour les cantons, plus tard pour la Confédération, mais toujours dans le morne sens, dans le môme ordre d'idées. Le principe moderne delà démocratie représentative, appliqué pour la première fois eu Suisse à la suite de la révolulionde 17',I8, devait en cire lu base. L'impulsion fut donnée par lu révolution française Je hS.'IO. Dans les cantons comme en France, la Restauration avait fait preuve de la plus triste incapacité politique. Eu Suisse aussi, elle s'était montrée étrangère, pour ne pas dire antipathique, au mouvement des idées, aux aspirations politiques des populations. Aussi

sot! discrédit, son dlIaiidis.-ctiiojiL nin: , i:l étaient-ils tels, qu'elle devait crouler au premier rime. C'est ce que les événements se chargèrent de démontrer.

Dans le plus grand nombre des cantons, les constitutions furent sensiblement modifiées, tantôt paisiblement et d'un accord commun , tantôt au milieu de troubles plus ou moins graves. L'attaque fut surtout dirigée contre l'ancien élément aristocratique, plus ou moins complètement rétabli en 1815, contre lepatriciat, partout où il avait été remis en possession de tout ou partie de son ancienne prépondérance; contre les privilèges politiques des habitants des villes; contre les avantages acrordés aux anciens citoyens au préjudice des nouveaux. Ce fut, en outre, la lutte de la capacité, de l'expérience, de la science contre la routine cl la tradition.

Dés les premiers symptômes du mouvement, il devint évident que la Confédération ne pourrait ni l'empêcher, ni le diriger. Le conseil national se prononça, le 17 décembre 1830, pour le principe île mm-iniervcnlioii, renonçant ainsi

- lOi -

;'t exercer, sur lot- événement* m' prépnrnifiil Jniis li^

iMllInri., lillij ililini'IliT [■.!(■. Mllii! C(! [ i lïl ICI |l I' 11'' devait

pas être observé 'Ici doux cotés; c'est ainsi que les caillons qui avaient fait leur lijvoliHii'ii tendaient ouvertement la main aux boulines politiques animés du désir de la provoquer dans les aulnis. I.e parti de la Instauration ue renonça pas d'abord à toute résistance, et pour s'efforcer de conjurer le danger ijui le menaçait, il forma l'alliance dite de Sarmen. Mais ilélail composé d'élémcnlstnip hétérogènes, même pour In défense, à plus forte raison pour l'attaque. Toutefois, les tentatives qui furent faites à telle époque pour amener la réforme fédérale restèrent sans résultat; il n'était pas encore possible de Iriomplier du particularisme cantonal. Un mouvement d'opinion 1res- vif ni' s on était pas moins produit au sujet du la contradiction que présentaient la réforme cantonale devenue à peu près générale et l'immobilité de la constitution fédérale. Au sein des partis qui s'étaient formés sur cotte question, L'élément radical tendait à dominer. L'élément conservateur, i défaut d'idées politiques,

la direction, lin frire de ces deux partis c\liôme-, le pays un vit naître un troisième, un parti libéral e( conservateur à la fois, formé avec l'intention de modérer le mouvement pour eu assurer le succès dans ses tendances légitimes- Ce partifavorablement accueilli dans plusieurs cantons, paraissait devoir prendre un certain ascendant, lorsque l'affaire de la suppression des couvents en Argovie, et l'appel des jésuites par Lucerne, en surexcitant de nouveau les esprits, lui enlevèrent toute espérance d'exercer nue action utile sur les affaires du pays. Le radicalisme, qui avait déjà fait des cou-

quêtes importantes et obtenu noinmment la séparation de Baie en deux cantons, triompha définitivement a Zurich, n Saint-Gall, à Vaudetà Genève. Il obtint, en outre, delà législature une décision qui déclarait incompatible avec la constitution fédérale l'existence de l'union des sepi cantons catholiques (Sniiiierliuint) , dérision que suivit la courte, mai; sanglante lutte que l'on connaît (184-7).

A ce moment, tout était prêt pour la réforme fédérale. Le principe de la souveraineté cantonale, pour le maintien 1 ■ ■ - 1 ■ ■ - 1 I- ; ■■ii.l.'fi.,,i„[ .it«i[ s ..n,|. ,iin . luii .m. ji . m capable de lutter contre les tendances libérales et réformatrices qui se faisaient jour de toute part. Le parti lîbéralradic;il était utnilre Jr In ^itoaiion cl ne pouvait accomplir la réforme fédérale que dans le sens de ses opinions. Il sentit, toutefois, la nécessité de tenir compte du parti libérai-conservateur, qui complail encore un grand nombre d'adhérents cl dont le concours partiel ne lui avait pas été inutile dans la lutte. La réforme fédérale s'accomplit donc, non dans le sens révolutionnaire , mais avec une certaine modération, sans froissement violent pour les opinions c! les intérêts. Les [roubles politiques qui éclatèrent à celle époque, en France d'nhunl (llévnlntiou de I8i8), et, par

■■lièrent, d'ailleurs, les puissances signataires du traité de Vienne d'intervenir dans les affaires intérieures de la Suisse.

Le. proji-l Oc ri.' forme IVdi'rnli; l'ul adopté liiir l'asscmlééc le 12 septembre 1848. Il reposait sur ce nouveau principe que la majorité des cantons unie à la majorité des citoyens peut prendre des mesures et faire des lois applicables a la Confédération tout entière.

La constitution actuelle, image, nu moins dans ses traits principaux, rie celle des États-Unis de l'Amérique du Nord,

a faii de la Suisse une confédération basée suf le principe de la démocratie représentative.

Par suite, le peuple suisse a une double organisation politique, ou plus exactement, il reconnaît deux souverainetés : celle du canton, celle de la Confédération. L'babitant du pays est à la fois citoyen d'un canton et citoyen suisse. Les cantons sont de véritables Étals ayant une législature, un gouvernement, une administration, une justice distincts, et, de son côté, la Confédération forme également un Étal ayant aussi ses organes spéciaux, sa législature, son gou-

llcntionnons, en terminant, la petite révolution par laquelle le canton de Ncuchâtel se déclara, en 1848, indépendant du roi de Prusse, révolution nui aurait entraîné en 1854, la guerre entre la Prusse ei la Confédération, si le roi, cédant aux conseils de l'Empereur des Français, n'eût sagement reconnu le nouvel élat de choses.

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