‹ La SulammiteChapitre 16 sur 44 · LANDES · texte numérisé non relu

LANDES

berger et à la Sulammite un autre berger et une bergère qui s'aiment et s’'épousent. M. Stickel admet, avec quelques modifications peu importantes, les trois premiers des intermèdes dont nous venons de parler. Dans le premier (Gi, 7et 8), ce berger et cette bergère se donnent un rendezvous; dans le second (1, 15 — n, 4), ils s'expriment leur amour mutuel; dans le troisième (1v, 7— v, 1), ils paraissent sur la scène juste au moment nécessaire pour se substituer à Salomon et à la Sulammite et se marier à leur place ! Ce berger (qui n’a rien de commun avec celui de la Sulammite) prie sa bergère de venir avec lui du Liban, de l’Amane, etc.; il vante la douceur de son amour, la bonne odeur de ses vêtements (des vêtements d’une bergère (!), qui vient de parcourir avec son troupeau toutes les montagnes du nord de la Palestine!...), la compare à un jardin fermé, etc., et exprime le souhait de jouir de sa beauté. Elle y consent et le mariage a lieu.

Voilà comment M.Stickelescamote, lui aussi, le prétendu mariage de Salomon avec la Sulammite.

Mais il est souverainement arbitraire de couper ainsi le . premier acte en cinq fragments et le troisième en deux. M. Stickel avoue lui-même (p. 68) qu'après avoir vu Salomon habillé en époux au début du troisième acte, quand il est question, peu après, d’une épouse, il est naturel de penser que c’est celle que Salomon va épouser. Qu'un seul et même acte décrive successivement deux mariages différents, dont le second seul s’accomplit réellement, cela est dépourvu de toute espèce de vraisemblance.

Cette première forme de l'hypothèse du berger est donc inacceptable. Le bien-aimé de la Sulammite ne parait sur la scène qu’au dernier acte.

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