ÉPOQUE ET LIEU DE LA COMPOSITION DU CANTIQUE DES CANTIQUES
L’antiquité de ce poème est démontrée par les considérations suivantes :
1° Il était interprété allégoriquement aux environs de l’ère chrétienne. Le sens en était donc alors perdu depuis longtemps. Si ce poème était, comme le veulent quelques auteurs, l’un des produits les plus récents de la littérature hébraïque, il serait bien étonnant que le-sens réel en eüût été si complètement oublié, si peu de temps après sa composition. Si, au contraire, il remonte à une haute antiquité, comme le pensent la plupart des critiques, la chose est bien plus naturelle.
2° On ne peut méconnaître la puissance et la fraîcheur de l'inspiration poétique qui l’a produit. Rien n°v trahit l limitation ni la décadence. |
3° Les traits sous lesquels est dépeint le règne de Salomon ne sont pas empruntés aux livres historiques et dénotent un auteur plus rapproché de cette époque. Par exemple, il n’est question que de soixante reines et de quatre-vingts concubines de Salomon (vi, 8), tandis que le livre des Rois (x1, 3) parle de sept cents princesses et de trais cents concubines. La mention de la tour du Liban, des étangs de Hesbon (vir, 5), de la tour de David (1v, 4), etc., et surtout celle de la ville de Tirtsa, — capitale du royaume