‹ La SulammiteChapitre 26 sur 44 · MAS TE · texte numérisé non relu

MAS TE

des Dix Tribus avant Samarie, — en parallélisme avec Jérusalem (vi, 4), nous reportent nécessairement aux premiers temps de la monarchie israélite. « Supposons, dit M. Renan, un poème où Clovis jouât un rôle et où Aixla-Chapelle figuràt à côté de Paris; nous affirmerions avec certitude que ce poème aurait été écrit sous les premiers Carlovingiens. » De même, la mention de Tirtsa à côté de Jérusalem suppose un auteur vivant avant la construction de la ville de Samarie par le roi Omri (peu après l'an 900), ou du moins pas très longtemps après.

4 L'auteur de l'introduction du livre des Proverbes (chap. 1-1x) paraît avoir connu le Cantique des Cantiques et lui avoir emprunté plusieurs traits pour peindre lamour conjugal et l’amour adultère (1). Or, je ne crois pas qu'on puisse soutenir, avec beaucoup de critiques, que cette portion du livre des Proverbes soit antérieure à l'exil de Babylone; il me paraît probable qu’elle n’a été écrite qu’un certain temps après le retour des exilés dans leur patrie. Mais comme il n’est pas admissible qu’un poème comme le Cantique des Cantiques ait été écrit pendant l'exil ni même peu après le retour, l’imitation dont il est l’objet dans l'introduction des Proverbes prouve qu'il est, en tout cas, antérieur à l'exil.

Enfin, un tel poème ne peut guère avoir été composé et représenté que dans l’ancien royaume des Dix Tribus, et non dans celui de Juda, où les descendants de Salomon n'auraient certainement pas toléré qu'on fit jouer un tel rôle à leur illustre ancêtre. D'ailleurs, la plupart des images, empruntées à la nature du nord de la Palestine, la forme araméenne de certains mots, et la nationalité même de l’héroïne et du berger qu’elle aime, tout cela tend

(1)"C£: Proôov.v; "155. à "Cant "16715: Provvit, 17 sat CantoEV CPE Prov. v, 3 à Cant. 1v, 11. — Cî. aussi Prov. vi, 30 s. à Cant. var, 65.

AO à prouver que le poète était du royaume des Dix Tribus.

Aussi la plupart des critiques pensent-ils que le Cantique des Cantiques fut composé dans ce royaume, pas très longtemps après la mort de Salomon. À

On ne peut donc admettre ni qu'il soit de Salomon luimême, comme le dit la suscription et comme le pensent encore MM. Delitzsch, Zôckler, Godet, ete., ni qu'il ait été écrit seulement après le retour de l'exil, comme le veulent Rosenmüller, Umbreit, Gesenius, Grætz, etc.

La première de ces opinions n’est possible qu’en donnant à Salomon un rôle plus ou moins avantageux dans le poème ; elle est incompatible avec le rôle de séducteur, et de séducteur repoussé et bafoué, qu’il y joue en réalité. Assurément, il finit par rendre la Sulammite à sa famille;

mais cela est peu de chose en comparaison du rôle odieux

et ridicule qu'il a joué jusque-là. La suscription : « Can-

tique des Cantiques, qui est de Salomon » ne provient évidemment pas de l’auteur, qui n'aurait sans doute pas: appelé lui-même son œuvre le plus beau des cantiques;. elle date d’une époque comparativement récente où on n’en comprenait plus le vrai sens et où le nom de l auteur était

depuis longtemps oublié.

La seconde de ces opinions se fonde uniquement sur

certaines particularités de langage qui trahissent, dit-on, une origine récente. Ainsi, d’après Grætz, le mot appiryôn,

litière ou palanquin (in, 9), proyiendrait du mot grec gopetov par lequel le traducteur alexandrin l’a rendu et avec lequel

saint Jérôme l’a identifié. On ne peut pas dire pourtant

que la ressemblance soit frappante. L’étymologie de ce mot est fort obscure, mais son origine grecque est bien peu vraisemblable.

D’autres allëguent en faveur d’une époque récente

l'emploi du pronom relatif shé, au lieu d’asher, les formes

- El

Le PES

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