‹ La SulammiteChapitre 29 sur 44 · MERE · texte numérisé non relu

MERE

SALOMON, revenant.

Voici, tu es belle, mon amie!

voici, tu es belle! tes yeux sont des colombes!

LA SULAMMITE, à part.

Voici, tu es beau, mon bien-aimé !

et surtout aimable (1)!

LES FEMMES

Même, notre lit est moelleux ; les poutres de nos maisons sont de cèdres, nos lambris, de cyprès (2).

Je suis le narcisse de la plaine, le lys des vallées (3).

SALOMON

Comme un lys entre les ronces, telle est mon amie entre les jeunes filles!

par conséquent pas très loin de la contrée mentionnée ici. V. Winer, Bibl. Realiwôürterbuch, 1, p. 238. — De même que la jeune fille est pour son ami un parfum de nard, de même il est pour elle aussi agréable que l’odeur de la myrrhe ou de la fleur de cypre.

(1) En ceci le bien-aimé de la Sulammite est bien supérieur à Salomon. — Ces deux vers ne s’adressent certainement pas à Salomon.

(2) L’adjectif que nous traduisons par moelleux se dit habituellement d’un arbre touffu. — Notre lit, nos maisons, nos lambris montrent que ce sont les femmes qui parlent. Elles représentent à la Sulammite tout ce qu’elle gagnerait à accepter les offres du roi.

(3) Mais qu’importent toutes ces grandeurs à l’humble fille des champs! Qu’'a de commun le narcisse de la plaine ou le lys des vallées avec le cèdre et le cyprès des montagnes? « C’est trop grand, trop beau pour moi! » semble-t-elle dire. Ce qui signifie en réalité qu’elle n’en veut pas.

a le ——

Comme un pommier parmi les arbres des forêts, tel est mon bien-aimé entre les jeunes hommes. À son ombre je me suis plue et me suis assise, et son fruit est doux à mon palais.

Menez-moi vers Beth-ha-yaïn (1),

et l’enseigne qui le guidera vers moi, c’est l’amour (2). Donnez-moi du raisiné pour me soutenir;

pour me ranimer donnez-moi des pommes,

car je suis malade d'amour.

Que sa main gauche soutienne ma tête,

et que sa droite m’embrasse !

Je vous adjure, filles de Jérusalem,

par les gazelles ou par les biches des champs : N'’éveillez pas, n’excitez pas l’amour,

jusqu’à ce qu'il le veuille (3)!

(1) Je suppose que Beth-ha-yaïn (la maison du vin) était le nom de la contrée ou du village, voisin de Sulem, où habitait le berger aimé de la Sulammite. Dans un pays de vignobles comme celui où ils vivaient, il pouvait y avoir un village nommé ainsi, comme il y avait ailleurs un Beth-hakkérem (la maison de la vigne), deux Beth-léhem (maison du pain), ete. — Le texte porte : Il m'a menée à la maison du vin, comme dans 1, 4. Mais plusieurs versions anciennes ont lu l’impératif, et cette lecture, recommandée par les impératifs suivants, est adoptée par plusieurs commentateurs modernes.

(2) Elle ne doute pas qu’il n’accoure à sa rencontre, conduit, en quelque sorte, par l’amour qu’il éprouve pour elle et qu’elle a aussi pour lui, en sorte qu’il ne sera pas nécessaire d’aller jusqu’au village ou à la région nommée Beth-ha-vaiïn. Voilà pourquoi elle dit : Menez-moi vers (et non à) Beth-ha-yaïn.

(3) C'est-à-dire : Par tout ce qu’il y a de plus gracieux et de plus indépendant dans la nature, n’essavez pas d'éveiller dans mon cœur et n’excitez pas non plus dans le vôtre un amour factice et prématuré. Une lemme qui agit ainsi a moins de dignité et de noblesse que les femelles des animaux des champs, qui sont incapables d’une telle bassesse.

LA

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