LA SULAMNITE ET LES FEMMES DE SALOMON
C’est la voix de mon bien-aimé (1)!
Voilà donc qu’il est venu,
sautant sur les monts,
bondissant sur les collines :
Mon bien-aimé ressemble à un chevreuil
ou à un jeune cerf.
Voilà donc qu'il se tient derrière notre clôture,
regardant par les fenêtres,
épiant par les treillis.
Mon bien-aimé prit la parole et me dit :
« Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens-t’en; Car voici, l’hiver est passé,
la pluie a disparu, s’en est allée.
Les fleurs se montrent sur la terre,
le temps dés chansons est venu,
et la voix de la tourterelle a été entendue dans notre pays.
(1) Il ne faut pas croire que la Sulammite raconte ici ce qui se passe au moment où elle parle. Pour montrer à ses compagnes la profondeur et la pureté de l’amour qu’ils ont l’un pour l’autre, elle et le berger, elle leur raconte deux scènes de sa vie, quand elle était encore à la maison paternelle. Ce qui le prouve, c'est que le berger s'arrête « derrière notre clôture », c’est-à-dire évidemment la clôture de la maison de la Sulammite et de ses parents (cf. vix, 14). Impossible de supposer une telle scène devant le palais de Salomon. Les parfaits : « Mon bien-aimé prit la parole et me dit », et ceux du second récit montrent bien aussi qu’il s’agit du passé, et non du présent. — Elle entend sa voiæ dans son sommeil, au moment où il l'appelle (v. 10 ss.) CI. v, 2.
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Le figuier est déjà garni. de ses fruits,
et les vignes en fleur ont répandu leur parfum. Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens-t’en.
Ma colombe dans les retraites du rocher,
dans le creux de la roche escarpée, Montre-moi ton visage,
fais-moi entendre ta voix,
Car ta voix est douce
et ton visage, gracieux. »
— « Prenez-nous les renards,
les petits renards,
Qui ravagent les vignes :
et nos vignes sont en fleur ! » (1).
— « Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui, qui paît son troupeau au milieu des lys » (2). — «Jusqu'à ce que le jour se lève
et que les ombres s’enfuient,
Retourne, ressemble, mon bien-aimé, à un chevreuil ou à un jeune cerf sur les monts escarpés » (3).
Sur ma couche pendant les nuits,
je cherchaiï celui qu’aime mon âme;
je le cherchai et ne le trouvai point :
« Je me lèverai et parcourrai la ville; dans les rues et dans les places
je chercherai celui qu'aime mon âme. »
(1) Ce sont les paroles par lesquelles les frères de la Sulammite interrompent tout à coup la gracieuse chanson du berger amoureux. Ils font semblant de s’adresser à leurs voisins pour les prier de se saisir du jeune renard qui vient porter le ravage dans leurs vignes, c’est-à-dire dans le cœur de leur sœur. — C’est toujours la Sulammite qui le raconte. — Le pluriel nos vignes s'explique par le fait qu'ils avaient deux sœurs. CÎ. vint, 8 ss.
(2) La Sulammite exprime à ses frères la ferme résolution de demeurer fidèle à celui qu’elle aime et qui l'aime aussi d’un amour aussi pur que les lys au milieu desquels il pait son troupeau. :
(3) S’adressant ensuite à son bien-aimé, elle l’engage à se retirer Jusqu'au lendemain matin. Elle l’encourage donc à revenir.
LS