LEON ES
Ses paroles m’avaient mise hors de moi :
je le cherchai et ne le trouvai point;
je l’appelai, mais il ne me répondit pas.
Les gardes qui parcourent la ville me rencontrèrent, ils me frappèrent, me blessèrent;
ils m'ôtèrent mon châle, les gardes des murs (1).
Je vous adjure, filles de Jérusalem,
si vous trouvez mon bien-aimé.…
Que lui direz-vous?
que je suis malade d'amour.
LES FEMMES DE SALOMON
Qu'est ton bien-aimé de plus qu’un autre, à la plus belle des femmes, qu'est ton bien-aimé de plus qu’un autre, que tu nous adjures ainsi ?
Mon bien-aimé a le teint frais et rouge,
il est distingué entre dix mille.
Sa tête est de l’or pur,
ses cheveux sont des rameaux de palmier,
noirs comme le corbeau !
Ses yeux ressemblent à des colombes sur des réservoirs d’eau, se baignant dans le lait,
posées sur un endroit profond.
Ses joues ressemblent aux parterres de baume,
qui produisent des herbes odorantes (2).
(1) Ces gardes sont les mêmes que ceux du premier songe, dans le deuxième acte, ceux de Sunem, qui était par conséquent une petite ville plutôt qu’un village. — Le récit du songe finit ici, naturellement.
(2) Allusion à la barbe. — Le texte porte, littéralement :
Ses joues sont comme le parterre de baume, des tours d’herbes odorantes.
Mais le mot parterre peut être lu au pluriel, comme dans vi, 2; et le mot qui signifie habituellement une tour a été lu par le Targoum et les Septante : megaddelôth, élevant, produisant. V. Stickel, p. 165.
NO Le
Ses lèvres sont des lys,
elles découlent de myrrhe vierge.
Ses mains sont des baguettes d’or (1), ornées de rubis (2).
Ses flancs sont un ouvrage d'ivoire couvert de saphirs (3).
Ses jambes sont des colonnes de marbre, fondées sur des bases d’or pur (4).
Son aspect est comme celui du Liban,
il est remarquable comme celui des cèdres.
Ses paroles sont la douceur même,
et tout entier il est agréable (5).
Tel est mon bien-aimé,
tel est mon ami, filles de Jérusalem.
LES FEMMES DE SALOMON
Où est allé ton bien-aimé, 6 la plus belle des femmes, où s’est dirigé ton bien-aimé ? nous le chercherons avec toi.
Mon bien-aimé est descendu à son jardin,
aux parterres de baume, |
Pour paître son troupeau dans les jardins et pour cueillir des lys (6).
(1) Les doigts.
(2) Les ongles.
(3) Allusion à une ceinture bleue.
(4) Les pieds. ù
(5) Ce n’est pas seulement son corps qu’elle admire, c’est son être tout entier, qui n’est pas moins remarquable au point de vue moral qu’au point de vue physique. Il joint la douceur et la bonté à la beauté, à la haute taille et à la force. Cette description n’est que le développement de ce distique du
premier acte : ER Tu es beau, mon bien-aimé,
et surtout aimable.
(6) Elle suppose qu'après son départ, il aura quitté la contrée où elle n’est plus et sera descendu dans la plaine où est situé son village.