DIAGNOSTIC. — TRAITEMENT
Diagnostic. — Envisageons rapidement les affections chirurgicales qui pourraient en imposer pour un kyste suppuré de l'ovaire.
La périlonile vient en premier lieu, mais 1e, la température initiale est peu élevée 40 à 41 degrés ; le tympanisme s'établit d'emblée, la douleur est plus généralisée, les signes physiques du kyste n'existent pas.
La torsion du pédicule offre bien des symptômes communs avec les kystes suppurés; mais la douleur initiale est plus brusque, la malade a même des tendances syncopales. El, dans ce cas, ne pourrait-on employer le procédé de Tuflier sur la recherche des leucocytes polynucléaires dans le sang pour différencier la nature hématique de la nature purulente du contenu ; déjà en gynécologie, M. Bérard la appliqué pour diagnostiquer les salpingites purulentes des hématocèles.
Les néoplasmes de l'ovaire peuvent être également confondus avec les kystes suppurés, mais la marche de la maladie ne sera pas la même: les douleurs auront peu d'intensité, les antécédents offriront quelques secours et la cachexie de nature néoplasique n'aura pas
TE le même aspect que la cachexie de nature inflammatoire. L’intestin pourra être aussi mis en cause.
L’appendicite, en effet, si on n’a pas soin de chercher les signes physiques du kyste peut en imposer : mais la localisation des douleurs à droite, la présence du point de Mac-Burney, quelquefois aussi le toucher rectal seront d’un grand secours.
L’occlusion intestinale sera éhiminée par les commémoratifs et les signes physiques ; sonorité de l'intestin au-dessus du siège de l’obstruction, tympanisme très intense, etc.
Le rein lui-même jouera un certain rôle dans le diagnostic différenciel. En effet, l’Aydronéphrose, succédant à une colique néphrétique ou à une luxation du rein en imposera par la présence d’une tumeur dans la région lombaire, de douleurs irradiées vers les parties inférieures du bassin ou les organes génitaux, cette hypothèse sera éliminée par la constatation de crises urinaires où par une palpation minutieuse de la région lombaire.
Parmi ces affections différentes, ce sont donc celles propres à l'ovaire qui peuvent offrir pour le diagnostic le plus de difficultés au chirurgien, et ce n'est que par un examen complet des signes physiques qu’on posera d’une façon ferme le diagnostic de kyste suppuré de l'ovaire.
Traitement. — Le diagnostic posé, quelle devra être la conduite du chirurgien ? Elle peut se résumer en deux mots : /{nlervenir immédiatement.
Les raisons en sont simples : d’abord, il ÿ a danger
RAP DE de péritonite, dangers de rupture dans la cavilé péritonéale ou dans les organes voisins avec menaces de seplicémie aiguë ou chronique; de plus, l'expectation n'est pas sans inconvénients, car le kyste contracte des adhérences qui, plus tard, empêécheront l’extériorisation du kyste ou qui, si on les enlève un peu brusquement, entraînent des lésions de l'intestin, ou qui, si elles tiennent à leur utérus gravide, peuvent gêner l’accouchement; c’est pour ce dernier motif que Pinard, à la Société d’obstétrique, conseillaitl'ovariotomie d'emblée.
Nous sommes loin du temps où on ponctionnait le kyste et où on laissait une canule à demeure pendant des mois et des années ; aujourd’hui, la ponction exploratrice même estrejelée, car s'il n'ya point d’adhérence, une goutte de pus pourrait sourdre du kyste et tomber dans le péritoine.
On fait donc la laparotomie ; si le kyste est de petit volume, on l’extériorise sans le ponctionner, sinon, on le vide; on sort la poche et on lie le pédicule. Si, par hasard, lors de la ponction, une goutte de pus, malgré toutes les précautions pour border le champ opératoire, a pénétré dans la cavité abdominale, on peut faire des lavages avec de l’eau additionnée de 10 pour 100 de chlorure de sodium (Pozzi) ; à ce sujet, il faut faire remarquer les conséquences funestes que peut avoir l'impression du froid ou du chaud sur la face inférieure du diaphragme et sur le plexus solaire; la syncope respiratoire peut se produire, Polaillon en a cité trois cas à la Société d’obstétrique et de gynécologie. Si l'on doute de son asepsie, s'il y a un suintement sanguin, on draine avec une mèche de gaze 1odoformée plongeant jusque
PT SES dans le Douglas montant par l'angle inférieur de la plaie; son aclion mécanique est due à la capillarité. On peut encore faire mieux en établissant un drainage abdomino-vaginal après perforation du Douglas.
S1 le kyste présente des adhérences, on les sectionne entre deux pinces, on les lie au catgut; si elles sont très nombreuses et que la paroi du kyste soit en totalité ou en parlie adhérente aux organes voisins, on peut faire la marsupialisation de la poche ou l’abandonner en bourrant la cavité abdominale avec un sac de gaze iodoformée (procédé de Mickuliez). Ces différentes pratiques ont donné maints succès.
Actuellement, en France comme à l'étranger, ous les gynécologues et les chirurgiens sont d'accord pour conseiller de pratiquer sur le champ l’ovariotomie dans les cas de suppuration des kystes de l’ovaire.