HISTORIQUE
L'histoire de la suppuration des kystes de l’ovaire commence avec le xrx° siècle. Irrpinraux de Bruxelles avait, 1l est vrai, en 1794 dans son Traité d'accouchements, signalé un kyste dermoïde suppuré de l'ovaire droit chez une femme dont il n'avait pu avoir l'enfant que par une craniotomie, ce kyste s’était ouvert dans le vagin, Mais ce n’est que quelques années plus tard que des observations plus détaillées sont exposées dans les Sociétés savantes de l’époque. En 1828, P. MarsuaLz, dans les Archives générales de médecine, publie le cas d’un kyste dermoïde chez une malade morte d’hecticité. A l'étranger, Raiïkerx de Gand signale en 1841 une observation suivie de quelques réflexions sur un vaste kyste ovarique, enflammé et suppuré, perforé, à la face interne duquel étaient implantées douze dents. En 1846, Monrcomery dans le Dublin jour. of. medical, parle d’un kyste de l'ovaire suppuré ouvert à l'extérieur. A côté de ces auteurs, d’autres comme Capurox ou JOoBERT
pe LAMBALLE, dans leurs traités ou leurs travaux sur les maladies des ovaires, restent muets sur ce point ; et il faut aller jusqu'au milieu du siècle, en 1855, pour assister à la présentation d'un kyste suppuré de l'ovaire qui s’est rompu dans la fosse iliaque et dans l'intestin ; c'est E. NéLaron qui le présente à la Société de chirurgie ; Ghassaignac, son maître avait diagnosliqué un cancer du rectum avec engorgement des tissus environnants et particulièrement des ganglions lymphatiques. Un an après (1856), Laoxxeur présente également à la même Société un cas de kyste pileux suppuré de l'ovaire, traité par les ponctions successives, mais néamoins à issue fatale. En 1860, la Gazette des Hôpitaux de Paris relate le cas publié par Meyer de Berlin dans la Deutsche Klinick : l'observation plus succincte que les précédentes signale la présence de gaz dans la tumeur correspondant à un son tympanique très prononcé. Quelque temps plus tard, Després lisait, à la Société de chirurgie, l'observation d’un kyste de l'ovaire uniloculaire enflammé : c’est le premier cas que nous voyons qui aboutit à la guérison ; après l'exposé des symptômes et du diagnostic différentel, 1l décrit sa méthode de traitement qui consiste à entretenir la fonte inflammatoire du kyste par la poneon elune canule à demeure et, pendant plus de huit mois, il suit jour par jour, les progrès de la résolution Après Després, GossELIN, dans une Leçon clinique faite à la Charité et recueillie par A. Dubreuil, examine et discute un cas d’inflammation et de suppuralion d'un kyste de l'ovaire. Ici, mieux que précédemment, les différences entre les symptômes présentés par le
On kyste ovarique simple et le kyste suppuré sont mieux senties ; 1l insiste également sur l'obscurité de la fluctuation et en démontre Ja cause : après une discussion serrée, 1l affirme le diagnostic de suppuration du kyste ; une ponction exploralrice confirme l'opinion du maître. L'année suivante, à la Société de Chirurgie, Demarquay présentait une malade atteinte de kyste de l'ovaire adhérent à la paroi abdominale, renfermant un liquide fétide et des gaz, kyste qu'il avait traité et guéri par l'ouverture à l'aide du chlorure de zinc; à cette occasion, 1l préconise au lieu de l'ovariotomie, dangereuse à son avis, l'ouverture large du kyste par la pâte au chlorure de zinc. Cette communication avait lieu à la fin de l’année 1870 ; jusqu'alors, les observatons de kystes de l'ovaire suppurés étaient rares, c’est ce qui conduit GALLez à écrire en 1873 dans son JJistoire des kystes de l'ovaire : « La suppuration des kystes de l'ovaire, des kystes dermoïdes en particulier, est un fait exceptionnel ; il en existe à peine quelques observations dans la science. »
Cependant à cette époque les ouvrages classiques de gynécologie commencent à consacrer quelques lignes à la suppuration des kystes de l'ovaire. Dès la première édition de son ouvrage, le professeur Pozzr, dans un court paragraphe signale les causes probables de la suppuration. Puis KoBerré, dans un Traité des maladies des ovaires en 1878, étudie assez longuement l’éliologie etles symptômes etil déclare qu'il y a urgence et non-contrindication à opérer. Bonxr, en 1878, de Courry, en 1879, indiquent rapidement la question. GazLarp impute la suppuration au ramollissement des
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parois, favorisé par la perpuéralité. À la même époque, Lawsox Tarr, dans son livre, soutient simplement que les kystes suppurés de l'ovaire sont confondus avec les abeès de l'ovaire. En 1883, Spencer WELLs, dans son Traité des maladies des ovaires, passant rapidement sur l’éliologie qu'il borne presque à la ponction, étudie surtout les Lypes cliniques correspondant à des variétés pathologiques différentes; 1l parle même du contenu du kyste converti en « liquide aniseux résultant de sa décomposilion », puis c'est l'évolution, le pronostic qui l'intéressent. À ce moment aussi les étrangers s'occupent de la question : ArrHoxsoN (Zur liuplur, l'eretlerung und Achsendrehung von Ovartalcysten) traite de la pathogénie des kystes suppurés. En Angleterre, Baxrock dans l'Obstetric Journal Gr. Bril de Londres. publie une observation et, en Amérique, GirrerrE, dans le Am. J. Obs. New-York, signale un cas de kyste suppuré de l'ovaire se vidant dans l'intestin. Dans le même journal, quelques années après, en 1884, De Vor décrit un kyste suppuré de l'ovaire ponctionné, drainé et en parie guéri. En province, dans la Gazelte médicale de Picardie, en 1884. Trépax publie un cas de kysteavec inflammation des parois. L'année suivante, dans la séance du 6 mai 1885 de la Société de chirurgie, HorreLoup présente un kyste uniloculaire suppuré de l’ovaire droit, cette tumeur avait été examinée par Nélaton qui conseilla la ponction et les lavages; le traitement dura trois années, mais la malade mourut peu après d'un cancer du sein.
in 1886, OLsHAUsEx {die Krankeiten des Ovarien) s’occupant de la pathogénie des kystes suppurés ineri-
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mune les adhérences avec l'intestin, surtout après Ja torsion du pédicule. Günrrer, de son côté, attribuait tout à ce dernier accident et Tnorx Ueber die Achsendrehung der Ovarientumoren) combat les conclusions de Günther pour n'envisager que le rôle des adhérences comme vecteurs des infections. En France, la question est reprise par POLAILLON, qui, dans l'Union médicale de 1888, note deux observations. Dans ses Cliniques, PEax, s'occupe de cette question et cite des observa- Uüons dont une est rapportée dans la /hèse de Barox de 1598 sur la Torsion du pédicule. En 1890, Pozzi lraiant de l'Origine intestinale de certaines oophoro-salpingiles, signale la fréquence assez grande pour lui des adhérences intestinales, el en particulier de l’appendice cæcal aux annexes. L'année suivante, en 1891, DELBET, dans son Traité des suppuralions pelviennes, étudie d'une façon méthodique leskystes suppurés de l'ovaire: il traite séparément les kystes simples et les kystes dermoïdes, insistant sur la rupture dans les différents viscéres quand ces tumeurs liquides sont abandonnées à elles-mêmes. En 1892, Lair, soutient à Lyon une thèse sur la Ruplure des kystes de l'ovaire et naturellement, dans cette étude, 1l envisage parmi les conditions de la rupture du kyste, l'état des parois de ce dernier. Inspiré par un travail de Quenu, il distingue l’inflammation du contenant, de la suppuration du contenu, 1l cherche les causes en insistant surtout sur celles propres à la vie même du kyste, en dehors de toute action extérieure ; il s'étend longuement aussi sur l'état du péritoine voisin loujours enflammé, dit-il, autour d’une tumeur, il termine par quelques obser-
ces PR Lee
vations à l'appui. À Lyon, également l’année suivante Cnocox étudie dans sa thèse les adhérences entre l’appendice et les annexes; il rappelle les travaux de Clado sur le ligament appendiculo-ovarien et sous la réserve de l'opinion du professeur Laroyenne qui regarde comme moins fréquentes les adhérences entre l’appendice et les tumeurs de l'ovaire qu'entre ce même appendice et les annexes, il conclut à l'existence d’adhérences inflammatoires, vasculaires, très solides entre les kystes de l'ovaire et le diverticule cæcal.
En 1895, MaxGorp, dans sa thèse de Bâle, s'occupe surtout de la nature du pus contenu dans les kystes : il étudie les différentes espèces microbiennes, leur virulence, leur association et les différents types cliniques qui résultent des affinités mutuelles de ces espèces avec leurs symptômes révélateurs. Après lui, Bouirry, dans un article paru dans la Gynécologie du 19 juin 1896, fait une étude méthodique de la question. Après un court historique où 1l rappelle les travaux de Gallez, Delbet et Mangold, il passe en revue les causes de la suppuration de l'ovaire, étudie la nature de l'infection qu'il qualifie de saprophytique ou de septique suivant la qualité de l'élément infectieux, analyse les types cliniques, indique le traitement. Presqu'à la même époque, FÉRauD, de Bordeaux, dans sa thèse, reprenait la question en s'inspirant des travaux et du plan de Bouilly. Puis Raimoxpr, dans sa thèse de Paris sur les kystes du ligament large, admet la possibilité de l'infection des kystes par l'intestin et le cæcum en particulier. En 1897, Henricus, de Helsingfors