SYMPTOMES. — MARCHE. — PRONOSTIC
Parmi les symptômes des kystes de l'ovaire, il y en a deux qu'on retrouve sans cesse el qui, pour ainsi dire, sont pathognomoniques ; ce sont le rapide accroissement de la tumeur et la présence de douleurs. Les kystes de l'ovaire évoluent lentement, sauf quelquesuns de nature maligne qui eroissent avec plus de rapidité ; dans nos observations fréquemment, on trouve des kystes de l'ovaire connus de la malade depuis des années et qui restent stationnaires pour se développer rapidement un Jour à la suite d’une des causes énoncées au chapitre précédemment (Després, Obs. IT), tumeur existant depuis quatre ans, observation de Gosselin (IV) depuis dix-huit mois — observation de Demarquay (V) depuis trois ans — observation deMangold (XX) depuis six à huit ans; tous ces cas se signalent par un développement rapide.
Bouilly(Obs. XXXIT),depuis deux ans, accroissement rapide depuis six mois; Bouilly (Obs. XXXVIIT), depuis un an, accroissement rapide depuis six mois ; (Obs. XLII), depuis huit ans, accroissement rapide depuis deux ans.
Le second symptôme cardinal est, avons-nous dit, la
HR présence de douleurs; douleurs dansle ventre, douleurs irradiées aux cuisses et aux lombes; quelquefois elles prennent la forme de crises suivies d’une sédation des accidents ; quelquefois elles sont constrictives donnant la sensation d’une barre ; quelquefois elles se bornent à des malaises ou à quelques lancées ; dans deux observations cependant elles manquent (Obs. de Polaillon, Obs. XXVIII, XXIX) et cette absence trouve, je crois, son explication. Car quelle est ici la physiologie pathologique de cet élément? L'examen du kyste fat après l'opération ou à l’autopsie montre dans tous les cas une paroi épaisse; dans une observation, ce serait une véritable coque, puisqu'elle mesurerait 1 centi-
“mètre (Sudect, Obs. XV); 1l est indiscutable qu’une telle paroi, sans présenter même l'épaisseur qu'elle a dans ce dernier cas, manque totalement d’extensibilité et par conséquent, est une cause de douleurs locales auxquelles peuvent s'ajouter des phénomènes douloureux dus à la compression du nerf ou, par acte réflexe, des troubles de toute nature. Et justement dans les deux cas de Polallon (Obs. XXVIIT et XXIX), la paroi du kyste est trouvée friable, ramollie,infiltrée ou se déchirant à la moindre traction ; la collection purulente ne serail pas bridée par une enveloppe résistante et ainsi aucune douleur ne serait provoquée.
De plus, le symptôme douleur est parfois le signe révélateur de la présence d'un kyste de l'ovaire jusquelà ignoré par la malade; ainsi, à la suite d'un accouchement, le ventre reste gros, on croit à un utérus inerte, on examine soigneusement, eten découvre la véritable affection. (Henricius, Obs, XXI, Schwartz,
HSE. = Obs. XXII, Bouilley, thèse de Baron, Obs. XXV, Bouilly, Obs. XXXWV, ete.). |
Après cet examen des deux symptômes principaux communs à {ous les cas, nous allons procéder à l'étude de la séméiologie et, pour cela, nous ferons une étude plus clinique que théorique et nous essaierons de ramener les manifestations des kystes suppurésde l'ovaire à deux Lypes principaux, à ceque nous appelerons le type péritonéal et le type cachectique, en créant toutefois une place pour un type mixte.
FORME AIGUE OÙ TYPE PÉRITONÉAL..— Parcelte expression, nous entendons un type clinique où les accidents présentent l'allure de la péritonite. La malade se plaint de douleurs parfois très vives au niveau de l'abdomen, - celles-ci s’irradient souvent aux lombes ou aux membres inférieurs; ces douleurs sont accompagnées de fièvre: celle-ci ordinairement varie entre 385 et 39°, mais parfois elle s'élève jusqu'à 40°, le pouls est petit rapide, quelquefois incomptable ; 1l va jusqu'à 110, 120 et au delà; parfois aussi, dans des formes très graves, et Delbet en rencontra plusieurs cas, 1l y a «incongruence, dit-il, entre le pouls et la température.» Une pareille fièvre est accompagnée de frissons et très souvent aussi les vomissements apparaissent; 1ls sont bilieux, verdâtres ; la diarrhée, plus que la constipation est fréquente, les urines sont rares, quelquefois albumineuses, la miction peut être difficile ; la malade perd l'appétit, elle digère mal; sa respiration se précipite, c’est une oppression continuelle ; son visage est pâle, contracté; quelquefois, elle présente un teint plombé, terreux ; elle est amaigrie et bientôt les forces de la pa-