EXCÉDENT
Bushels.
U.3o 36.80 19.94 21. ia Il .90 12.50 20.22 17.98
Bushels.
Bushels.
Bushels.
Graude-Bretagne..
in. M,
ci SUPRÉMATIE DE L'ANGLETERRE.
approvisionnement pour justifier cette conclusion. Porter estimait qu'en 1810, (>(>0,000 habitants de ce pays se nourrissaient de blé étranger. De 1841 à 1844 ce nombre est arrivé à environ 2 millions, et maintenant la partie de noire population qui dépend du blé étranger pour sa nourriture est environ la moitié de la population totale.
Mais tandis qu'on ne saurait raisonnablement s'attendre à voir jamais les fermiers anglais retrouver les prix de 80 shillings ou même 60 shillings par quarter de blé, ils peuvent encore, par une culture judicieuse, améliorer grandement leur situation présente. On peut fort bien douter que le fermier anglais ait jusqu'ici fait le meilleur usage possible de ses ressources. Malgré les désavantages indubitables dont nous parlions tout à l'heure, de nombreuses circonstances militent en sa faveur. Sa terre est peut-être la plus fertile qu'il y ait au monde, et c'est là un important avantage ; dans aucun autre pays on ne trouvera un sol pouvant donner une récolte moyenne de 25 à 30 bushels à l'acre. Bien des contrées seraient heureuses si elles obtenaient la moitié de cette moyenne. Le fermier anglais ne paye pas d'ailleurs un fermage plus élevé que la moyenne des fermiers européens. On a calculé que la rente moyenne payée en Angleterre pour la terre de culture est maintenant de 20 à 30 shillings par acre, elle est de 24 shillings en France, 30 en Belgique, 30 en Hollande, et 24 en Danemark. Mais s'il y a la un fait que l'on ne doit pas perdre de vue, il a moins d'effet sur notre agriculture que la rude concurrence de la Russie, où l'on estime que l'acre de terre ne coule que 4 shillings, et que celle des Fiais- 1 nis, où la terre est évaluée à 8 shillings par aère (\).
C'est de plus un fait indiscutable el indiscuté que, a part les céréales, le fermier anglais, s il supporte des charges plus considérables, obtienl un meilleur prix moyen de ses produits que dans tout autre pays. On devait nat il -
(1) Ces chiffres sont il lés sous la garantie il'' Mulhall, Dictionnaire
•ic statistique.
Tellement s'attendre à ce qu'il fût engagé par ce haut prix à entreprendre la fourniture des produits qui donnent le plus grand bénéfice et à sacrifier les céréales. Mais il n'a pas encore pris ce parti. Il produit toujours près de 200 millions de quintaux de blé, 25 millions de quintaux de viande, et 80 millions de quintaux de récoltes destinées à nourrir son bétail. 11 est même douteux qu'il n'ait pas diminué, pendant ces dernières années, sa production de nourriture animale. En tout cas, nous trouvons dans un document récent, établi par Sir Joseph Pease, que de 1878 à 1883 la production nationale de bœuf et de mouton (non compris l'Irlande) est tombée de 14,076,388 quintaux à 13,626,226, tandis que l'importation étrangère montait de 2,077,693 quintaux à 3,734,751. Autrement dit, le pour cent de viande anglaise est tombé de 88,37 à 80,21 du total, en même temps i|ue la quantité de viande étrangère importée passait de 11,63 cà 19,79 p. 100. D'après ce document il paraîtrait que l'Angleterre n'a pas encore accru sa production de bétail, tandis qu'elle a grandement diminué sa production de céréales (1). L'épidémie du bétail a eu, sans doute, beaucoup d'influence sur le fait en question.
Dans les conditions que nous venons de dépeindre, le fermier anglais doit-il être plaint ou blâmé? Il ne serait pas difficile de montrer qu'il y a encore un grand avenir pour John Bull s'il fait preuve d'une exploitation intelligente et scientifique. Il est toujours nécessaire de cultiver une certaine quantité de blé, ne fût-ce que pour avoir de la paille à sa disposition. Mais, dans l'avenir, la ferme anglaise ne pourra se suffire avec la culture des céréales. Le fermier anglais doit essayer de chasser du marché national rénorme quantité de produits laitiers que le continent déverse maintenant sur ce marché.
I L'autorité de ce documenl est quelque peu affaiblie par ce fait que, d'après le même auteur, la production nationale pour 1881- aurait atteint 14,261,548 quintaux, soil un accroissement de 635,322 sur L'année précédente.
Voilà (in débouché qu'il peut gagner facilement avec de la volonté. 11 Tant aussi qu'il s'efforce de suivre l'exemple des Américains en faisant un usage plus étendu «les machines. Il est probable que par ce moyen il pourra épargner 10 à 15 p. 100 sur le nombre des ouvriers qu'il emploie maintenant. Le parlement doit s'occuper des taxes qui pèsent si lourdement aujourd'hui sur l'agriculture ; on peut déjà discerner quelques indices de son désir de rendre leur fardeau moins lourd aux cultivateurs. Il semble certainement très anormal que, le coût de la vie ayant été réduit de façon sensible pour la communauté en général, le fermier continue à fléchir sous le poids accru de taxes aussi énormes : taxes qui souvent le forcent à payer des shillings là où auparavant il ne payait que des pence. Il ne faut pas oublier cependant que cette situation n'est pas sans quelques compensations; si le fermier paye des salaires plus élevés par ouvrier, il emploie beaucoup moins d'ouvriers (1). S'il paye des taxes plus lourdes, il a l'avantage de routes meilleures, pour ne rien dire des transports par chemins de fer, qui le mettent facilement à portée de marchés étendus et certains, qui ne lui étaient autrefois d'aucune utilité.
Mais si la situation du fermier a été mauvaise pendant ces dernières années, celle du propriétaire n'a élé nullement meilleure.
Combien rapporte annuellement la terre cultivée en Angleterre? Sir James Caird va nous fournir la réponse. En 1878, d'après lui, la rente annuelle delà terre dans le Royaume-Uni, non compris les rentes des mines et «.les fermes au-dessous de 10 acres, était de 69,172,000 livres sterling sur lesquelles 51 millions de livres provenaient de l'Angleterre et du pays de Galles, 7,000,000 de l'Ecosse, et 9,900,000 de l'Irlande. La valeur en capital de cette renie annuelle est évaluée à 2 milliards de li\ res sterling 50 milliards de francs). Mais on ne doit pas supposer que cette
(1) Le nombre total des personnes employées pour l'agriculture .h Angleterre était de 2,010,464 en 1861, et de 1,383,184 en 1881.
somme représente la richesse réelle des propriétaires de terres; il n'y a probablement jamais en une propriété ou même (soit dit en passant) aucun capital, qui ne soit plus ou moins grevé par des dettes. C'est là une situation commune à tous, quelle que soit l'étendue du domaine. C'est aussi la grande cause de la souffrance des ryots de l'Inde, des métayers d'Italie, des paysans propriétaires de France et d'Allemagne, des francs-tenanciers d'Australie et des Etats-Unis, aussi bien que des grands propriétaires fonciers de notre pays. Il est toujours plus ou moins difficile d'indiquer avec quelque exactitude le montant de la dette actuelle d'une classe quelconque, mais si les calculs de M. A. Arnold sont corrects, la propriété terrienne estendettée en Angleterre d'une somme qui n'est pas moindre de 400 millions sterling (10 milliards), ce qui, à 5 p. 100, absorberait 20 millions délivres (500 millions de francs) ou tout près du tiers du total de la rente annuelle. Il est fort possible qu'en ce moment la proportion de la rente actuelle des terres du Royaume-Uni ainsi absorbée soit plus grande encore que ne l'estime M. Arnold. La réduction des rentes provenant de l'agriculture dans les dernières années a été énorme. Le président de l'Institut du Cadastre établissait, en novembre 1884, que la réduction moyenne, à Fiants, avait été de 59,2 p. 100; à Worcester de 51 p. 100; et à Northampton de 40 p. 100. M. A. Arnold mentionne le cas d'un fermier de l'Essex qui prit dernièrement la location d'une ferme contiguë à la sienne, et d'un fermage habituel de 300 livres sterling, aux conditions vraiment extraordinaires que voici : aucun fermage pour la première année; 75 livres sterling pour chacune des trois années su i \antes, et 150 livres par an pour le reste de son bail. Si ce mouvement s'est produit ailleurs avec autant d'énergie, il serait possible que la propriété terrienne, après le payement de ses obligations hypotbécaires annuelles, se trou\;U réduite à un revenu net de moins de 20 millions sterling par an au lieu de (il) millions comme nous l'avons indiqué plus liant.
L'énorme différence que peu! produire une bonne ou une mauvaise récolte sur la prospérité générale d'un pays peut être démontrée par l'exemple des États-Unis. Le tableau suivant indique les variations de la valeur des différentes récoltes de ce pays entre 1 s 7 1 et 1881.
MA