PAR PANIER DE 80 LUS
Riz
Roupies
L). A.nnas(2).
Roupies
Annas.
Petites graines ali- Graines à huile. .
Coton
Indigo
Tabac
Feuilles de bétel.
Oignons
(1) Dans ces calculs, la roupie a été convertie à son prix maximum d'échange, 2 sh.
î 16 annas = I roupie rr I sb. 9 d. ,'i 2 sb., suivant le cours.
Le prix du travail ordinaire dans le Burmah anglais atteint en moyenne dix annas par jour (environ 1 sh.), ce qui est bien an-dessns du prix de l'Inde (1).
En Chine le système des paysans propriétaires se pratique bien pins encore que dans l'Inde. Une grande partie du sol du Céleste Empire estla propriété de familles de paysans ; chaque membre de ces familles a une portion désignée et prend pari a la culture. Si la famille ne suffit pas à exécuter tout le travail nécessaire, elle se fait assister par des voisins, d'après la loi qui est appelée « huang-kung » ou principe du lendemain, c'est-à-dire : « vous travaillez pour nous aujourd'hui et nous travaillerons pour vous demain. » Dans le cas rare où l'on prend un ouvrier, on lui donne trois pence par jour et la nourriture. Les paysans chinois vivent principalement de végétaux; les mahomélans seuls font usage de la viande de bœuf; des provinces entières n'ont pas un mouton, et les chèvres sont loin d'être nombreuses. Cependant les Chinois sont de bons agriculteurs, à leur façon du moins. Aucun peuple n'a montré plus d'habileté à tirer parti de la terre. « Les fermiers, nous dit-on, atteignent, à l'aide de longues échelles, des champs placés en bordure au-dessus de précipices, qui autrement seraient inaccessibles, et bravent les torrents des montagnes et les cascades pour s'emparer des limons arrachés par les eaux aux collines abruptes et s'en faire des champs cultivés (2). » C'est pour cela que la culture en terrasses des Chinois est devenue fameuse, aussi bien que la variété de plantes et d'arbres qu'ils font croître successivement; l'autorité que nous venons de citer eu donne une liste où leur nombre s'élève à soixante-cinq.
Le Japon, comme la Chine et l'Inde, a une population presque exclusivement vouée à l'agriculture, et pourtant, sur une aire totale de 100,000 carrés, il n'y a guère eu culture, dit-on, qu'un dixième de celte superficie. Sur ce dixième, pies des deux tiers sont des lerres à riz, qui pro-
(1) Rapport il<" l'administration <lu Burmah anglais de iss-j a 1883.
H<il>fH,rts des (■■Disnls tir S,/ M<iJ68té. \" ~, Issi
duisent en moyenne 20 bushels par acre, ce qui donne en conséquence une récolte d'environ 136 millions de bushels. Sur cette quantité les 2 3 sont retenus pour la consommation locale, d'où il suit que la consommation moyenne annuelle de riz par tête est de 243 livres ou 0* 66 par iour(i). Pendant les cinq années qui finissent en lS/o, le prix du riz était descendu aussi bas que 0,27 d. par livre dans le nord du Japon, et monté à 0,85 dans le sud; le prix moyen pour tout le pays étant environ de 0,6o d. ou près de trois liards par livre. Dernièrement encore, le riz servait généralement au Japon à payer les salaires, etc.; en résumé c'était l'étalon des valeurs. Maintenant encore 1 impôt te'rrien se pave pour une part considérable avec cette denrée; c'est encore avec elle que l'on prépare le sake, breuvage alcoolique universellement usité au Japon. ^
11 e«t peu de contrées où la terre soit aussi divisée qu en Italie, et il n'en est aucune où le système appelé métayage, dans lequel le fermier paye le propriétaire par l'abandon d'une partie spécifiée de la récolte, soit pratique plus habituellement. Il paraît que le métayer est en position de se créer une meilleure existence que l'ouvrier, et que dans certains cas il a la possibilité de faire quelques épargnes. Ceci paraîtra d'autant plus remarquable que les fermes ou tenures ne dépassent pas une moyenne de 10 a 12 hectares en superficie. En Toscane, sur 26,772 propriétaires de terres taxés en 1880, 19,853 au moins avaient un revenu imposable de moins de 100 francs (4 1. 3 s. 4 d.), et pour 14 883 autres, le revenu variait entre 100 et 1,000 francs. La condition économique de deux familles types de métayers en Toscane, est très clairement tracée dans un rapport officiel récent dressé par le marquis Albergotti dei Giuddici, qui établit qu'une ferme de la commune d'Arezzo, d'une étendue d'environ 25 hectares, et cultivée
m Ces chiffres ont été communiqués par le ministre des finances du Japon au consul de Sa Majesté à Yeddo, et ita peuvent en conséquence être regardés comme aussi dignes de foi qu une statistique peul l'être dans ce pays.
par cinq hommes et deux femmes, avec cinq enfants travaillant tousplusou moins, donnait un produit total montant a la somme de 170 1. st., sur laquelle une moitié, 85 1. st., appartenait au métayer. Il fallait déduire de cette dernière somme le prix des aliments consommés, montant à un total de 49 1. st., en sorte que le demeurant pour l'habillement et autres dépenses diverses n'était que de 36 1. soit 3 1., pour chacun des travailleurs de la ferme, enfants compris.
La même autorité donne les détails de l'exploitation d'une seconde ferme à métayer, composée de 12 hectares sur une colline, dont 6 hectares en culture, et les six restants formés de bois et de terres stériles. Ici la famille se composait de trois hommes, deux femmes, et cinq enfants. La valeur des produits de la ferme montait à 103 1. st. sur lesquelles moitié au métayer. De cette dernière somme 35 1. 3 sh. sont à déduire pour le prix de la nourriture consommée, laissant 16 1. 7 sh. pour l'habillement et les autres dépenses, soit une moyenne de 1 1. 15 sh. pour chaque membre de la famille.
On comprendra facilement que ces résultats ne peuvent être atteints qu'avec beaucoup de travail. Sur la petite surface de 6 hectares en culture, on récolte treize produits agricoles variés, dont voici la liste, comprenant seulement la part du métayer :
Valeur totale, hect. fr. te.
Blé 17.50 ii 22.50 393. 7S
Maïs 3.50 13.90 40.65
Haricots ('.12 32.70 3.02
Vin 4 50 33.00 157.50
Piquette 3.50 4.00 14.00
Huile 3.41 85. 00 289.85
Fruits 0.70
Lia et chanvre lOkil. à 0.85 8.50
Volailles 15.00
Vers à soie 15 — 4.50 61 50
Profita sur le bétail 200.00
Laine 0 — 8.70 16 20
Fromage 10 — 1.35 \ 3 . 50
Total 1221. UT
PAYSANS PROPRIÉTAIHES. 87
La coutume, en Italie, est de donner en location les petites fermes pour trois, six ou neuf ans. De grandes fermes sont souvent louées pour douze ans. 32 pour 100 de la population sont engagés dans l'agriculture. Le salaire moyen d'un travailleur ordinaire est d'environ 1 franc par jour. « Les ouvriers font un voyage de 40 à 50 milles dans le but de s'engager dans les travaux les plus bas et les plus malpropres, comme le lavage du riz, afin de gagner 30 francs pour un travail de 40 jours en pleine chaleur d'été, et n'ayant pour provisions que du pain qu'ils apportent ou qu'ils peuvent se procurer dans le voisinage. » C'est un dicton, à Novare, que « l'agriculteur est la proie de toutes sortes de privations depuis son berceau jusqu'à sa tombe. » Pendant son enfance il est confié aux soins des étrangers, ou se roule dans la fange ; à sept ans il reçoit chaque année pendant quelques mois une instruction élémentaire et passe le reste de l'année à garder les chèvres ; à dix ans il gagne déjà quelques minces salaires; à douze ans il travaille régulièrement ; à quinze il pratique les plus durs travaux de la ferme. Les hommes se lèvent en été à 2 heures du malin; en hiver à 4 heures. Dans la première saison ils travaillent douze à quatorze heures par jour. Les jeunes filles prennent part au travail des champs dès l'âge de quatorze à quinze ans. La nuit, ils attrapent des grenouilles ou du poisson dans les marais, et volent du grain ou du bois (1).
Mais quelles que soient les misères du sort d'un métayer italien , celui de l'ouvrier agricole ordinaire est encore plus pénible. Nous avons vu que le métayer et les membres de sa famille, dans la plus petite des deux fermes dont il a été question, ont une marge d'environ 1 1. 13 sh. par tète pour les dépenses autres que l'alimentation indispensable, laquelle coûte en moyenne 3 1. 10 sh. par tète et par un. Mais quand il s'agit de l'ouvrier agricole ordinaire, celte marge si petite n'existe même pas. Le marquis Alber-
t Rapports consulaires pour 1883.
gotti donne l'évaluation suivante du revenu moyen annuel de Ton v rier agricole de la Toscane en 1880 :
180 jours de travail à i franc 180 iï.
Salaire d'une femme pour 20 journées de
moisson el de vendange avec nourriture. 20 fr.
Salaire d'une femme au tressage des chapeaux de paille 12 fr.
Divers 30 fr.
Total 242 fr.
Toujours d'après le marquis Albergotti, le coût moyen de la nourriture et du logement pour la famille serait de 3G9 francs par année, soit une moyenne de 75 francs pour chaque membre d'une famille de cinq personnes. On a l'ait remarquer, relativement à cette évaluation, que certaines autorités la considèrent comme poussée trop au noir. En hiver les ouvriers cherchent un emploi au chemin de fer, ou à un autre travail en dehors de la commune; ils peuvent gagner 2 à 3 francs par jour; avec cette assistance, les petits salaires qu'ils reçoivent au moment de la moisson, le glanage des châtaignes dans les districts montagneux, pour lequel ils reçoivent une rémunération en nature et un peu d'argent, ils arrivent à joindre les deux bouts.
Après avoir examiné les conditions qui, dans les ditlerents pays, président aux divers modes de distribution de la terre, il est utile d'essayer de savoir si l'Angleterre doit tirer un plus grand avantage de la continuation du système actuel de distribution des terres, ou de l'adoption générale du système de paysans propriétaires, autrement dit dt> savoir si la suprématie de l'Angleterre aurait à gagner ou à perdre parle maintien du statu quo.
Dans un chapitre précédent nous avons montre qu'il existe dans le Royaume-Uni environ 1,170,000 propriétaires de terres, sur lesquels, il est vrai, 10,888 détiennent plus de 51 millions d'acres, ou 70 p. 100 du tout. Ajoutons que, d'après M. Caird, les 7*i centièmes du sol anglais se
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composent de fermes d'environ 165 acres. Pour exprimer le même fait sous une forme plus significative, disons que sur l'étendue entière du sol de l'Angleterre, dont la superficie s'élève environ à 73 millions d'acres, inoins de 5 millions sont divisés en lots plus petits que 50 acres. Les avocats du système des paysans propriétaires, y compris la ligue de la nationalisation des terres, ont l'habitude d'invoquer le mot célèbre d'Arthur Young : « Donnez à un homme la possession assurée d'un rocher nu, et il le transformera en un jardin ; donnez-lui un jardin avec neuf ans de bail, et il le transformera en un désert. »
Mais ce mot, l'expérience de l'agriculture anglaise l'a-t-il confirmé ? 11 existe dans la Grande-Bretagne environ 560,000 fermiers ; probablement moins du vingtième de ces cultivateurs sont possesseurs de la terre qu'ils exploitent. Mais ont-ils, en conséquence de ce fait, négligé leur devoir envers le sol? N'est-il pas notoire que, par la vertu d'un travail supérieur, le sol de l'Angleterre, qui naturellement n'était pas des meilleurs, a été rendu le plus fertile du monde entier?
La vérité est que l'agriculture, ainsi que nous l'avons démontré ailleurs, atteint l'efficacité la plus grande là où elle est exercée axée le maximum d'habileté et de capital; or ni l'un ni l'autre ne sont à la portée du paysan propriétaire ordinaire. S'il est exact d'affirmer qu'une moyenne de 10 livres sterling par acre est nécessaire pour exploiter avantageusement une ferme, il s'ensuit que tout paysan qui a l'occasion d'acquérir un lot de 10 acres aurait besoin d'un capital de 100 livres sterling pour l'exploiter. Mais comment un travailleur qui se trouve sans cesse sur la limite extrême du dénuement pourrait-il se procurer cette somme? A moins qu'il n'ait un capital à lui, il doit l'emprunter. S'il devient un emprunteur systématique, il cesse d'être un libre propriétaire. Et si jamais des sociétés financières tiennent sous leurs hypothèques le sol de l'Angleterre, nous aurons simplement établi d'invisibles prêteurs d'argent, vivant dans des cités lointaines, à la place des grands
propriétaires « landlords » que nous voyons, et qui, en Angleterre, vivent sur leurs domaines, et habituellement se fout honneur de leur propriété. Qu'y a-t-il dans le changement proposé qui puisse transformer notre industrie, réorganiser notre système social et offrir un millénium paradisiaque aux 33 millions d'habitants de nos îles (1)?
Qu'il y ait de grands avantages sociaux dans le système des paysans propriétaires, c'est ce que peu de personnes sont disposées à nier. Que la terre ainsi « occupée » puisse être amenée à un rendement plus élevé que le rendement actuel, cela est possible, mais non très probable. 11 est certain qu'elle ne pourrait être rendue plus fertile qu'avec une plus grande somme de travail, et c'est là, après tout, la grosse question. Que mille acres de terre soient réunis en une seule ferme, et ils seront cultivés suivant des principes scientifiques, avec les machines les meilleures et les plus efficaces qui existent. Divisez cette ferme en cent parcelles de 10 acres chacune, et le travail manuel viendra prendre la place des aides mécaniques de la culture, en exigeant une augmentation de dépense considérable.
On prétend que le système des paysans propriétaires fait produire au sol plus que l'exploitation en grande ferme. C'est très probable. Le travail à la bêche est, comme chacun le sait, celui qui assure les meilleures recolles. Mais appliquer le travail à la bêche à la culture générale des terres, ce serait tout simplement faire reculer la civilisation de mille ans. Ce n'est pas le rendement absolu qu'il faut considérer, mais le prix auquel on l'obtient; et il est évident que si l'on parvenait à faire rendit' au sol de l'Angleterre le double de la quantité de blé qu'il produit en ce moment, avec une dépense trois ou quatre fois supérieure au coût actuel, ni le pays en général, ni aucune des parties qui le composent, n'en tireraient le moindre avantage.
La situation de l'Angleterre comme nation industrielle
(l)HôtnWes " /« misère sociale, pai tYédéric Harriion
diffère essentiellement de celle de tout autre pays. Dans bien des contrées, c'est l'agriculture qui détermine le taux, courant du salaire, et le pouvoir de se procurer les nécessités et les douceurs de la vie qui en provient; en Angleterre, ce sont les manufactures. Il est évident, en conséquence, qu'en étudiant les avantages comparatifs du système des paysans propriétaires, il faut que nous comparions cette catégorie de cultivateurs non pas avec l'ouvrier agricole ordinaire, mais avec la classe bien plus nombreuse de ceux qui pratiquent le travail manuel dans nos mines et dans nos fabriques. Il est difficile de prétendre, nous le croyons, qu'un fermier qui cultive à la bêche ses 10 ou 20 acres de sol ait quelque probabilité d'obtenir, aux prix, actuels des produits agricoles, un avantage matériel quelconque sur l'ouvrier industriel. Dans les pays où il n'existe que peu d'industries manufacturières donnant des bénéfices, comme l'Inde, la Chine, l'Italie et même la Russie, le paysan propriétaire ou le métayer peuvent être plus h l'aise que le simple ouvrier qui ne gagne que 3 deniers, ou au plus 1 shilling par jour, juste assez pour ne pas mourir de faim. Mais il n'en est pas de même dans un pays comme l'Angleterre, où le petit propriétaire n'a pas Je moyen de recourir au travail extérieur, et où les produits agricoles sont offerts à sa porte même, à plus bas prix qu'il ne peut les livrer, si l'on accorde à son travail la valeur courante du marché. D'autres pays peuvent se permettre de négliger les petites économies, et tolérer un système qui exige l'emploi de trois hommes pour exécuter le travail d'un seul. L'Angleterre ne le peut pas. L'économie du travail est l'air même qu'elle respire; cette économie est incompatible avec le système des paysans propriétaires appliqué en grand; en conséquence il est juste de conclure que ce système n'est pas adaptable à l'Angleterre. Cette conclusion n'est d'ailleurs pasopposée au principe de la propriété de l'occupant : beaucoup d'entre nous se rallieront sans hésitation à la pensée de M. Frédéric Harrison, qu'il faut en arriver, en fin de compte, à la
propriété de l'occupant, mais sans limite légale à l'étendue de cette propriété.
Je ne parle pas iei des avantages possibles des fermes coopératives qui n'ont été essayées en Angleterre qu'à titre d'expérience et dans des limites restreintes. Il est d'ailleurs raisonnable d'admettre que si douze ou vingt fermiers peuvent se réunir pour acheter et mettre en œuvre des machines, la culture de leurs terres peut devenir plus économique; mais sans nous occuper des résultats généralement peu avantageux de l'industrie coopérative dans notre pays, on peut croire que, comme chacun des fermiers ainsi associés aurait besoin des mêmes machines à la même époque de l'année, cela seul suffirait pour rendre leur coopération impraticable.