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i Rapports '/' s consuls de Sa Majesté Britannique, v .'i , 1884., p i) La lire u> deniers l franc.
Les salaires ci-dessus représentent dix heures de travail; le système du travail à la pièce permet aux ouvriers d'augmenter largement leur gain; nous parlerons plus tard des salaires payés en Italie dans l'industrie textile.
L'étude du problème que nous nous sommes proposé dans ce chapitre ne pourrait être regardée comme complète, si nous ne poussions pas nos investigations beaucoup plus loin, et si nous ne considérions pas la question des conditions du travail, telle qu'elle se présente à nous en ce qui concerne l'état actuel et l'avenir probable de ces races asiatiques, sur une partie desquelles nous exerçons une souveraineté si étendue et si importante, et desquelles aussi selon toutes apparences, nous devons attendre plus tard une concurrence sérieuse.
Nous ne trouvons ni dans l'Inde ni dans la Chine cette tendance générale à une élévation considérable des salaires, que nous avons reconnue dans les pays européens. Ce que le travail était il y a des siècles, il l'est encore de tous points aujourd'hui, sauf que les taxes sont plus lourdes, et que, en conséquence, la proportion d'argent disponible pour la nourriture esl moins grande. Quelques écrivains ont même prétendu à ce sujet que, sous le gouvernement anglais, la condition du travailleur dans l'Inde est devenue plus mauvaise qu'elle n'était sous la dynastie mogole ; mais nous ne voyons aucune preuve suffisante de celte assertion; les statistiques sur ce sujet sont, connue on pouvait s'y attendre, extrêmement succinctes et ne sont pas aussi dignes de foi qu'on pourrait le désirer.
Les Orientaux sont loin d'avoir l'habitude, quelles que soient les circonstances, de collectionner des données statistiques; et quand ils entreprennent celte tâche, ils ont une tendance déplorable à exagérer suivant leurs préférences particulières. Cependant Abul Fazl, ami et ministre d'Alkbar (1556-1605), a jeté une vive lumière sur la condition de l'Inde à celte époque. D'après celle autorite, voici quels étaient les salaires des artisans employés par Sa .Majesté :
•jus si PRÉMATIE DE L'ANGLETERRE.
Briquetiers, 2 deniers I i à 4 deniers par jour.
Charpentiers, I denier 1/3 à ï deniers par jour.
Scieurs, 1 denier 3/4 par jour.
Maçons, 1 denier 3/4 à 2 deniers par jour.
Plongeurs pour nettoyer les puits, 1 denier 3/4 à 2 deniers 1/3.
Hommes de peine et couvreurs, 1 denier 1/3 à 1 denier 3/4.
Porteurs de palanquin, 5 sh. 9 d. à 8 sh. 6 d. par mois.
Gardiens d'éléphants, 4 sh. 9 d. 12 à 9 sh. 7 d. par mois.
Vétérinaires, 7 sh. 8 d. par mois.
Porteurs d'eau, 4 sh. 9 d. 1/2 par mois.
Balayeurs, 3 sh. 1 d. 1/2 par mois.
En ce qui regarde la condition actuelle du travailleur industriel indien ou artisan, un écrivain du pays fait remarquer que, quoique sa situation semble belle en comparaison de celle du cultivateur, l'artisan n'est pourtant pas plus à l'aise, parce qu'il ne laisse travailler ni sa femme ni sa famille; au contraire, l'ouvrier agricole autorise ce travail. Les salaires moyens de quelques-unes des classes principales d'artisans sont indiqués comme suit :
Lohar (forgeron), 3 deniers à 5 par jour (30 à 50 cent.).
Barhai (charpentier), 3 deniers à 5 par jour (20 à 50 cent.).
Darzi (tailleur), 3 deniers à 5 par jour (30 à 50 cent.).
Tous avec chabena (grains grillés), pour le déjeuner et un repas le soir s'ils travaillent lard.
Kombar (potier), 1/4 de denier pour 2 ou 3 pots.
Naddaf (cardeur), 1 dénier à 1 d. 1/2 pour carder i I, bs, de coton et en confectionner une cou\erture.
Jolahas (tisseurs), 2 d. à 3 d. par jour.
Pathar (faiseurs de dentelles), comme les tisseurs.
Chawkida (porteurs de messages dans les villages1, de 10 shellings à 3 livres par an.
Patwaris (maîtres d'école de village), I livre à 8 livres par an.
En moyenne, le revenu de l'artisan ou de l'employé industriel dans l'Inde ne dépasserait pas 3 deniers par tète, et moins encore pour les ouvriers des factoreries textiles, les tisserands et les ouvriers en produits chimiques, etc.
Les principales industries de la Chine, en dehors de l'agriculture, sont les forges de fer et de cuivre, la fabrication du charbon de bois, de la chaux, du savon, de la poterie, et les manufactures de papier. Dans le district d'Ichang les ouvriers de ces métiers reçoivent environ 4 deniers par jour, et leur nourriture en outre. Une grande partie de la population subsiste par le batelage et la pèche; le taux du salaire payé à un batelier loué est d'environ 1 denier par jour, sans la nourriture. Mais ces chiffres ne peuvent être regardés comme représentant le gain total des travailleurs; beaucoup d'entre eux emploient leurs heures de loisir à ramasser des champignons dont on fait une grande exportation, ainsi qu'à élever des abeilles et des vers à soie dont ils font souvent un commerce lucratif.
C'en est assez pour faire bien comprendre que, dans l'étude des différences entre les salaires des divers pays, il faut éviter de ne prendre en considération que le montant nominal pendant une période donnée. Si nous disons qu'en Angleterre la moyenne du salaire payé à un artisan est de 20 shcllings, tandis qu'elle est de 30 shellings aux Etats-Unis, nous donnons une idée très imparfaite des faits réels, à moins d'ajouter que, dans ce dernier pays, Je nombre des heures de travail a été approximativement de 10 à 15 p. 100 plus grand qu'en Angleterre, contre une différence nominale de 50 p. 100 dans les salaires. 11 est dîme de la plus haute importance de comparer non seulement le taux des salaires, mais aussi le nombre des heures de travail auxquelles ce salaire s'applique. Mais ici encore notre làcbe est extraordinairement diflicile. 11 n'existe pas (\au\ nations qui aient les mêmes règles ou les mêmes habitudes quant aux heures de travail. Dans
quelques industries textiles, la durée du travail est spécialement limitée par la loi, et dans ce cas il est très simple de constater les laits; mais quand il est question de manufactures non réglementées, il devient difficile et presque impossible de donner la moyenne de la durée du travail, même pour une seule industrie principale, à plus forte raison pour tous les métiers exercés dans un pays. Prenons la construction comme exemple du manque d'uniformité en cette matière. A Liverpool, les briquetiers travaillent, en moyenne, 55 heures par semaine en été, et 47 h. 1/2 en hiver; à Darlington, 49 1/2 et 45; à Sheffield, 49 1/2 et 47 ; à Glasgow, 51 et 43 ; à Londres, 52 1 /2 et 47 ; à Birmingham, 54 et 47 3/4, et à Folkestone 56. Dans bien des cas, la durée du travail diffère, entre une catégorie et une autre, dans la môme factorerie ou le même atelier. A Glasgow, suivant des comptes rendus fournis par la Chambre de commerce (1), les mécaniciens travaillent 54 heures par semaine; c'est la durée presque invariable pour cette classe d'ouvriers dans tout le pays, mais les chauffeurs travaillent 65 heures et les dessinateurs 47 h. 1/2, et ainsi de suite pour les autres métiers : ab nno disce omnes.
Après ces éclaircissements préalables, il nous faut faire remarquer que dans toute l'Europe continentale, la durée du travail est plus longue que chez nous. Prenons l'industrie textile comme exemple. A Roubaix, centre de l'industrie des lainages en France, le nombre des homes de travail est de 72 par semaine; on commence chaque matin à 6 heures, 2 heures sont accordées pour les repas, et la besogne se termine à 8 h. 30 du soir quatre fois par semaine, soit une durée de 12 h. t 2 par jour, et permettant ainsi d'arrêter le travail à 6 heures le lundi et à 7 h. 30 le samedi. C'est certainement un grand contraste avec les ateliers anglais, où le travail ne dure que 56 heures par semaine, et OÙ le travail est suspendu à 5 h. 30 du soir, et
il, statistique mélangée du Royaume-Uni, pari. il.
à 1 heure de l'après-midi le samedi. Dans les filatures de laine et de coton de l'Allemagne et de la Belgique, les heures de travail sont à peu près les mêmes qu'en France. Dans les ateliers de lainage de Biella, en Italie, les heures de travail varient de 12 h. 1/2 par jour en été, à 11 h. 1/2 en hiver. Le travail commence en été à 5 heures, et continue jusqu'à 7 heures du soir, avec 1 h. 1/2 pour les repas. En hiver la durée s'étend de 7 heures du matin à 8 heures du soir, avec un intervalle égal. Dans les filatures de soie de l'Italie du Nord, le travail dure 94 h. 1/2 par semaine ou 15 h. 3/4 par jour, non compris les heures des repas; les ateliers restent ouverts de 5 heures Uu matin à 10 heures du soir. Le tableau suivant donne la comparaison entre les heures de travail à l'étranger et les nôtres.
Heures de travail dans les différents pays.
PAYS
Allemagne. . .
France
Autriche ....
Russie
Suisse
Belgique
Italie
Hollande ....
Étals-Unis. . .
Royaume-Uni