BELGIQUE
Hommes. .
Kemmes. .
Enfants . .
Ces chiffres peuvent être considérés, d'une manière générale, comme présentant bien les différences entre ces divers pays en ce qui concerne les taux moyens des salaires. Il existe d'autres différences qui sont peut-être plus importantes, et que nous examinerons ailleurs avec l'attention qu'elles méritent, par exemple le nombre des heures de travail; la proportion des jeunes femmes et des enfants employés, relativement aux adultes du sexe masculin; et les degrés d'habileté et d'efficacité qui distinguent chacune de ces catégories de travailleurs.
Mais la question des salaires est dominée par une considération qui mérite un certain examen avant de pousser plus loin ; la voici : c'est que les taux des salaires dans les divers pays tendent de plus en plus à s'égaliser. En Amérique, la moyenne des salaires payés dans l'industrie cotonnière a passé, entre 1860 et 1870, de 39 livres sterling à 58 par ouvrier (1) ; c'est une augmentation d'environ 50 p. 100. C'est là un accroissement beaucoup plus grand que celui de n'importe quel autre pays, pendant la même période. On ne pouvait espérer qu'il se maintiendrait. An<si trouvons-nous que, entre 1870 et 1880, non seulement il n'y a pas eu d'augmentation dans la moyenne des salaires, mais cette moyenne est revenue maintenant de
(I) J';ii fait la conversion pour ces nombres à 4 sch. 2 d. par dollar, et j'ai puisé mes chillïes dans les tableaux officiels des census décennaux. Ils s'appliquent. <'vid cm mcnl au pays considéré comme un tout, et quoiqu'on puisse leur faire subir différentes modifications, ils sont / dignes de foi pour indiquer feâ tendances dont nous parlons.
58 livres sterling ;ï 49 livres sterling par ouvrier, ce qui fait une#réduction de 18 |>. 100. On n'aperçoit aucune diminution analogue dans les salaires des autres pays. En Angleterre, pendant ce même intervalle, le taux moyen du salaire d'un lileur de coton s'est élevé de 30 p. 100, d'après les calculs de M. Lord. En France (Nord) le salaire d'un lileur s'est accru entre 1870 et 1881 de \ sch. 4 d. (5 francs) à 4 sch. 10 d. (5 fr. 60) ; celui d'un raccordeur de 1 sch. 4 d. à 2 sch. ; et celui des ouvriers manœuvres de 1 sch. 6 d. à 1 sch. 10 d. En Belgique, dans le même intervalle, l'accroissement a été à peu près le même, et aussi en Allemagne, comme rapport, sinon comme montant. La réduction, qui semble avoir été limitée aux États-Unis, a donc eu pour tendance le rétablissement d'un équilibre que la guerre civile avaitbeaucoup contribué à détruire. Le tableau suivant montre comment cette réduction a été distribuée dans les divers groupes d'Etats :