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CHAPITRE XIII

I/IXDl'STRIE DES LAINAGES.

Après L'industrie cotonnière, celle de la laine et des lainages est la plus importante de nos industries textiles. Elle a le quatrième rang parmi nos industries nationales, non compris l'agriculture, et elle se classe immédiatement après notre grande fabrique du fer, pour le nombre des ouvriers à qui elle fournit directement du travail.

L'histoire de cette industrie des lainages est singulièrement pleine d'événements et de vicissitudes. Aucune n'est plus indigène, et il n'en est pas d'aussi ancienne chez nous dans le passé. Depuis que l'Angleterre a une histoire, elle a produit des lainages d'une espèce ou d'une autre. Comparées à l'industrie de la laine, celles du coton, de la soie .ou même du fer peuvent se regarder comme des parvenues d'hier. On ne se tromperait pas, peut-être, en affirmant que c'est par les lainages que l'Angleterre a débuté dans sa longue et heureuse carrière manufacturière. Certainement elle avait déjà fait beaucoup dans la voie de la production et de l'exportation des articles de Laine avant d'avoir lilé une once de coton ou exporte une tonne de fer.

L'avance que notre pays s'était ainsi assurée dans la confection des lainages, il a toujours su la maintenir depuis, L'Angleterre est aujourd'hui, pourcel article, le pays le plus producteur du monde, mais elle est bien loin d'être la nation oui fournil le plu > de laine brute, elle a perdu depuis Longtemps sa prééminence à cet égard; et elle est de plus en plus dépassée par d'autres centres <!< population, et

spécialement par les plus récents ; le fait en lui-même n'est pas de ceux qui doivent causer beaucoup d'alarme. L'énorme avance que l'Angleterre conserve depuis si longtemps dans le commerce des cotonnades est une preuve certaine que l'approvisionnement indigène de matière première n'est nullement indispensable , pour garder sa suprématie manufactière. Mais on doit faire cette distinction très importante entre le coton et la laine, que toute nation est plus ou moins pourvue d'un approvisionnement indigène de celte dernière, tandis que toutes les nations européennes partagent avec l'Angleterre le désavantage de dépendre d'autres pays pour l'approvisionnement du premier. Autrement dit : il n'existe, en réalité, aucune nation européenne qui ne possède chez elle les moyens de pratiquer uue industrie des lainages assez étendue, indépendamment de toutes les autres. Mais en même temps on doit remarquer que toutes les nations européennes, excepté peut-être la Russie, sont dans le même cas que l'Angleterre en ce qu'elles ne peuvent donner de l'essor à l'industrie des lainages au delà de certaines limites, qu'en recourant à la production étrangère pour la matière première.

N'ayant pas l'intention de faire l'historique de l'industrie des lainages, nous n'essaierons pas de retracer la voie qu'elle a suivie au milieu de la multitude des perfectionnements par lesquels sa situation présente se distingue de l'ancienne. Tout ce qui peut être utile, c'est d'examiner ses derniers développements, surtout par rapport à la concurrence qui nous est faite par d'autres pays. Quels que soient les avantages que l'Angleterre a pu posséder, en fait de procédés ou de méthodes, aux époques antérieures de lindustrie de la laine, il est bien à craindre qu'ils aient cessé depuis longtemps d'exister. La tendance inévitable de notre système de manufactures modernes est de ramener toutes les principales nations du monde à un niveau presque uniforme pour la connaissance des procédés et des applications mécaniques, ou, du moins, pour les moyens d'acquérir cette connaissance. Après avoir constaté ce fait.

il nous reste à examiner quels sont les avantages spéciaux, naturels ou acquis, que possède chacune «1rs principales nations manufacturières pour poursuivre L'industrie des Lainages dans Les conditions actuelles.

Il y a eu une d iniiiiu (ion d'environ -0 mille ouvriers clans le personnel de noire industrie de la laine et des Lainages, entre 1871 et 1881. ce qui pourrait faire admettre, à première vue, que la puissance de nos manufactures est en déclin; cette conclusion semble s'imposer d'une manière plus sérieuse encore, quand on constate que nous avions déjà, en 1871, 5558 ouvriers de moins que di\ ans auparavant. Mais toute idée de déclin doit être entièrement abandonnée après analyse des tableaux de nos importations de matières premières, et de nos exportations d'articles manufacturés. La vérité est que, de 1801 à 1881, nos importations de laine ont augmenté de plus de 200 p. 100. Cet accroissement d'importation de la matière première a coïncidé avec une diminution considérable dans le nombre des ouvriers employés dans nos fabriques de lainages, et ces deux faits, malgré toute la marge possible accordée pour les erreurs commises daus l'établissement des chiffres du tableau, prouvent qu'une économie considérable de travail humain a été opérée pendant cette période. Le tableau suivant fera mieux apprécier l'importance de cette économie.

Importations de laine dans le Royaume-Uni.

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