‹ La Suprématie de l'AngleterreChapitre 45 sur 83 · FRANCE · texte numérisé non relu

FRANCE

il. G

On voit par ce tableau que, à l'époque indiquée, la France n'avait aucun avantage mais plutôt un désavantage sur l'Angleterre pour le coût du travail. Depuis 1872 les salaires se sont considérablement accrus aussi bien en Angleterre qu'en France (2).

Les salaires moyens payés par semaine dans les industries du lin et du jute, dans le Royaume-Uni et dans le Massachusetts, d'après le bureau de statistique du travail de ce dernier Etat, ont été en 1883 :

(Valeurs en shellings et en deniers.)

Dans la Grande-Bretagne. Au Massachusetts.

Hommes 2N.0 ^>A\

Femmes 10.6 '20.10

Jeunes tilles 0.6 16.8

Enfants 2/1 11.10

(1) C'est peut-être trop dire d'affirmer que les différences relatives en 1872 peuvent s'appliquer approximativement a l'époque aotuelle.

(2) L'annuaire officiel français donne les chiffres suivants comme moyenne des salaires journaliers payés dans l'industrie du jute en

1880. — En lianes.

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Si ces chiffres peuvent être acceptés comme représentant les différences de salaires qui existent entre les deux pays en général, il est évident que l'Amérique a un très grand désavantage en ce qui concerne le prix du travail. C'est un fait sérieux pour un pays qui comme l'Amérique est dans la nécessité d'employer de 80 à 100,000 tonnes de jute par année pour mettre en sacs son exportation énorme et toujours grandissante de céréales. Pendant Tannée fiscale américaine 1884, une valeur de plus de 33 millions de dollars en lin, chanvre et jute a été importée aux Etats-Unis, soit manufacturée, soit à l'état brut. Plus de 120,000 tonnes de ces matières ont été importées sans avoir été manufacturées, et plus des 3/4 de ce total ont été envoyés par le Royaume-Uni. Ya-t-on permettre à cet état de choses de continuer? Certainement non, si les Américains peuvent l'empêcher. Des compagnies se forment maintenant dans le but de cultiver le jute, et des usines sont projetées pour le manufacturer. Nous avons vu déjà combien peu de succès ont obtenu jusqu'ici ces efforts. Mais l'avenir répondrait bien mal à l'expérience du passé si le peuple américain continuait a rester à cet égard dans la dépendance de l'Europe.

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