‹ La Suprématie de l'AngleterreChapitre 49 sur 83 · VALEUR (EN LIVRES STERLING · texte numérisé non relu

VALEUR (EN LIVRES STERLING

DÉCLARÉE ANNUELLF.METN EN

La proportion moyenne de la diminution de prix des principaux articles d'importation pour le vêtement, pendant cet intervalle a dépassé 12 p. 100.

Il serait facile de multiplier les chiffres de cette nature, mais ce n'est ni nécessaire ni même utile. Le fait qu'il y a eu une baisse générale considérable pour certains articles, dans le prix des marchandises pendant les dernières années, est si évident quil crève les yeux des passants. On ne saurait nier qu'il y ait eu en même temps un accroissement dans le prix de certains produits, et il est vrai aussi, que, en général, le prix des locations et le montant des taxes ont augmenté, mais ces augmentations ont été largement compensées par le confort et les agréments complémentaires qu'elles ont eu pour but de procurer.

Jusqu'à quel degré le taux des salaires dans notre pays s'est-il accru pendant les dernières années? C'est une question que nous avons étudiée à loisir dans un autre chapitre, en sorte qu'il est inutile d'y revenir ici avec quelque détail. Nous avons constaté que, pendant les trente dernières années, les classes ouvrières de la Grande-Bretagne ont obtenu un accroissement considérable de leur rémunération, aussi bien pour le travail perfectionné que pour le travail purement manuel, et qu'en même temps, la réduction du nombre «les heures de travail a été telle, que la journée de l'ouvrier anglais est plus courte que dans toute

autre contrée civilisée du monde, peut-être saut' l'Australie. L'accroissement de salaire est indéniable, mais il y a des différences d'opinion et d'indication quant au montant et à la distribution de cette augmentation. Sur ce point, nous ne saurions probablement trouver de témoignage plus digne de confiance que celui qui nous est donné par les affirmations semblables quoique indépendantes de feu M. Lord, naguère président de la Chambre de commerce de Manchester, et de M. Montgomery, président de la Société de statistique de la même ville ; tous deux admettent que l'accroissement depuis 1850 n'a pas été moindre de 48 p. 100. Depuis 1860, cet accroissement a été évalué par M. Lord à 24,3 p. 100, dans quatre-vingt-cinq métiers.

Le résultat général auquel nous sommes arrivés en comparant les deux principales nations industrielles du monde est donc, en résumé, celui-ci :

1° Aux Etals-Unis, dans les vingt années se terminant en 1880, l'accroissement moyen des salaires n'a été que de 36 p. 100. tandis que l'augmentation moyenne du prix de la nourriture a été de 80 p. 100, et celle du prix de location des logements de 81 p. 100.

2° La condition des ouvriers en Angleterre pendant la même période s'est améliorée de 24,3 p. 100 en ce qui regarde le coût des principaux articles de consommation journalière.

On objectera peut-être que les chiffres sur lesquels sont basés ces résultats généraux ne sont applicables qu'à certains districts, et sont tirés de sources partielles. Pour le premier point, il faut observer qu'il existe beaucoup de similitudes entre Manchester et le Massachusetts, en sorte que les chiffres sont en général strictement exacts et applicables des deux cotés. Tous deux sont de grands centres d'industrie, et spécialement du commerce des cotonnades; chez tous les deux la population industrielle a dépassé grandement la population agricole; tous deux sont entourés d'autres centres industriels où les salaires se

rapprochent extrêmement des leurs. Quant à ce qui cou-

cerne les sources d'où nous avons tiré les chiffres cités, nous pouvons seulement faire remarquer qu'aucune objection ne peut leur être faite qui ne puisse probablement s'appliquer avec bien plus de force à toutes les autres. Le bureau de statistique du travail du Massachusetts et la Chambre de commerce de Manchester sont deux sociétés au-dessus de tout soupçon, et aussi dignes de foi en raison de leur compétence et de la sûreté de leurs informations, que n'importe quelle autorité à laquelle on pourrail faire appel; et il ne faut pas oublier, en ce qui regarde le premier, que les données qu'il a rassemblées sur les salaires et le prix des choses ont été réunies dans un but local, et ne sont nullement destinées, du moins ne sont pas employées, par le Bureau lui-même à soutenir le système protecteur. Jusqu'ici les conditions de notre comparaison ont été aussi parallèles qu'il est nécessaire pour établir son exactitude et sa « vraisemblance ». Mais désormais, les conditions de la comparaison vont cesser de se trouver aussi exactes; tandis que l'amélioration des salaires et la réduction du prix de la vie chez les classes ouvrières du Royaume-Uni ont été ressenties plus ou moins par toutes les classes de la Communauté, il en a été effectivement autrement aux États-Unis où la population manufacturière a obtenu un bénéfice, si bénéfice il y a eu, apparent ou réel, aux dépens de la classe agricole. Cette considération a une telle importance qu'il est nécessaire de la soumettre à l'épreuve des chiffres, et si nous entamons une digression dans ce but, le résultat pourra justifier notre digression.

En 1880, aux Etats-Unis, sur 1,000 travailleurs, 250 étaient agriculteurs (fermiers) ou éleveurs de bestiaux, et 191 étaient garçons de ferme, ce qui forme un total de 441 (ou 44 p. 100 du nombre entier des habitants) engagés dans des occupations agricoles, à mettre en regard de 207, ou 20 p. 100 seulement du nombre total, engagés dans les manufactures ou les emplois mécaniques. Donc, évidemment, la classe agricole est de beaucoup la plus importante de la communauté.

SIMMIÉMATIE DE L ANGLETERRE.

Voici maintenant les données sur les salaires mensuels agricoles en 1866 et 187!) que fournit le Commissaire de

L'agriculture :

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