PAYÉS EN
en 1879.
en 1879.
Dois. ita.
Unis, cents.
Dois, cents.
Doft. cent).
Etats de l'est. .
— du centre.
— du sud.. .
— de l'ouest.
Californie
3li.7o
En conséquence, le travailleur agricole a souffert en 1879 une réduction moyenne sur 1866, qui n'est pas moins moindre de 6 d. 39 par mois, et dans les Etats de l'est, où, comme nous venons de le voir, le coût de la nourriture s'est accru de 80 p. 100 et le prix de location de 81 p. 100, entre 1860 et 1880, la réduction sur les salaires n'a pas été moindre de 13 dollars par mois.
Pendant ce temps, quelle a été la situation du travailleur agricole en Angleterre? Voyons ce que le rapport de la Commission royale d'agriculture va nous dire sur ce sujet. Le rapport de M. Coleman sur le Northumberland nous apprend que dans les années 1860 et 1880, la moyenne des salaires payés dans une des principales fermes de ce comté était :
I Mil. (H.
Valet conducteur, Valel de ferme. . .
Femme employée
SALAIRES
PAYÉS P Ml sl'M \l \r l s
tCCROISUMtn
ks 1880
Ces chiffres sont corrobores, plus ou moins, par l'entière teneur du rapport de la Commission royale, mais il n'est pas nécessaire d'accumuler des colonnes supplémentaires de statistique pour établir un fait suffisamment prouvé et généralement admis.
Faut-il ajouter quelque chose pour montrer combien le système économique que l'Angleterre a adopté après mûre délibération, et en dépit de bien des alarmes et des doutes exprimés de divers côtés, l'emporte sur le système de protection cher à tant d'autres pays? Avec notre système de liberté, nous voyons les salaires s'élever et le prix des choses s'abaisser, en sorte que la population récolle les fruits sous une double forme ; avec le système étranger, les salaires se sont accrus, cela est vrai, dans les industries protégées, mais même pour celles-là non pas, à beaucoup près, au point de faire équilibre à l'augmentation du coût de la vie, tandis que les salaires de ceux qui ont fait et font encore plus que toute autre classe pour augmenter la prospérité du pays (les agriculteurs) ont fortement baissé. 11 y a là, en vérité, quelque chose de très inique, et nous pouvons bien, en voyant, avec une telle évidence l'absolue perversité du système qui a amené de tels résultats, nous poser la question suivante :
« Notre civilisation fait-elle donc faillite, ou notre race caucasique est-elle usée et finie? »
11 est utile maintenant d'essayer d'établir la moyenne du prix actuel de l'existence pour les habitants des deux pays que nous considérons.
Le coût actuel de la vie aux Etats-Unis, calculé d'après la constatation du prix de nourriture de dix-sept hommes adultes, la plupart d'entre eux artisans astreints à un dur labeur, et huit femmes, trois d'entre elles servantes, pendant six mois de l'année 188i, dans un village manufacturier du Massachusetts, a attiré l'attention et les recherches de M. E. Atkinson (1), qui, dans une article sur le prix de
I Voyez le Bradstreet's, 18 avril 1885.
lanourrihtre fournie pendant ta même période à soixante et douze ouvrières adultes d'une fabrique et à huit servantes , dans
le Maryland, a établi la dépense occasionnée, de ce même chef, dans ce second Etat.
Comme on pouvait s'y attendre, le prix moyen de la nourriture dans le Massachusetts s'est trouvé bien plus élevé que dans le Maryland ; la différence porte surtout sur deux articles, la viande et la farine. La moyenne journalière pour le premier Etat a été de 13 1/2 deniers et de 9 1/2 deniers pour le second ; la différence entre les deux atteint environ 40 p. 100. En prenant une moyenne entre les deux Etats, on trouve que le prix moyen de la nourriture d'une personne pour une année monte, à une fraction près, à 18 1. s. (450 fr.) et que le coût total de la nourriture pour une population de 50 millions d'adultes, chiffre qui sera bientôt atteint aux États-Unis, sera d'environ 904 1/2 millions sterling (22 1/2 milliards).
M. David A. Wells a évalué le coût total de la boisson annuelle du peuple américain à environ 99 millions sterling (2,178 millions) ce qui, en admettant encore une population de 50 'millions d'habitants, donne une moyenne d'un peu moins de 2 livres [sterling (50 fr.) par tête et porte le total de la dépense par individu, pour la nourriture et la boisson, à 20 livres sterling (500 fr.) par an (1).
11 est intéressant de comparer les chiffres ci-dessus avec ceux d'un autre tableau presque aussi récent du pro-
(1) Les proportions des divers articles du coût journalier de la nourriture sont indiquées ci-dessous en cents ou demi-pence, <•! en décimales :
Bfarylaad, Massachusetts.
Viande, volaille el poisson 7.58 11.81
Laitage el œufs 7.:i:
Farine et fleur 2.09 2.90
Végétaux 'l 39 i 18
Surir el sirops 1 .!IS I 'i'
Ti i café 0.86 lis
Fruits secs et verts 0.S0 0 : ;
Sel, épicéa, etc 0.46
Total 19.70 (0",96) 18.00(1' .
fesseurLevi, indiquant la dépense journalière par tête de la population du Royaume-Uni :
Dépense en gros par jour. Dépense nette. Deniers. Deniers.
Pain 1.41 1.12
Pommes de terre 0.64 0.51
Végétaux 0.32 0.25
Viande 1.87 1.55
Poisson 0.26 0.23
Beurre et fromage 0.67 0.56
Lait et œufs 0.78 0.66
Fruits, etc 0.19 0.17
Sucre 0.50 0.46
Thé 0.60 0.16
Café et cacao 0.05 0.04
Bière 1.40 0.54
Liqueurs • 0.75 0.14
Vin 0.16 0.10
Totaux 9.60 (0fr,96) 6.49 (0fr,649)
On peut conclure de ces chiffres que la dépense moyenne pour la nourriture et la boisson, sur la totalité des habitants de ces îles, est d'environ 3 s. 9 d. 43 par tête et par semaine. Si la population s'en tenait strictement au thé comme boisson, la dépense moyenne par semaine serait réduite de 5,46 dollars par tête, ou de 3 s. 9. d. 43, à 3 s. 4 1/2. d. Nous pouvons tirer de ces chiffres plusieurs conséquences intéressantes. Nous pouvons nous demander tout d'abord jusqu'à quel point les gains faits par la population peuvent lui permettre cette moyenne de frais, et lui laisser néanmoins une marge suffisante pour les autres dépenses nécessaires à la vie. On a établi, au dernier recensement, que la partie de la population de ce pays engagée dans les occultations profitables était d'à peu près 15 millions d'habitants, sur un total de 35 millions. En conséquence chaque gagnant doit soutenir 1,3 autres qui ne reçoivent aucune espèce de rémunération. Mais il faut encore faire la part de la diminution de salaires provenant de pertes de temps, de maladies, et d'autres causes. Quelle peut être la valeur
de ces pertes réunies? C'est ce qui serait bien difficile à apprécier, quoique plusieurs essais aient eu lieu dans cette intention. Admettons que leur total soit égal à la valeur du soutien donné à la moitié 0,7 de la population improductive, et nous arrivons à cette conclusion que tout rétribué a 1,3 H- 0,7 ou deux autres personnes à faire vivre en même temps que lui-même. Eu calculant d'après cette base, il s'ensuivrait que tout rétribué doit se procurer l'équivalent de 10 s. 1 d. 1/2 par semaine, rien que pour sa nourriture et celle de ceux qui dépendent de lui, afin de maintenir sa consommation à la hauteur de la moyenne générale.
Après la nourriture, les articles de dépense les plus indispensables sont le logement et l'habillement. Le professeur Leoni Levi a calculé que la dépense nette sur ce dernier chapitre, dans le Royaume-Uni en général, n'est pas moindre de 123 1/4 millions sterling (3 milliards 81 millions 1/4) y compris cependant 4 millions sterling pour vaisselle d'or et d'argent, et près de 15 millions sterling de soieries. Si nous supprimons ces deux articles, comme n'ayant rien à faire avec les classes ouvrières qui forment la masse de la population, nous nous arrêtons à une dépense nette, en nombre rond de 104 1/4 millions sterling par année (2,612 millions 1/4), égale à environ 3 livres sterling par tête de la population ; ou si cette moyenne s'applique aux classes ouvrières en général, chaque salaire doit fournir environ 7 livres sterling par an de ce chef, pour lui et ceux qui dépendent de lui. C'est une nouvelle dépense de 2 s. 7 par semaine.
Nous arrivons maintenant au troisième grand article de dépense nécessaire, le logement. Son coût moyen, par tête de la population, ne peut être évalué aveu- quelque exactitude. Le professeur Levi a calculé que si l'on admet que la propriété bâtie rapporte un revenu moyen de (> p. 100, la dépense nette de ce chef est égale à I d. 36 par tète et par jour, soit 10 d. 08 par semaine ; et si qous admettons encore (pie chaque habitant gagnant sa vie est appelé à soutenir 1,3 personnes en même temps que lui-même, il aurait I
dépenser en, iron 2 schellings par semainepour le logement Hennissons maintenant ces trois résultats. Nous ferons le compte suivant :
Dépense par semaine R
pour toute personne rémunérée.
Nourriture... JOsch. 1 d. 1/2
Habillement.. 2 8 Salaire.
semaine.
18sch. 4d,
Logement... 2 Q Dépense'.'. 14 *9 ' \j%
14sch. 9d. 1/2 Balance.. 3sch.6d. l/2~'
Cette balance ou ce reste de 3 sch. 6 d. 1 /2 doit subvenir à un certain nombre de dépenses additionnelles, toutes plus ou moins indispensables, comme le charbon Je gaz et l'eau Le professeur Levi a évalué ces trois articles à 0 d 49 par tête et par jour, soit 3 d. J '2 par semaine. Même, dans ces conditions, il ne reste qu'une marge bien étroite pour les dépenses accidentelles et généralement inévitables oui s imposent même aux plus économes et aux plus prévoyants. l
Parmi les personnes qui ont étudié ce sujet avec quelque attention, ,1 n en est pas une qui puisse admettre un seul instant que ces résultats soient autre chose qu'une représentation approximative des faits. Ils prêtent en effet à bon nombre d'objections évidentes. Tout d'abord, ils supposent que le pauvre consomme autant que le riche de tous les articles composant nécessairement le coût de l'existence Cette hypothèse peut ne pas s'éloigner trop de la réalité en ce qui concerne la nourriture, quoique, même de ce chef il doil J avoir .me grande différence entre la dépense par tête raite dans le palais d'un pair du royaume ou dans la cabane d un paysan. Mais l'hypothèse est bien moins acceptable pour I, logement et le vêtement. Les marchandises coûteuses qui servent aux personnages de l'aristocratie doivent p«P^nter une bien plus grande somme annuelle de frais P" Me que les simples articles fabriqués à la maison et les chaussures usées dont font usage ceux qni vivent de salaires journaliers. Ue même il n est point besoin d'explica-
lion pour faire comprendre qu'une distance incommensurable sépare la valeur locative des palais de Belgravia ou de Mayfairet celle des humbles réduits «les marchands de quatre saisons de Whitechapel ; entre «< les fières demeures » de l'aristocratie terrienne, et la masure de l'ouvrier agricole. Après avoir fait nue part convenable pour ces différences, on trouve que la somme avec laquelle vivent, et sont forcés de vivre, les salariés en général et leur famille, est bien au-dessous de celle qu'indique la moyenne prise sur toute la population. D'autre part, il est tout aussi évident qu'un artisan ou un ouvrier qui perçoit la moyenne du salaire général, et qui est employé d'une manière continue, peut vivre suivant la moyenne générale du pa><, et garder cependant un certain surplus à consacrer aux marchandises dites ordinairement « article de luxe ». 11 parait établi par le rapport de l'Association Britannique sur l'emploi des salaires (1), qu'une dépense moyenne de 12 d. 71 par jour, soit 7 sch. 0 deniers par semaine, permet à la population en général de s'accorder bien des consommations de luxe, et peut même couvrir des dépenses en vaisselle d'or et d'argent, en fréquentation des théâtres et autres amusements divers.
Quoique le coût moyen de la simple existence aux États- Unis ne diffère probablement pas beaucoup de celui du Royaume-Uni, nous trouvons une différence importante quand nous arrivons à l'évaluation des dépenses de logement et d'habillement. En s'appuyant sur le dernier census du recensement, sur la statistique des importations, ri sur une évaluation du prix de transformation «lu drap en vêlements, on calcule que la dépense totale nécessaire pour fournir aux citoyens des États-Unis ce dernier article, l'habillement, n'est pas moindre de 362 I -> millions de livres (9,62 millions I 2), soil une moyenne de 7 I. .1 s. o d. par an pour chaque homme, femme eu enfant. .Mais la dépense réelle pour cet objet est beaucoup plus grande .pie ne l'indiquent ces chiffres. Il n'est probablement pas un seul des centaines de milliers .1' \iueriea m-
venus chaque année en Europe à travers l'Atlantique qui ne rapporte en Amérique, comme bagage personnel, une provision de vêtements achetés en Europe. Si la valeur de rhabillemen ainsi introduit aux États-Unis pouvait être exactement constatée, il est probable qu'elle porterait le prix moyen de cet article, par tête de la population américaine, à 10 livres au moins par an, ou exactement la moitié de la somme totale nécessaire pour la nourriture et la boisson.
Les variations du prix des marchandises pendant les dernières annéesont-elles indiqué une tendance à la hausse nu a la baisse dans les pays continentaux ? C'est là une question à laquelle il est difficile de répondre d'une manière satisfaisante. Mais il existe des preuves suffisantes pour justifier cette conclusion que, dans les pays ayant
habitude d'imposer des droits sur les aliments importés la puissance d'achat de l'argent est moindre qu'en Angleterre, ou les importations de tous les articles nécessaires à la consommation sont pratiquement exemples de droits. Ce n'est pas là le seul motif qui a causé les différences dont nous reconnaîtrons l'existence. La Belgique, par exemple, est presque aussi libre-échangiste que l'Angleterre en ce qui concerne les céréales, cependant il a ete constaté officiellement que le prix moven du blé à \ erviers (1), a été de 48 schellings par quaiWen 1841-50 et de 88 sch. 6d. en 1871, tandis que dans le Royaume-Uni' aux mêmes dates, les prix étaient de 59 schellings et 54 sch i .1. seulement. Puis encore, les pommes de terre, par OOkilogr. ri quintaux), coûtaient à Verviers 5 sch. 5 d en «841-50, et 8 sch. 11 1/2 d. en 1871, tandis que dans le lioyauine-Uniles prix aux époques correspondantes étaient considérablement moins élevés.
Ces chiffres nous indiquent une tendance que nous retrouverons dans tous les détails relatifs au cours des prix
I] topport de la Chambre de Commerce de Verviers pour 1 872, cité par * ' • ,;r"1";,v" ,i;m; *>" Pamphlet « sur le Travail, les Salaires la Product.on,elc.,en France et en Belgique », 1873
sur le Continent. Pendant la dernière moitié du siècle, le coût de la vie s'est généralement accru à l'étranger, en moine temps qu'il diminuait chez nous, ainsi que nous l'avons vu déjà. Le mouvement remonte même, en réalité, beaucoup plus loin. Si nous comparons le prix des grains en Angleterre et sur le Coutinent, depuis un siècle ou em iron, nous trouvons que, pendant la première moitié de cette période, les prix sur le Continent ont été beaucoup plus bas qu'en Angleterre ; mais pendant la seconde moitié la différence n'a pas été au même degré contre l'Angleterre, à beaucoup près, et dans certaines années cette différence a même été en sa faveur (1). Il n'est pas du tout probable que le prix moyen des céréales en France, pendant la dernière moitié du siècle actuel, ait été bien au-dessous du prix en Angleterre, puisque jusqu'à une époque très récente la France a importé de chez nous de grandes quantités de blé (2).
Un des exemples les plus remarquables de cette grande hausse du prix de la vie sur le Continent dont nous venons de parler est contenu dans les « rapports sur la condition industrielle des classes ouvrières dans les pays étrangers », dressés par le Parlement en 1872. On y constate que la moyenne de prix de l'alimentation et du logement pour les ouvriers employés à la filature llùrlimann, dans le canton
- (I) Le document suivant concernant les prix du blé en Angleterre el en Allemagne (Dantzig) montre bien celte tendance :
v Valeur en schelli gs et deniers.)