‹ La Suprématie de l'AngleterreChapitre 63 sur 83 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

« Le chiffre actuel de mille millions sterling (vingt-cinq milliards, qui peut être accepté comme représentant à peu près le revenu annuel du Royaume-Uni, a été atteint avec une rapidité surprenante: cotte rapidité sera peut-être mieux comprise à Laide de cette hypothèse. Si nous étions partis de zéro, il y a seulement quarante ou cinquante ans, et si notre revenu annuel s'était accru avec la rapidité que nous constatons dans la période actuelle, nous aurions atteint déjà notre grande situation présente. Mais tandis que nous avançons avec celte vitesse extrême, l'Amérique nous dépasse comme en un temps de galop. Cependant, maintenant encore, l'œuvre de recherche à la surface et dans les entrailles du sol des États-Unis et l'exploitation de cette vaste superficie par l'entreprise sont encore dans l'enfance. » Gladstone.

La richesse des nations est si intimement liée à leur bien-être matériel et social, qu'il est très utile de considérer sérieusement cette partie de notre suprématie national"'. Toutes choses égales d'ailleurs, la nation qui a accumulé des réserves de capital possède de bien meilleures chances dans la lutte pour la première place qu'une autre moins bien pourvue de ce que Ton a appelé « les nerfs et les muscles » du commerce et de l'industrie. Elle peut, en effet, se procurer le capital à un prix moindre, adopter immédiatement les procédés les plus économiques et les plus perfectionnés de travail agricole et manufacturier, employer la main-d'œuvre la plus habile, el enfin organiser plus aisénn'iil la distribution avantageuse de ses produits. En un mot, une nation en possession d'une grande richesse accu-

:!72 SUPRÉMATIE DE L'ANGLKTKRRE.

mulée est toujours prospère, taudis qu'une nation dans une situation contraire est très généralement, sinon nécessairement, dans un état misérable. Sans doute on ne doit pasen inférer que la richesse seule mérite nos efforts; quelques-uns de nos grands poètes et plusieurs philosophes tant anciens que modernes en ont dénoncé l'accumulation comme un signe de faiblesse nationale. Mais nous n'avons pas ici à traiter cette question, nous ne voulons pas savoir si la« terre pâtit » ou si « la race décroît» quand les richesses grandissent, nous n'étudions pas une question de philosophie éthique, nous voulons seulement nous demander si notre richesse nationale égale ou surpasse celle des autres pays, et si cette richesse est favorable au maintien de la prééminence! de l'Angleterre dans les arts et les manufactures.

C'est un fait incontestable que la masse des citoyens anglais, qu'ils soient actuellement plus ou moins à l'aise qu'autrefois, ne sont nullement aussi satisfaits de leur sort que leurs ancêtres. Us demandent de plus en plus l'égalité des droits et des conditions; c'est Là, pour citer les paroles bien connues de M. Disraeli, dans son discours aux. étudiants de Glascow, « c'est là l'esprit de vertige qui se lève sur l'Europe comme un vent de menace, et qui, lorsque vous entrerez dans la carrière, sera peut-être une tempête déchaînée ». Cette même crainte de l'avenir caractérise les derniers écrits de Carlyle : « L'aspect de l'Angleterre », dit-il, « est pour moi. en ce moment, plein de menace. La question du Capital et du Travail enfante de plus en plus l'anarchie; elle est insoluble par les notions qui lui sont appliquées jusqu'ici, et elle aboutira sûrement quelque jour au pétrole, à moins qu'un évangile autre (pie celui de « la science maudite » vienne l'éclairer ». Il en est qui semblent craindre que le pétrole soit tout près de nous, et d'autres assez nombreux qui témoignent leur impatience de ce que l'ouvrier hésite trop longtemps à applique ri a turc lie.

Mais si la « tempête déchaînée » prédite par Disraeli et « le pétrole «appréhendé par Carlyle sont « à nos portes * , il est bon que ceux qui «oit la charge d'empêcher de pi-

reilles révolutions ne nous y précipitent pas aveuglément. On ne peut nier qu'il y ait beaucoup de misère et de pauvreté, en Angleterre comme ailleurs.

« 11 est impossible », écrit Guizot, « de regarder sans une compassion profonde. tant de créatures humaines si misérables... cela est douloureux à penser; et cependant il faut y penser, y penser beaucoup ; car à l'oublier, il y a tort grave et grave péril ». Mais il existe une tendance constante à exagérer les injustices et les misères dont souffre la classe des travailleurs. Les hommes comme Henri George font un mal incalculable en prêchant une doctrine impossible à réaliser dans n'importe quelles circonstances, et certainement calculée pour rendre, si cela était possible, « la confusion plus grande encore ». Il n'est pas vrai que « le pauvre devienne de plus en plus pauvre », il est douteux que les riches en général deviennent plus riches. Si les statistiques prouventquelquechose, elles montrentcertainementque Lamartine était entièrement dans l'erreur quand ilaflirmait que les travailleurs se trouvent maintenant dans une position plus mauvaise que jamais et quand il ajoutait : « ils agiteront la société jusqu'à ce que le communisme ait succédé à l'odieux individualisme ». Il suggérait ainsi une conclusion que ses prémisses ne sauraient justifier.

Essayons donc d'appliquer à la condition économique de la population anglaise le seul étalon réel qui puisse déterminer si ses conditions d'existence sont meilleures ou pires qu'autrefois; celui des chiffres. Il existe une grande masse d'appréciations applicables à la solution de ce problème; aucune d'elles n'est susceptible d'une démonstration mathématique, mais, pour le plus grand nombre, elles sont dignes d'assez de confiance pour qu'on s'en serve sans scrupule. Un des calculs les plus intéressants qui aient été faits sur les conditions sociales comparées de la population de notre pays, en ce qui concerne le revenu, est celui du Parlement en 1821. Dans ce rapport les 2,941,383 familles composant alors la population du Royaume-Uni sont divisees eu 28 classes dont le revenu annuel est calculé et

placé à son rang sous Tua «1rs quatre litres suivants : agriculture, ou production naturelle; manufactures ou production artificielle ; taxes, impôts, etc., etépargne.

D'après ce compte rendu 34 p. 100 de toutes les familles habitant Le Royaume-Upi eu 1821 n'avaient qu'un revenu (1) annuel de 25 livres sterling (625 fr.) ou moins encore; 85 p. 100 avaient un revenu ne dépassant pas 42 livres (i, 050 fr.).On admettait que toute celle portionde la nation était hors d'étal de faire aucune économie, parce qu'il ne lui restait rien à épargner après avoir donné satisfaction aux nécessités de la vie. Le revenu total de ces 2,500,000 familles s'élevait d'aprèsle rapport, à 105 millions sterling (2,625 millions de francs).

Dans la catégorie suivante, celle des familles avec un revenu de 100a 1,000 livres (2,500 à 25,000 fr.),on comptait 384,000 familles ou 13 p. 100 de toutes les familles du royaume; le montant total de leur revenu était de 180 millions (4,500 millions), ce qui donnait en moyenne 470 livres annuellement à chaque famille (11,750 francs). Le re enu épargné, ou les économies de chacune de ces familles était évalué à 12 millions sterling (300 millions de francs) soit environ 31 livres sterling par famille (775 francs). Le reste, environ 57,000 familles, possédait, suivant l'estimation, un revenu total de 195 millions (4,875 millions), c'est-à-dire 3,400 livres sterling par famille (85,000 francs) (2). L'épargne annuelle de ce groupe est évaluée à 13 millions sterling (325 millions de francs soit 227 livres sterling (5,675 fr.ipar famille.

Le résumé de cette exposition, c'est que le revenu total de la population de la Grande-Bretagne en IS2I s'élevait à 480 millions sterling (12 milliards), soit en moyenne, a 166 livres sterling (4,150 francs) par famille, ainsi répartis :

(1) Noie du traducteur. Sons le nom derevenu l'auteur comprend les gaina, salaires, revenus al en général loul ce qu'une famille peut légitimement dépenser par an.

(2) 33 familles avaienl au-dessus de 100,000 livres (2,500,000 fr.) chacune, de revenu annuel.

En produits agricoles 240.000.000 st. (0.000. 0(0. 000 fr.)

En produits manufacturés. 147.000.000 (3.675.000.000

Taxes, dîmes, impôts, etc. 68.000.000 (1.700.000.000

Surplus, économies 25.000.000 ( 625.000.000

Total '.Ko. 000. 000 st. (12.000.000.000 fr.)

Ce total diffère de celui que quelques statisticiens ont obtenu pour la richesse du pays à cette époque ou vers cette époque. Mulhall, par exemple,, ne donne comme revenu total de la Grande-Bretagne en 1822 (un an plus tard) que 280 millions sterling (7 milliards de francs) (1). Mais ce dernier chiffre ne semble pas en rapport avec les conditions connues de l'agriculture et de l'industrie à l'époque dont nous parlons. Le prix moyen du blé, qui était alors le principal objet de commerce pour l'agriculture anglaise, n'étaitpas au-dessous de 86 schillings par quarter, entrel801 et 1820. De 1821 à 1850 ce prix moyen a été de 57 schellings pour la même mesure. Le rendement moyen d'alors, par acre, peut être évalué à 24 bushels, et en prenant le dernier prix indiqué, qui est le plus bas, et en admettant que toute la superficie alors cultivée fut semée en froment, ou en céréales de valeur équivalente, le revenu d'alors de la seule agriculture aurait été de plus de 300 millions sterling par an (2) (7 milliards 1/2). Cependant, comme il est paobableque tout le terrain cultivé ne donnait pas le môme profit que les terres à blé, il faut faire une déduction pour cette différence; mais tout en faisant une large part à cette déduction, il resterait encore une somme considérable en excès sur le chiffre donné par M. Mulhall.

A partir de l'époque où commence notre enquête, un grand changement s'est effectué d'une manière continue (fuis les conditions du revenu national non seulement de l'Angleterre, mais aussi de toutes les autres puissances

(1) Dictionnaire de statistique. — Revenu.

(2) La superficie totale en culture pour l'année 1821, dans la Grande- Bretagne, est évaluée à 40 millions d'acres, et le produit aurait une

va leur moyenne de 6 livres (150fr.), appréciation probablement exacle

principales du inonde. Pendant le premier quart du xix° siècle, L'agriculture était la source presque unique de

revenu dans le inonde entier, sans en excepter une seule puissance européenne. Chez le plus grand nombre des nations, l'agriculture est encore la première source de richesse; mais chez une demi-douzaine d'entre elles, la valeur des manufactures s'est élevée peu à peu si haut qu'elle a laissé l'agriculture loin derrière elle. C'est particulièrement le cas en Angleterre, où le revenu annuel provenant de l'agriculture est évalué à 200 ou 250 millions sterling (5 à 6 milliards), tandis que le revenu provenant du commerce et de l'industrie, l'agriculture exclue, s'élève à 981 millions (24 milliards 1/2). 11 en est de même en France, quoique à un moindre degré ; la valeur annuelle des produits de l'agriculture y est évaluée à 400 millions sterling (10 milliards), c'est 00 p. 100 de plus que dans le Royaume-Uni; la valeur annuelle du produit du commerce et des manufactures n'est estimée qu'à 521 millions sterling (15 milliards) soit 40 p. 100 de moins qu'en Angleterre. En Belgique, la valeur annuelle des produits manufacturés est de 30 millions sterling (750 millions) et dépasse de 06 p. 100 le produit de l'agriculture. En Hollande, en Suisse et en Grèce, on accorde la même supériorité aux produits des manufacturés. Dépassons les limites du continent européen, et nous trouverons que des pays comme le Canada et les Étals-Unis, dont la prospérité est si étroitement liée à l'agriculture, multiplient leurs manufactures au point que leurs produits ont déjà dépasse comme valeur ceux de l'agriculture pure. L'écart, pour le Canada, est encore minime, mais pour les Étals-Unis, il est déjà considérable. Ne sommes-nous pas. semble-t-il, en possession d'un critère pouvant nous taire apprécier l'influence sur le revenu national de la pratique exclusive de l'agriculture d'une, part, ou du mélange de l'agriculture et de I industrie, d'autre part La Grande-Bretagne, qui possède, du l'ait des manufactures ou de l'industrie, un revenu supé-

rieur à celui de toute autre nation, a certainement en même temps une plus grande moyenne de revenu par tète d'habitant que toute autre nation européenne ; mais la moyenne de revenu par tète est plus grande encore dans nos colonies d'Australie, qui sont cependant presque exclusivement adonnées à l'agriculture. La France, la Belgique et la Hollande, où la valeur des manufactures l'emporte sur celle de l'agriculture, viennent immédiatement après l'Angleterre comme moyenne de revenu par habitant; mais toutes trois ont un revenu moindre qu'un habitant des Etats-Unis ou du Canada, où l'agriculture est une source bien plus importante de gains nationaux. Mais, en tenant compte de ces exceptions, il n'est pas douteux que la tendance générale que manifeste la supériorité des manufactures sur l'agriculture soit d'élever la moyenne des gains de la population. En prenant la somme moyenne des gains pour six des principaux pays agricoles de l'Europe, Allemagne, Russie, Autriche, Italie, Espagne et Portugal, et faisant la division par le chiffre de la population, nous trouvons une moyenne de revenu annuel par tète ne dépassant pas 13 livres (325 francs). Si, d'autre part, nous adoptons le même procédé avec six des principales contrées industrielles du monde, Grande-Bretagne, France, Belgique, Hollande, Suisse et Etats-Unis, nous trouvons un revenu annuel moyen d'environ 25 livres (625 fr.) par tête (1). En conséquence, dans ce dernier groupe, le revenu moyen est presque double du premier.

Maintenant, quel a été l'effet de l'accroissement général des manufactures et de l'agriculture sur la prospérité relative des différentes nations? l'Angleterre a-t-elle perdu ou gagné du terrain, et dans quelle mesure? Voilà encore des questions qui peuvent être mises à l'épreuve des faits actuels. H est convenable, en outre, d'examiner quelle part de l'accroissement du revenu national est allée aux classes

(1) Dans ce calcul le gain moyen annuel par habitant des États-Unis a été compté à 27 liv. 2 sch. (677 fr. 50) et pour le Royauim'-l frii a 33 liv. 2 sch. (877 fr. 50 .

supérieures, et quelle part aux ouvriers; do savoir si, en fait, le revenu nation a] des divers pays a marché vers une répartition plus ou moins inégale, et dans quelles limites exactes cette évolution s'est effectuée. En ce qui concerne le dernier point, on trouvera dans un autre chapitre, celui qui concerne les salaires, que la condition générale des travailleurs de ce pays a éprouvé une grande amélioration pendant les trente ou quarante dernières années. L'augmentation des ressources de la population, du fait de ce progrès, lui a permis d'accroître largement ses épargnes, mais comme j'ai traité ce sujet ailleurs, je me borne à le mentionner ici. Il faut aussi remarquer que les grandes diminutions qui ont eu lieu dans le prix des marchandises ont procuré au salaire une puissance d'achat bien plus considérable qu'autrefois, et ce phénomène est, par ses effets, égal à un accroissement de revenu annuel dans tonte la communauté, même si le chiffre nominal était resté identique. Au contraire, comme nous allons le voir immédiatement, il a augmenté considérablement, et les gains ou revenus de la classe des travailleurs plus encore que ceux des classes supérieure et moyenne.

Examinons d'abord les conditions comparées de l'industrie anglaise. L'Angleterre a-t-elle maintenu sa position relative comme pays manufacturier pendant les dernières années? Pour jeter une lumière suffisante sur ce sujet il nous faudrait le secours de toute une pyramide déchiffres. Mais quelques citations empruntées à la statistique peuvent suffire à notre but principal. D'après Mulhall (1), la \aleur des manufacturés du monde entier (2), en 1870, montait à 2.!>8li millions sterling i7i,(i.>0 millions), dont 642 millions, ou ±2 p. 100, appartenaient à l'Angleterre et à ses colonies, lai 1880, la valeur des manufactures

{\) Balance de* com)itrs du monde, p. 18.

S Malgré l'expression du monde employée par M. Mulhall, les chiffres m' comprennenl pas un grand nombre des contrées de l'Afrique de l'Amérique du Sud, etc., donl les statistiques sont -ans valeur

des mêmes pays s'était accrue jusqu'à 3.544 millions sterling (88.600 millions), dont 758 millions appartenaient à l'Empire anglais. Dans l'intervalle, les manufactures de l'Angleterre et de ses colonies s'étaient accrues de 136 millions sterling (3,600 millions) soit environ 20 p. 100, tandis que celles de tout le reste du monde, excepté les États-Unis, ne s'étaient accrues que de 216 millions sterling (5,400 millions) soit environ 13 p. 100. Le cas des Etats-Unis est tout à fait exceptionnel. Les chiffres de M. Mulhall montrent que le total de la valeur des manufactures de ce pays était de 682 millions sterling (Il milliards) en 1870, soit 8 p. 100 de plus que la valeur de celles du Royaume-Uni dans la même année, et en 1880, de 888 millions (22 milliards), ou 17 p. 100 de plus que celles du Royaume-Uni. Mais ces chiffres, quelle qu'ait été la marche suivie pour les obtenir, ne sont pas d'accord avec les évaluations du dixième recensement des Etats-Unis, qui montrent que entre 1870 et 1880, la valeur des produits manufacturés de ce pays avait passé de 677 à 1,074 millions de livres (1) (de 16 milliards 1/2 à 26 milliards 3/4 de francs) tandis que le profit avait passé de 279 à 394 millions sterling (de 6,975 à 9,850 millions de francs). L'ouvrage de M. Mulhall avait, évidemment, para avant que ces comptes rendus ofliciels fussent utilisables, et en conséquence, il est probable que ses chiffres sont approximatifs, mais cette appréciation est ridiculement au-dessous de la réalité, soit qu'on la compare à la valeur totale ou aux profits des produits manufacturés du pays; et, en raisonnant du connu à l'inconnu, il est important que nous n'acceptions pas sans examen des chiffres de cette nature. Mais après avoir fait toutes les déductions admissibles, afin d'enlever toute possibilité d'erreur, nous avons des motifs suffisants pour conclure que les manufactures anglaises se sont accrues dans une mesure telle que leur accroissement a

I Le dollar est compté comme valant i schellings (5 fr.).

dépasse de beaucoup celui de tout autre | » ; i \ s , en e\ceptani seulement; comme nous L'avons constaté plus haut, les États-Unis d'Amérique (1).

l'oiir la décade 1870-81), L'accroissement de la valeur annuelle du commerce, des manufactures, elc, chez les quatre principales nations du monde, a été le suivant :

Royaume-Uui . . 337.ÔOO.00Ost. 8.425.000.0Ô0 fr.

France 144. 000. 000 3.600.000.000

Allemagne i07.000.0fi0 6.675.000.000

États-Unis 710.000.000 17.000.000.000

Une des premières considérations qui frappent à l'examen des détails de ce tableau, c'est l'énormité de l'accroissement de la valeur de l'agriculture aux États-Unis, (27 p. 400 en dix ans), comparée aux progrès faits dans le Royaume-Uni. En réalité, l'Angleterre a perdu du terrain, aussi bien absolument que relativement, et tv* ressources agricoles ont diminué ; mais on observera que sous ce rapport elle n'est pas tout à fait seule, la France a montré la même tendance, quoique à un degré un peu moindre; l'accroissement de 'M) millions sterling des produits agricoles de l'Allemagne peut, non seulement tenir tout entier à l'acquisition de L'Alsace-Lorraine, mais il

(1) La table suivaule indique les progrès comparatifs de L'Angleterre et des trois principales nations du monde, ses rivales en commerce et en manufactures, de 1870 a issu. Les chiffres indiquent «les

millions sterling.

II; \\u.

Page 1