‹ La Suprématie de l'AngleterreChapitre 74 sur 83 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

(Par milliers de livres sterling.

Royaume-Uni.

Fermes 1 . 700

Immeubles 2 . 400

Chemins de fer et matériel 800

Télégraphes, navigation et canaux 120

Bétail et capital des fermiers. . . . 360

Meubles, articles personnels et de

luxe 1.100 1.000

Mines et carrières dont la moitié du produit annuel attribuée aux producteurs 300 1 60

Trois quarts des produits annuels des manufactures et de l'agriculture attribués aux producteurs et aux négociants 1.300 1.233

Églises, écoles, édifices publics.. 450 400

Numéraire 1 40 123

Articles divers, comprenant les

outils des artisans, etc ... 170 130

Totaux 8.840 8.776

Nous avons vu que c'est vers 1880 que, pour la première fois dans leurs annales si bien remplies, les Etats-Unis ont atteint le même capital que la mère patrie. 11 est nécessaire, cependant, de regarder plus loin que les chiffres pour apprécier toute la signification de ces deux lignes de résultats. Tout d'abord il est évident qu'on doit déduire de la richesse publique du Royaume-Uni le montant de notre dette nationale qui s'élève à un total de 760 millions 1/2 sterling, tandis que celle des Etats-Unis n'est que de 320 millions sterling. Proportionnellement à sa populationT le Royaume-Uni semble encore la contrée la plus riche des deux, mais en sera-t-il longtemps ainsi? L'Amérique a décuplé son capital pendant les quarante années que nous venons d'examiner. L'Angleterre a un peu plus que doublé le sien dans le même intervalle. Si uous basons sur l'analogie avec le passé nos prévisions pour l'avenir, il nous

i,,, SUPRÉMATIE DE L'ANGLETERRE.

paraîtra évident que l'Angleterre cessera bientôt d'être, à L'égard de la richesse, sur la même ligne que sa précoce postérité. Et ce n'est pas l'Angleterre seule, mais l'Europe entière qui se trouvera ainsi distancée. Car l'Europe, en général, n'a pas seulement des ressources naturelles infiniment moindres, mais celles qu'elle possède sont absorbées dans une infiniment plus grande mesure qu'aux Etats- Unis. En Europe, chaque groupe de 100 habitants, ou, en admettant un homme fait sur cinq personnes, chaque groupe de vingt-deux hommes faits, fournit un soldat au service actif Aux Etats-Unis, ce service ne prend qu'un homme par groupe de deux mille habitants, ou par 400 hommes faits. Gela veut dire, comme M. Atkinson le fait très judicieusement observer, qu'en Europe le travail d'un adulte mâle sur vingt-deux est enlevé à la production ; cet homme est entretenu aux frais de ceux qui restent disponibles pour le travail (1), lesquels néanmoins sont en grand nombre obligés de gaspiller une grande partie de leur temps dans les casernes. Cet état de choses se reflète dans la situation financière des deux continents dont nous nous occupons. La dépense moyenne de l'Europe pour la défense nationale s'élève à plus de 2 livres sterling par habitant, tandis que celle des Etats-Unis n'atteint pas 16 schellings. Les budgets des États européens montrent des déficits constants, tandis que ceux des Etats-Uuis accusent un excédent de revenu de 150 millions de dollars (750 millions de francs) environ par an, de sorte qu'une taxe annuelle de 100 millions de dollars pourrait être entièrement abolie, et il resterait néanmoins un surplus suffisant pour amortir totalement la dette du pays avant la fin du siècle (2). Un écrivain américain moderne, frappé

(1) En Angleterre, la dépense moyenne par soldat eslde 100 livres; pour le reste de l'Europe, la moyenne est d'environ la moitié de cette somme.

(2) Ce remarquable étal de choses est dû évidemment tout d'abord .-m tarir, qui, s'il ne remplil pas, comme nous l'avons déjà montré, le but, de sa création, qui était d'exclure les articles manufacturés de

de ces faits, a dit avec justesse : « On peut mettre en doute que les nations de l'Europe, écrasées sous le lourd fardeau des armées permanentes, qui rendent improductives les meilleures années des jeunes générations, et imposent à chaque groupe de cinquante millions d âmes de population européenne une taxe plus forte que celle dont les États- Unis pourraient se débarrasser sans péril, par une simple mesure législative, on peut mettre en doute, dis-je, que ces nations soient capables de nous disputer dans l'avenir le grand commerce du monde » (1).

1'élranger, fait subir au peuple américain, sous prétexte de maintenir Je taux des salaires, «me taxe dont le total approche du montant de tous les salaires payés dans les industries que ce tarif est destiné à soutenir.

(1) Bevendicutiun de l'unification du tarif des chemins de fer, par Edward Atkinson. .New- York, 1883.

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