II. ^ A VINGT A.NS
faites que je les ignore : voire amitié mémo, (|ui m'est si précieuse, baron, me i>araît encore entachée de celte funeste passion (pii m'a conclaninée à une pénitence éternelle. Si vous nravit'z crue, vous auriez renoncé au siècle; \ous seriez entré dans un couvent |)Our obtenir la miséricorde de Dieu...
— Dans un couveul, morbleu! ua nious- <luotaire devenir moine gris ou uoir! oui-dâ! Vondriez-vous, par exemple, que je ressemblasse à ce scélérat d'abbé qui avait formé le dessein d'enlever ma j>elite Lucile, comme s'il était un roué de cour, le tartufe !
— Ne nous bâtons pas d'accuser, M. le baron j nejetonsjamais la première pierre : Tabbo Costis a sans doute dépassé le but; il s'est exprimé peut-être en des termes que je blâmerais, si je les avais entendus; mais je ne saurais m'en rapporter aveuglément aux exagérations d'une enfant à <pii je n'ai jamais pu inspirer le respect des clioscset des |KT>onnes ccclésiastiipjcs : elle s'est abusée elle-même.
132 IL \ A MNGT ans!
— A d'autres, madame la comtesse! Liiciie a plus de jugement que vous et moi; elle ne prend pas un prédicateur pour un ravisseur, et, à coup sur, ce n'était point au Ciel que ce vautour d'église se proposait d'enlever l'innocente brebis. Je me reproche de ne l'avoir pas étranglé sur place!
— Par condescendance pour vous , et aussi pour éviter un nouveau scandale , j'ai fait prier l'abbé Costis de ne pas reparaître dans ma maison : il m'a répondu la lettre la plus touchante , l'excellent homme , et je me repens de l'avoir soupçonné, avant qu'il dût se justifier!
— Que vous êtes faible , que vous êtes bonne, que vous êtes facile à tromper ! Mais si je rencontre sur mon chemin ce Paris en petit collet...
— Gardez-vous bien de l'injurier, je vous en conjure, cher baron: l'abbé Costis a tous nos secrets en son pouvoir , et , malgré le sceau de la confession... '
— Par la sambleu! c'est l'unique motif qui