‹ La sœur de MaugrabinChapitre 18 sur 57 · II. V \ \i.\«.T \Ns · texte numérisé non relu

II. V \ \i.\«.T \Ns

m'aconlcnu; car, après la coiilidt'nce di» Lucile , je voulais écraser ce replile venimeux...

— Ne ralentissez pas vos recherches, je \oiis le reconnuande; il faut à tout prix retrouver ces lettres et ce portrait! Pounpioi ne in'avez-vous pas ccoutée, depuis tant d années que je vous supplie de renoncer à ces pompes de Satan? Pourquoi n'avoir pas détruit les preuves d'un crime?

— ïVun crime, corbleu! Comme vous nommez uncî aiïection qui existait avant qu'un mari eût usurj;é les droits de l'amant!

— Oh! par pitic! ne me faites j)as mourir de honte. Monsieur! Oublions le passé pour que le Ciel l'oublie!... Silence! jVntenfls lo notaire.

Le notaire, M. Desbrosses, entra au même moment avec le comte de Chala) , qui achevait de lui ailresser à demi-\oi\ «juehpies instructions rel:ilives aux clauses pécurii:ur( s du contrat.

LF CONTRAT DE MARI \r,E.

M. Desurossf.s rlail le <loycn dos notaires de Paris.

Il avait ac(|ui$ dans rcxercicc de sa charge une rt'imlalion de prohilé et do honnofui, (|iii allait jusiiiTau rigorisme, et (|ui ne transigeait jamais a\ec les intérêts du moment et les nécessités de Torcasion ; il formulait ses avis d'après les règles invariables de la morale la

i^C) LE CONTRAT DE MARIACE.

plus solennelle et la plus pure; il regardait le mal comme une exception dans les lois de l'ordre naturel, et il avait en lui un fonds de bonté , de candeur , de charité et de justice tellement inépuisable , qu'il appliquait ses propres intentions aux actions d'autrui, et qu'il éclairait du reflet de ses vertus les faits les plus noirs de la méchanceté des hommes.

M. Desbrosses avait pourtant beaucoup vécu dans un état qui le mettait chaque jour en contact avec les infirmités de l'ame humaine. 11 avait vu la déloyauté, l'intrigue, l'ambition, la fraude et toutes ces viles passions que soulève la soif de l'or, ramper, siffler, se mordre et se dévorer en son étude de notaire ; il avait vu tout ce que peuvent inventer d'infamies la cupidité et la fourbe des gens qui restent honnêtes aux yeux du monde, parce qu'ils échappent à la lettre de la loi ; il avait vu les collatéraux assiégeant des testamens, les fds souhaitant la mort de leurs parens, les frères

LE r.ONTP.M HR MvniVCE. 1.*^7

s'airarlianl dos lainl)eanx triicrilago, les é|>ou\ iivi*auL une guerre inleslinc et continuelle.

Cependant M. Desbrosses croyait au bien, aux joies de la famille et de la jïalernité , au bonheur calme et siicré du foyer domestitiut»; il ne se souvenail <jiie des nobles et généreux caractrres(|u'ila\ait rencontrés dansia société; il ima^iuMit toujours des senlimens honorabl<*s chez ses cliens , et, quoi<jue ceux-ci fussnil la plupart des cuurtisans gangrenés de \iccs , il ne se hissait |)as de leur faire un manteau des qualités (|u'ils n'avaient point pour mieux cacher les plaies de leur cœur corrompu.

Ail reste , la ligure traïupiille et sereine de cepatriarclir du notariat, son air imposant et alVable à la fois, son souri n; grave et naïf , son accent onctueux et franc étaient autant de révélations éclatantes de cet admirable optimisme qui existait d'in^îtinct pbitùt que p;ir principes.

— M. nr>brosses , vos paroles sont des ora-

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