JE CONTRAT DE MARIAGE
et en argent les étoffes de soie, lorsque tout prospère...
— C'est très-bien; n'en parlons plus, M. le comte, dit le notaire avec bonhomie; je crois que vous voyez les choses avec de meilleurs yeux que les miens.
— Si fait , corbleu ! parlons-en , reprit le baron de Ramoine : je suis aise d'avoir l'opinion d'un habile homme comme vous, M. Desbrosses. Je vous prie d'user de votre autorité, de votre expérience, pour faire entendre raison à mon ami et pour le retirer du cloaque de marchandises où il enfouit le patrimoine de Lucile : conçoit-on qu'un gentilhomme, un comte , se mêle de commerce et de vilenies semblables?
— M. le comte s'honore en servant le commerce et l'industrie, dit le notaire: c'est trèsbien ; mais je voudrais le voir moins confiant dans ses spéculations, et surtout moins 'entreprenant. Toutefois, la Providence est juste et ne l'abandonnera pas.
LE CO.NTUAT UK M\UI VGE. lit
L'arrivée des personnes invitées coupa court à celte discussion , (jue le baron de Hamoinc se dis|K)sait à pousser avec chaleur.
Le notaire prit place à la table , sur laquelly il étala les p;ipiers du contrat : les assistans s'assirent à l'cntour en silence.
On n'attendait plus «jue les é|>ou\.
M. de llupebnont parut, donnant la niaiu à Lucile.
Lucile s'était rendue assez bien compte du but el des devoirs du mariage , pour s'y pré- |)arer avec assuranci*, a\ec bonheur : ce bonheur rayonnait sur tousses traits , empreints de grâce el d'innocence. F:llle s'avanra d'un jjas léger au milieu de celle réunion attentive, en distribuant à chacun des sourires el des regards<jui revenaient se fixer sans cesse sur son heureux fiancé.
M. rii,' Ittiivrlmont j^rta^'< lii le eontenteuient de Lucile, (pioicpi'il s** soumit à des habitudes de réserve el de morgue magistrales.
C'êUiit un bran jeune homme ^ à la fvrru-