‹ La sœur de MaugrabinChapitre 22 sur 57 · LE COMRAT DE MARIAGE · texte numérisé non relu

LE COMRAT DE MARIAGE

gure pour cacher ses larmes , et l'assemblée entière s'associa de pensée à l'émotion de cette mère qui allait se séparer de son enfanl : le baron de Ramoine comprit seul cette émotion.

— C'est très-bien , dit M. Desbrosses en apposant son seing au bas du contrat que tous avaient signé. Maintenant , voici une donation de M. le baron de Ramoine , par laquelle il transmet et abandonne à la future une somme de cinq cent mille livres, en lui léguant par acte authentique de ce jour tous les biens meubles et immeubles qu'il pourra laisser après sa mort.

— Ah ! que vous êtes bon , mon ami! s'écria Lucile en se précipitant dans les bras de M. de Ramoine , qui la serra contre luimême.

— Non , je ne souffrirai pas de telles extravagances! dit le comte de Chatay , qui s'empara d'une main de son ami et la secoua rudement. Je ne veux pas que vous traitiez Lucile

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mieux que son imItc li'a fîiil , entendez-vous , baron ? je suis le père , moi !

— Allons tloncî reprit M. de Kamoine avec embarras , ce qui est écrit dans cet acte était convenu depuis long-temps : c'est mon tostnmenl que je publie a\ant mon décès, morbleu î

— Hé bien! madame la comtesse , vous ne remerciez pas le baron , dit le comte en découvrant le visage de sa femme. Vous n'écoulier pas , je gage! l ne donation de cinq cent mille livres et la jMomesse de sa succession î Ce cher baron est de i'ûgc d'or et de la vieille rocbeî Voilà de l'amitié , ou je ne m'y connais pas.

— Km elVel , c'est très-bien , rèpli<pia le notaire en se levant : l'amitié est une >éritable consolation dans l'adversité...

— Kt dans la prospérité, elle n'est pas à dédaigner ! reprit le comte avec enthousiasme. Une femme (pion adore, une lille (pi'on idolâtre, un ami «pion chérit , n'est-ce pas là le bonheur "?

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