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LA LLTTUE AXOWME.
— Un raot , M. Desbrosscs dil le comte de Chatay en allirani le notaire dans un coin du salon ; j'ai rci.u hier soir une étrange lettre sur laquelle je veux vous consullerj une personne, qui ue se nouune pus, luc pro|)ose d'ucheler pour cen t lu i Ile li vres la counaissauco d' un secret (|ui importe a mon rei>os , à mon honneur cl
lO.
iAS LA LETTRE AiNONYME.
à ma fortune. C'est sans doute quelque intrigant qui présume trop de ma crédulité.
— J'avais à vous faire part d'une proposition analogue , répondit M. Desbrosses à voix basse : ce matin , un homme s'est présenté dans mon cabinet et m'a déclaré qu'il avait un secret de la plus haute importance à vous communiquer , si vous vouliez en échange payer cent mille livres.
— Cent mille livres ! Quel secret vaut une pareille somme? Et quel est cet homme? s'estil nommé ?
— Non; mais j'ai une idée confuse de l'avoir déjà vu quelque part : il était enveloppé dans une grande douillette de soie noire, et sa perruque ne laissait à découvert que la moitié du visage ; il avait l'air troublé et ne levait pas les yeux en me parlant ; il m'a recommandé de ne rien épargner afin de vous décider à cette acquisition, pour me servir du terme qu'il a employé; puis, il a disparu comme s'il avait commis une méchante action.
IV r ETTRF. ANONMIK. MO
— C'osl un ro(|uin ou U'icn un l'on. (:,»nl mille livres pour un secret ! A moins rjut» ce ne soit le secret de faire l'or, je ne devine pas ce que ce peut cire.
— Je ne Ta! pas (pieslionné , parce que je me suis promis d'examiner à fond cette alTaire qui |>eutvous intéresser: cet homme reviendra ce soir.
— Éles-vous d'avis que je me trouve avec lui? Cent mille livres! In secret d'iitat ne coûterait piis plus cher î
— Oui, je vous invite à entrer en confc* rence a\ec cet homme ; nous verrons bien ce dont il s'agit, et nous nous conduirons en consé(juence. Si c'est un fripon , nous le chasserons comme il le mérite; si c'est un fou, n(>iis le ferons enfermer : en tous cas , vous ne ris- (|uex non à hî voir chez moi.
— Di.d»!e! ce serait un hon marché (pie d'avoir |>our coul mille livres la jiierre philosophale !
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L'iri'DF Dr NOTAIRF.
Le comto do Chatav alla ponctuollemonl au rendez-vous que M. Dcsbrosse;» lui avail assigné |>our se trouver en présence do l'homme an secret.
11 élail iiuil heures du Si)ir, les elercs ùlaient leurs doubles inauclies de lain»* noire , brossaient leurs cha|>eau\ à peu prés chauves, et se |)réparaieJil a quitter lélude |iOur sou-
452 l'étude du notaire.
per dans le réfectoire de leur patron , qui les nourrissait avec moins de parcimonie et de frugalité que le commandait la tradition du notariat : aussi, les clercs de M. Desbrosses passaient-ils généralement pour les privilégiés de la basoche : ils buvaient, à leur repas, du vin, au lieu d'abondance.
— Bonsoir, M. le comte! dirent-ils à l'unisson en saluant le vieillard qui avait pour eux mille attentions et qui les faisait reconduire en voiture chaque fois qu'ils apportaient un acte à signer : vous mariez donc mademoiselle votre fille?
— Oui , mes enfans , répondit le comte avec orgueil; je la marie avec M. de Rupelmont, conseiller à la grand'chambre du parlement de Paris, comme vous savez , et nous célébrons la noce dans trois jours : vous y serez tous, et je vous invite à venir danser avec nous.
— Merci , M. le comte , répliquèrent-ils l'un