I.'^TLDE DU NOTAIRE. ir
après raiilro. Il faul sans lioiilc plusieurs o\j)t*(Ji lions du contrat de mariage, sur vélin ?
— Assurément. J'en veux donner uno au baron de Ramoine , j'en réserve une seconde pour moi ; la l'amille de mon gendre en voudra une autre pour mettre dans ses archives. A propos, le roi a promis de tenirsurles fonts le premier enfant de ma fdle : dans neuf mois, vous aurez des dragées.
^ Ahî M. le comte, dit poliment le principal clerc, quand on voit un beau-père aussi l>on que vous , cela donne envie de se marier.
— Mariez-vous, mesenfans, |)Ourétre heureux , et suive/ mon exemple : il n'y a pas de bonheur plus réel ici-bas (ju' un mariage bien assorti et une union bien intime. J'ai été jeune comme vous ; comme vous, je me suis (pielquefois diverti aux dépens des pauvres maris ; eh bien !je rtM^onnais maintenant (|ue j'avais tort , et (|uela plusdouce, la jilus honorable, la plus belle |>osition du monde est ct'lle d'un humme mariér(niniot sa joie et ses espérances dans son
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ménage. Je saisbien que les bonnes femmes sont rares, et aujourd'hui plus que jamais; tant mieux , les diamans aussi sont rares , et ils n'en ont que plus de prix. Mais rien n'égale , croyez-moi , la satisfaction qu'on éprouve à être père, depuis l'instant où le nouveau-né jette son premier cri jusqu'au grand jour où il est bon à marier.
— Nous nous marierons tôt ou tard , M. le comte , s'écrièrent gaîment les clercs ; en attendant, nous allons souper et boire à la santé des futurs époux.
Le comte de Ghatay fut introduit dans le cabinet de M. Desbrosses, qui s'y trouvait encore seul et qui se reposait des travaux de sa charge en dressant des listes de secours à distribuer aux pauvres du bureau de charité qu'il administrait. Jl fit signe à son client de s'asseoir, et continua silencieusement ses chiffres philanthropiques : le comte de Ghatay ne se condamna pas long-temps à rester muet.
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— Pourvu qu'il revienne I s'tcria-l-il en lioclianl la lèle avec incrédulité; pourvu «juil n'ail pas porté ailleurs son secret !
— Vous soui)roiinez donc ce que ce peut être ? demanda le notaire sans interrompre ses calculs. Quant A moi, je présume qu'il s'agit de quehïue succession qui vous est échue à l'étranger , et que «et homme a découverte |>ar liasard. Ce sont là des coups de fortune qui tiennent du prodige.
— Non, il n'est [kis question d'héritage, j'en suis sûr : la lettre que j ai reçue dit express*'— ment que ce secret im|)0rte à mon honneur.
— Ne serait-ce pas plutôt une restitution qu'on vous demande? Feu M. votre père était fermier-général , et i>eul-étre, sans le vouloir, sans le savoir, a-t-il nuià(|ueKiu'un(|ui compte sur votre juslici' pour réparer...
— où diantre allez-vous chercher vos sup- )K)sitions, mon cher M. Desbrosses? Suis-jc responsable de la conduite de mon père? Qui me prouverait d'ailleurs qu'il a fait tort au