LE SÉIDE
pêchez-YOus. Vous savez qu'une femme mariée a des ménagemens à garder?
— Nous les garderons.
— Tâchez qu'on ne vous voie pas entrer dans la maison.
— Quand je devrais entrer par le trou de la serrure! Oh! comme les officiers du régiment sei'ont jaloux de cette aubaine! Adieu; il ne faut pas faire attendre nos maîtresses!
Le lieutenant , qui se serait promené intrépidement en long et en large jusqu'à la fin du bal sans ce mystérieux incident , sortit tout joyeux de l'Opéra : il semblait avoir grandi de deux pouces, tant il se redressait en faisant sonner les talons de ses bottes.
11 s'approcha vivement d'une lanterne, et lut avec peine ce billet écrit au crayon, dont les caractères étaient effacés par le frottement :
« Depuis cinq ans je vous aime sans pouvoir « vous le dire : mon mari , qui soupçonne ce
1 1: séiDE. .^47
• senliiueiil , (jiie vous incriieza uni dVgBrdt, « csl absent celU' nuil; celle nnii , je puU « vous recooir chez moi facilemool; mm « gens sonl couclics, je me lrou\e seule dans « un pavillon écarté : vicnJrcz-?ouft? Voici U « clé d'une petite |)orlc qui vous cooduira dans
• mon ap|)arlcmenl , rue de h Victoire, nu-
• méro 25. Mon cuiuir l>al en vous altendaDi. « Discrétion , prudence et amour. •
('cite lecture coula de pro<ligieux eflorUde di>inalion à rotlicier, qui ne lisait couramment que les écritures mouhxs di"^ fourriers ou les bulletins imprimés. M. de La Turbinièrcavait cru ajouter un attrait de plus à celle rpitre en la traçant à la hâte d'une tnaaiére presque indécliilTrable; cependant le dieu malin qu'on n'jursenle a\etigle rendit les veux ilu lieuleiKinl asM'Z |)on;ans pour relrou%«T b |»liq>:irl des mots à Iravrr» un nuage de mine de ploiub tpii les envelo|»|
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