‹ La sœur de MaugrabinChapitre 52 sur 57 · LE SÉIDE · texte numérisé non relu

LE SÉIDE

défaut que pour le numéro de la maison , soit que le mystificateur eût mis par distraction un 5 au lieu d'un 6, soit que le froissement du papier eût changé tout-à-fait la ligure du chiffre; toujours est-il que le triomphant séducteur n'eut plus en perspective que le numéro 25 : c'était justement celui de La Turbinière, qui demeurait vis-à-vis de M. de Brioude.

nilKXS CHID FKMIXA IH>^i||T.

U.NE heure aprvs le départ de ra\cuiureui lieutenant , madame de Manii^ud vînt tt jeter à la rencontre de M. de lirioudr* (pii , désespérant de rejoindre sa maltrc^^e dans le bol , se disposait à rallercherclier c\iri elle, oii l'Iieure avancée a\ait pu la rinn*ner.

Klle le rei-ard.! en . et il h rccooool

avant c(u'elle eût [tarie; « ii< nil ioiii le

350 FURENS QUID lEMlNA POSSlT.

masque et n'opposa pas de résistance lorsqu'il l'entraîna dans une loge. M. de la Turbinière colla sa face grimaçante et railleuse à la vitre de cette loge, qu'Anatole avait refermée bruyamment derrière lui.

— Vous voilà donc enfin! dit M. de Brioude avec un air de prière et de reproche. Que vous êtes cruelle! que vous êtes injuste, Louise!

— Je ne vous connais pas , reprit-elle dédaigneusement.

— Tu ne me connais pas, Louise? Qu'ai-je fait pour être si maltraité par toi, que j'aime plus que tout au monde?

— Vous m'aimez plus que tout! Ah î vous mentez effrontément.

— Je dis vrai , Louise , je t'aime trop pour mon repos, pour mon bonhenr.

— Eh bien! ne m'aimez pas. Monsieur.;

— Ingrate! crois-tu qu'on puisse faire de l'amour comme d'un arbre qu'on coupe et qu'on déracine avant qu'il soit mort? Lors

rURCNS QUID l'KlIlNA ^Ot»lT. 351

nic^ine que je me prouvenis que \out nV-lc» jKis (ligne d'èlre aiuiêe de b sorte, iraniendrais-je à ne plus vous aimer ou a %ous aituer moins? Hélas! savez-vous si je ne médis pts que j*ai tort de \qus aimer, que je manque à des devoirs...?

— Fi donc! vous parlez comme un marchand

(\c la rtio Saint- f)r»nis'

ai sacriiiés , ces devoirs ?

— Je vous liens quitte de vos sacrificety

Monsieur.

— Louise, s'écria-t-il eu lui serrant Ici uiaîns avec transport, Louise, accable-moi de l;i colère, plulùt que de nio glacer par cette indiiïérence! Ordonne ce que je dois faire, j'olicirai sur-le-champ.

— Lh! .Moubicur, je n urdoime pts, je prie!

— Je le jure, Louise, que Je l'obcirmil répéu-i-il avec ceito esâlUiioo

o52 Fi;nE>.S QUID FE:\iINA POSSIT.

que les esprits faibles prennent pour de la force.

— Vous consentez donc à vous séparer de celte femme? dit-elle en le regardant fixement.

— Oui , un jour sans doute

— Demain.

— Demain! mais c'est impossible; je n'ai rien à lui reprocherpourmotiver, justifier une éclatante séparation.

— Vous le croyez? dit-elle avec un accent sardonique.

— Je le crois , parce que telle est la vérité, reprit-il en éprouvant une poignante appréhension qui se révélait à sa rougeur subite et au tremblement de sa voix.

— Vous êtes bien comme tous les maris!

— Vous dites que madame de Brioude me trompe, dit-il vivement.

— Je ne dis jamais ce que je pense sur ^es matières si délicates.

— Dites-le! répliqua-t-il avec impétuosité;

ILRE>S QLID FEUI.NA PU!»blT. 5i3

ililes-lo, où je vous accuserai docalomnirr indigncmenl une femme innocente!

— Bon! vous lu tueriez, avci-^ous dilt r«. pondil-clleen ricanant.

— Je ne la tuerais jxis , mais. .

— Quel est ce mais? Vous lui pardoooô* riez?

— Lui pardonner! amêrc dérision! je b chasserais sans pitié.

— Alors chassez-la !

-— Oiio voulez-vous dire? demandaiil j ilet consterné.

— Hien... pri'S^jue rien. Je dis que \oiTt femme, en ce moment inéllie...

— Achevez! s*écria-lil hors de lui.

— Vous en apprendrez da\anLig«* , si iou§ retournez chez vous.

— A l'instant. Votis m'aoooiDpigneres?

— Volontiers.

— Louise, au nom duCiel,n« >i-< { > une honihle éprcu\e que vous imtgîiiei |M>uf

Page 1