‹ La sœur de MaugrabinChapitre 9 sur 57 · LE LENDEMAIN DE LA BASSETTE · texte numérisé non relu

LE LENDEMAIN DE LA BASSETTE

({ui lui tendit la main avec une gravité glaciale; prùtez-moi votre canne, s'il vous plaît?

— Qu'en prétendez-vous faire , cher baron? répliqua le comte en la lui remettant, dès qu'il put s'appuyer au dossier d'un fauteuil; vous la connaissez : c'est le bâton de commandement que j'avais à bord du Rubis, au fameux combat du cap Finistère...

— La Tulipe, approche, je te prie, et prête-moi tes épaules? dit le baron avec un accent et un geste d'autorité militaire.

— Eh! M. le baron, qu'en voulez-vous faire ? répondit humblement le fidèle serviteur qui obéissait de très-bonne grâce, non sans prévoir ce qui l'attendait.

— Éprouver si ton dos est de verre, dit le baron en lui appliquant plusieurs coups de canne que le patient supporta, aussi résigné qu'un martyr.

— Ce traitement n'est ni juste, ni humain, M. le baron, repartit le Champenois qui ne faisait pas un mouvement pour s'y dérober.

— Je te paie ainsi mes dettes à la fois , ma-

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rauii,dil Al. de lUinuiue ()ui conliiiuaii à le bàlouner lorl sérieiisoiiniiil : veux-tu (lue je l'apprenne njes jjriefs contre loi? Sache donc, maraud, que je le corrige de la sorte, parce que j'ai f>erdu cette nuit cent cin^piante louis à la hassettej parce que tu es |>lns Lète que (jualre-Ningt-dix-neuf moulons de ton pays; I>arce cpi»' in m'iis lire mal à propos du plus agréable sommeil; |xirce que tu as arrêté dans i'nnlicliamhre mon vieil ami le comte de Cliatay... Lntends-tu , maraud?

— Oui, M. le baron, j'entends (|uc je suis une grosse bêle el un maraud à mourir snn<; le bîUon. Oui >ivra vrrra, et la Inlipc \ii mcore!

I>a TidijK', indigné au fond de l'ame des avanies et des bastonnadrs qu'il avait à souffrir au service du baron de Uamoine (pii frappait ses gens comme autrefois ses soldats, s;ilua respcclueusenK ni a\ec une grimace où le ressentiment se cachait sous un sourire héb«Mé.

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