‹ La Surcharge Alimentaire: Cause D'intolérance Gastro-IntestinaleChapitre 10 sur 26 · C'H#201 L HO — 2 C'HO? + 4 CO? + HS · texte numérisé non relu

C'H#201 L HO — 2 C'HO? + 4 CO? + HS

Cette seconde fermentation, presque normale dans Pintestin, sous l'influence en particulier du 2. butyricus, se produit dans l’estoinac à l’état pathologique, prineipalement dans la gastrectasie.

Ce qui précède va nous aider à saisir l’enchaînement des divers éléments pathogéniques que nous avons distingués : Distension gastro-intestinale. Stagnation et coagulation du lait absorbé en quantité trop grande.

Fermentations lactique, butyrique,.… favorisées par la plus riche des flores microbiennes. Et, réciproquement, développement excessif des bactéries, favorisé par les fermentations anormales. Fa 7

Häâtons-nous de dire que cet élément infectieux est bien loin, fort heureusement, de s'ajouter toujours aux deux précédents. Ses manifestations sont même assez rares dans le milieu spécial de l’hôpital et des consultaüons, parce que l’on intervient presque toujours à temps; mais nous sommes bien convaincu que les diarrhées infectieuses, si fréquentes chez les enfants de la classe pauvre, n’ont souvent pas d’autre cause que celle que nous venons d'indiquer.

Comment apprécierons-nous maintenant le rôle, indé- niable, de la température atmosphérique — l'influence saisonnière — dans léclosion des accidents? Il n’est pas contestable que les diarrhées infantiles sont surtout fréquentes el meurtrières pendant les chaleurs de Pété, Sans rechercher s’il se développe alors, en dehors de l’estomac, dans le lait des biberons, des fermentations anormales, avec production même de ptomaïnes redoutables ({yrotoxine de Vaughan), il est.une chose que nous pouvons affirmer : c’est que même alors il suffit de rationner de façon méthodique l'alimentation de l’enfant, pour voir les phénomènes s’amender et disparaître. Il est done

probable

x RAS À | et nous l’avons déjà fait pressentir — que

la chaleur agit seulement en acüvant, en précipitant les

fermeñtalions intestinales, !: c’est-à-dire: en augmentant leur intensité et surtout leur rapidité.

Avant d'aborder la partie chnique de notre travail, il nous reste à dire quelques mots d’une question intéressante el controversée. Nous voulons parler de la part respective des deux modes d'allaitement dans la genèse des accidents. La tendance générale, il y à dix ans, était d'en rendre seul responsable lallaitement arüficiel. Le

lait de vache, au dire de Bellot (1), est plus lourd, moins

digestible, plus riche en caséine, laquelle est elle-même plus coagulable et moins assimilable que celle du lait de femme. Conséquence : elle se dépose dans estomac en. gros caillots, qui — mal attaqués par le suc gastrique — y séjournent longtemps, le distendent, et provoquent des troubles gastro-intestinaux. Le lait de vache laisse des résidus énormes : l’enfant n’est jamais rassasié, et obligé d’ingérer des quantités plus considérables qu’il ne ferait au sein.

Beaucoup plus près de nous, en 1898, Mérigot de Treigny (2) parlait encore de même.

Cependant la stérilisation du lait était venue, non pas infirmer, mais affablir très notablement le bien fondé de ces critiques. Dès 1893, Chavane (3) montrait la

valeur alimentaire du lait stérilisé. Des recherches ulté-

(1) Bellot. Dang. de ja suralim. chez les enf. Th. Paris, 1893. (2) Mérigot de Treigoy. Journal des praliciens, pp. 577-550,

(3) Chavane, Du lait stérilisé. TL. Paris, 1593, 3

rieures de Ch. Michel (Th. Paris, 1896), sur la digestibilité des différents laits, ont montré qu'avec le lait stémilisé les inconvénients énumérés par Bellot ne se produisent pas. Plus récémiment encore, des expériences de Mathieu, de Lefort (1) et de L. Netter (2) ont confirmé ces conclusions. ;

n'est donc plus perimis aujourd’hui de prétendre que le lait stérilisé est un mauvais aliment. Mais nous nous garderons, de notre côté, d'affirmer qu'il est l'égal du lait de femme, même au point de vue qui nous occupe. Nous lui avons découvert déjà (voir notre paragraphe Etiologqie) au moins deux graves inconvénients. Nous lui ferons encore un reproche, plus important à notre sens, mais que les auteurs-ont négligé de méttre en lumière : Avec l’allatement artificiel, 1! + a des cas où la surcharge est une obligation, présque un devoir.

Le lait que le commerce livre aux particuliers ne posséde que bien rarement (soyons modéré) les 35 grammes de beurre qui devraient être le minimum exigé par litre. En réalité la teneur en beurre est souvent abaissée à 25, 20, 10 grammes même... et au-dessous. Or, quoi qu'en peusernt plusieurs auteurs, l'enfant ne se nourrit pas d’eau. On sé trouve donc en face, trop souvent, de ces deux alternatives, inégalement cruelles, il est vrai : ou laisser mourir Penfant; où ur donner trop, pour qu'il

ait sa ration indispensable de beurre. Nous adresserons

(t) Lefort, Th. Paris, 1900.

(2) L, Nellter. Progrès médic. Oct. 1899.

SR

le même reproche aux différents laits modifiés par addition d’eau : laits humanisé, maternisé,.…. que certains médecins ont préconisés, et que prépare l’industrie. C'est là sans doute un des motifs pour lesquels le professeur Budin rejette

si Justement — Ja pratique du coupage.

S'ymptomatologie. — Nous nous sommes appesanti, peut-être un peu longuement sur l’origine et le mode de production des troubles digestifs de la surcharge alimentaire. Cela nous a paru indispensable, les auteurs ayant passé ce chapitre à peu près complètement sous silence.

Dans l'exposé des accidents eux-mêmes, nous serons plus bref. Presque tous sont connus et ont été bien étudiés, et nous croyons qu'il suffira d’en donner une vue d'ensemble, qui permette de les rapporter à ce que nous peusons être leur cause la plus ordinaire.

Nous les partagerons d’abord en deux groupes, sui- Vant qu'il s’agit d'épisodes aigus, ou de lésions chroniques et durables. Puis, dans chacun de ces groupes, nous noterons sommairementles accidents exceptionnels, ce qui nous permettra d'exposer plus longuement les symptômes habituels.

19 Accidents aigus. —-Ce sont, le plus ordinairement : des vomissements, de la diarrhée.

a. Des vomissements. — Nous les étudierons d’abord, parce qu’ils constituent, presque toujours, la première manifestation de la dyspepsie infantile. Nos observations

me pres

le montrent bien : ce sont eux, en général, qui donnent l’éveil et qui traduisent dès son début, et d’une façon en quelque sorte réflexe, la surcharge alimentaire.

Ce que nous avons dit de la capacité de Pestomac nous explique pourquoi, au moins au début, il s’agit plutôt de régurgitations par excès de réplétion, que de vomissements véritables. L’estomac, distendu, comme nous l'avons montré, par des aliments trop abondants, se révolte et s’exonère à des intervalles variables, le plus souvent immédiatement après la tétée.

Ces vomituritions se distinguent d’ailleurs des vomissements infectieux par plusieurs caractères :

1° Elles sont parfois précédées de hoquet et d’éructations. Mais, le plus ordinairement, l’enfant rend son lait sans efforts n1 nausées, sans pousser de cris, en bavant, comme s’il ne pouvait contenir dans son estomac tout ce qu'il a pris. Souvent la mère et son entourage ne s’en aperçoivent pas et il faut que l’on retire le bébé du berceau, pour se rendre compte que son oreiller, que ses vêtements sont largement souillés de lat.

2°. De même, après la régurgitation, l'enfant n’éprouve aucune lassitude, aucun dégoût ; il reprend le sein, presque toujours, très facilement.

3° Enfin, le plus souvent aussi, le lait est rendu tel qu'il a été pris, c’est-à-dire non caillé, crémeux:et sans grumeaux. Les régurgitations, en ce cas, n’ont aucune odeur spéciale, âcre ou acide : le lait n’a done pas encore |

fermenté, il n'a pas subi Paction du suc gastrique.

Ceci pourtant n’est point absolument constant, et même 1l n’est pas très rare de voir un enfant trop nourri rejeter des caillots de lait et des résidus alimentaires, des glaires colorées par la bile, et exceptionnellement des stries sanguinolentes. Les matières rendues peuvent être acides, exhaler une odeur âcre et désagréable. Il s’agit alors, bien entendu, de vomissements véritables, qui expulsent brusquement, en un seul coup, une assez grande quantité de lait plus ou moins coagulé. En pareil cas, au simple élément mécanique est venu s’adjoindre un élément infectieux.

Les faits de ce dernier ordre sont, fort heureusement, assez rares, et, dans la majorité des cas, c’est seulement par leur répétition que les vomissements peuvent devenir dangereux, en produisant une dénutrition rapide.

b. De la diarrhée. — De même que les vomissements, la diarrhée de la suralimentation revêt assez souvent une forme particulière (H. de Rothschild), caractérisée d’abord par la fréquence des garde-robes (6, 7, 8 et 10 par Jour). Celles-ci sont, en général, presque absolument liquides, leur coloration est tantôt jaune clair, tantôt ardoisée ou gris clair. Le plus souvent elles ont un aspect huileux, qui les fait ressembler à du beurre fondu, mais elles sont mêlées de grumeaux blanchâtres (caséine non digérée). Souvent aussi, comme cela a lieu dans les éructations, le lait est rendu presque tel qu'il a été pris, à peine modifié et teinté par la bile : on dit alors

EE

qu'il s'agit de selles mal liées, mal digérées (on pourrait dire ;: pas digérées:.

Leur caractère essentiel est d'être presque inodores (surtout lorsqu'on les compare à ce que lon observe dans lentérite infectieuse) : il n’y à donc pas eu, en ce cas, de fermentations anormales, on ne trouve que D: ou pas de coli-bacilles.

La diarrhée est généralement accompagnée d'érythème, de rougeur des fesses et des cuisses, et même d’ulcérations, dues à la macération de la peau par le flux diarrhéique, et qu’il est presque impossible d'éviter.

Les diarrhées dont nous venons de parler sont des diarrhées lientériques : les garde-robes renferment de la graisse à peine modifiée, graisse qui provient du beurre du lait. Elles n’ont, par conséquent, aucun caractère infectieux, et traduisent simplement l’indigestion, c’'està-dire l'excès alimentaire. On les observe surtout dans l'allaitement au sein.

Malheureusement, même dans l’allaitement naturel, il n’est pas rare que la coloration des fèces se modifie et, de jaune d’or qu’elle est chez l'enfant sain, devienne verdâtre, vert-de-gris où même tout à fait verte. On à alors affaire à la redoutable Diarrhée verte. Celle-ci n’est que trop connue : nous n’en rappellerons donc pas les symptômes. Mais possède-t-elle toujours le caractère toxi-infectieux, qui en assombrit, si notablement, le pronostic? Nous ne le croyons pas.

PAS: Tel

[est probable que bien souvent il s’agit d'une simple action chhnique. A la bilirubine, qui donne aux selles normales leur coloration jaune, vient se substituer, par un procès d’oxydation dont l'origine nous est encore inconnue, son dérivé la biliverdine. Les garde-robes de l'enfant sain étaient neutres au papier de tournesol : elles sont maintenant acides.

Mais nous croyons aussi que l’on peut affirmer linlervention du facteur : infection, quand on trouve dans les fèces le 8. coli-communis en quantité notable (jusqu’à 00 millions par gramme de matières, d'après W. Vignal). Hne s’agit plus alors d’une simple indigestion, mais bien d’une véritable gastro-entérite.

On devine, combien est variable le pronostic d'une harrhée infanule, suivant qu'on peut la faire rentrer dans l’une ou lPautre de ces trois catégories.

Dans la très grande majorité des cas, c’est done par l’un au moins de ces deux phénomènes : vomissements et diarrhée, que se manifeste l’intolérance gastro-intestinale. C’est à eux que l’on aura, presque toujours, affaire dans la pratique. Mais, pour être complet, nous devons au moins signaler les autres accidents par lesquels peut, beaucoup plus rarement il est vrai, se manifester la surcharge digestive chez le nouveau-né. Afin que, si d'aventure on les rencontrait, on sache en reconnaître la cause et instituer, il y a lieu, une prophylaxie qui veut être faite de bonne heure.

Au dire de Comby, il ne serait pas rare de voir survenir, chez les enfants suralimentés, de l’hypersécrétion salivaire. Ce ptvalisme apparaît surtout vers les troisième etquatrième mois, etse prolonge assez souvent jusqu'aux septième et huilième mois.

Le muquet a été observé dans quelques circonstances, sans qu'on puisse invoquer non plus l’autre étiologie.

L’anorexie n'est pas rare, Comme suite à la polyphagie; l’estomac surchargé se fatigue, devient paresseux : la dyspepsie est constituée, ainsi que nous le verrons aux accidents chroniques.

Dans le même ordre d'idées, l’indigestion peut ne pas se terminer aussi rapidement que nous l'avons indiqué. Elle laisse alors à sa suite un état saburral, un embarras gastrique plus ou moins persistant, et l’on a même signalé dans ces conditions un éétère catarrhal, à la vérité bénin et passager.

Nous avons insisté beaucoup sur la diarrhée. Il y à des cas où 11 se produit au contraire de la constipation, et cela surtout chez les enfants de souche arthritique. C’est qu'alors les vomissements évacuent complètement le trop-plein de l’estomac. On conçoit que la dénutrition soit, de ce fait, accélérée, puisque les matériaux nutritifs ne dépassent pas l'estomac et ne peuvent être par conséquent, même partiellement, absorbés.

Enfin on peut avoir parfois un véritable état intestinal

(Thiercelin), qui se traduit par une constipation opimiâtre

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