PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE X
la lettre, * on fera des signes différents pour les mots qui, ayant la même forme écrite, constituent, cependant, des mots dilférents dans la langue et ont des articles à part dans le dictionnaire de l’Académie. Ex. : voler, volare; voler ,furari. »
« VI. Les prépositions, qui entrent dans la composition des parties du discours, sont exprimées par des signés. » De même, ajoute l’auteur de la lettre, pour les mots composés, on fait généralement les signes des mots dont ils se composent.
« VII. Comme la plupart des mots employés dans la langue, dit le supérieur de la congrégation, dérivent d’un mot radical, et sont ordinaiement distingués comme subtantifs, adjectifs, verbes, etc., par leur terminaison, les signes qui doivent servir à l’énonciation manuelle de ces mots seront aussi composés d’un signe radical, auquel on ajoutera un signe conventionnel qui indique à quelle partie du discours appartient le mot, ou bien à quel nombre ou à quel genre il est employé. Dans l’usage, ce dernier élément du signe peut être négligé toutes les fois que le mot est susceptible d’être suffisamment distingué sans ce secours. »
Opinion de H. de Gérando snr cette espèce de scbiune dans renseignement des sourds-muets.
Nous reprendrons, un à un, ces principes fondamentaux pour les combattre^ avec cette connaissance de cause que nous ont donnée une expérience déjà de vieille date, une observation habituelle dans nos rapports avec les sourdsmuets , et de fréquentes relations d’amitié et de fonctions dans l’Institut National de Paris. Mais il convient préala-
blement d’extraire de l’ouvrage du baron de Gérando son
opinion sur l’espèce de schisme de l’abbé Jamet.
« M. l’abbé Jamet, dit-il dans ses réflexions sur Y éducation des sourds-muets, partie II, chap. XVIII, opposant ces sept axiomes à autant d’axiomes contraires qu’il suppose admis comme régulateurs dans l’Institut de Paris, en fait autant de différences essentielles et caractéristiques entre les deux systèmes.
»La différence n’existe, cependant, pas pour la troisième maxime.
» Le premier de ces axiomes est difficile à saisir; l’auteur cherche à nous l’expliquer en exposant qu’il faut, pour constituer une langue, trois choses : 1° le corps du mot, ou sa forme écrite ; 2° l’acception du mot, ou le sens qu’on y attache ; 3* le sens du mot ou sa prononciation. Il ajoute que des sons articulés qui n’indiquent aucun sens, et que l’écriture ne peut représenter, ne peuveut transmettre la pensée.
a C’est trop exiger, sans doute, pour constituer une langue; les deux dernières conditions suffisent pour la parole; !es deux premières suffiraient, si, comme chez les Chinois et les Egyptiens, l’écriture s’était immédiatement associée à la pensée. Lire que des mots privés d’acception ne sont pas une langue, serait une proposition peu neuve. Nous ne voyons pas, au reste, comment on peut conclure de là que les signes ne sont pas une langue, quand ils expriment réellement la pensée.
» Mais, continue M. l’abbé Jamet, les sourds-muets qui sortent de diverses écoles connaissent et écrivent les mots de la langue française; ils en comprennent le sens; ils peuvent communiquer leurs idées par le moyen de