‹ La surdi-mutité (volume 2)Chapitre 133 sur 221 · PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE XI

pareil système ne pourrait pas être plus clairement démontré. Et s’il était prouvé que la médecine ne peut pas combattre la surdi-mutité, quel que soit son degré d’intensité, ne serait-il pas possible du moins en la combinant avec d’autres moyens empruntés à l’acoustique , par exemple, de rendre à ceux qui n’ont pas perdu complètement la faculté d’entendre une partie au moins de ce qui leur manque? M. le docteur Blanchet poursuit, en ce moment, des expériences qui démontrent peutêtre l’utilité incontestable d’un pareil travail ; le terrain sur lequel il travaille est neuf en quelque sorte. S’il réussit, qui sait où il s’arrêtera, qui sait si, en persévérant dans celte voie de progrès, il ne parviendra pas à démontrer qu’il n’y a d’incurables, parmi les sourdsmuets, que ceux dont l’infirmité est occasionnée par un vice de conformation? Ainsi la médecine seule pourrait peut-être remédier à la surdité; mais, combinée avec d’autres procédés, elle pourrait, dans tous les cas, en détruire, pour un grand nombre d’individus, les effets à tel point, qu’ils ne fussent plus qu’à demi sourds. Ainsi, non-seulement il doit être facile de détruire les effets de la surdité, soit par la suppression de la surdité elle-même, soit par l’emploi de procédés propres à en atténuer les conséquences, mais encore il doit être possible d’empêcher la surdité de se produire : l’hygiène d’abord, et la médecine ensuite, obtiendraient incontestablement ce dernier résultat, si elles étaient appliquées avec intelligence. »

Opinion de î'auteui-.—De la nécessite de donner l’édacaiion à tous les sourdsmuets . et de la commencer an meme âge «tue pour les parlants. — Du trousseau.

Pour nous, guérir les lésions organiques du sourdmuet, développer chez lui les fonctions de l’appareil auditif et vocal, c’est faciliter le travail des professeurs d’articulation qui savent tout aussi bien que nous combien ces deux moyens combinés sont utiles pour conduire l’enfant à l’usage d’une parole facile et claire. Tel est le but que nous nous sommes proposé et que nous poursuivons au milieu des entraves sans nombre qui ont paralysé jusqu’à ce jour la plus grande partie de nos efforts.

Non! la surdi-mutité n’est pas toujours incurable; non ! la surdi-mutité n’est pas une unité morbide, et c’est pour l’avoir considérée comme telle que les moyens empiriques dont on s’est servi pour la combattre, ont donné de si tristes résultats. Ce qu’il faut, c’est un diagnostic sévère de cette affection et une thérapeutique en rapport avec les lésions organiques et les troubles fonctionnels. Depuis bientôt douze ans que nous avons émis ces principes qui seront exposés dans tous leurs détails dans la partie médicale de cet ouvrage, nous n’avons rencontré encore aucun fait qui leur soit venu en opposition.

Nos écoles renferment deux classes d’enfants dont il est possible de changer le sort quand on le voudra : aux ms on peut rendre l’ouie et la parole; aux autres , on peut donner presque toujours la parole articulée et la faculté de la lire sur les lèvres. Quand donc les progrès et les réformes viendront-ils triompher de la routine et permettre à ces malheureux enfants de recevoir une éducation eu rapport avec leurs besoins et avec la société au milieu de laquelle ils sont appe-

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