‹ La surdi-mutité (volume 2)Chapitre 19 sur 221 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE I

muet incapable de s’élever aux notions abstraites et morales, et les raie ainsi des cadres de l'humanité (4). « Les sourds-muets de naissance, dit-il, n’ont jamais la faculté de parler ; ils ont bien une voix, mais elle n’est pas articulée. »

Pouvoir que le» législateurs donnaient aux pères sur leurs enfants.

Ces préjugés n’étaient que trop secondés par les législations sauvages des peuples les plus policés de ces splendides époques. Le droit de vie et de mort sur les enfants était acquis aux pères dans la plupart des codes, qui regardaient ces victimes infortunées comme appartenant en propre aux auteurs de leurs jours. Et ce pouvoir sans bornes ne s’arrêtait pas au premier âge, il s’étendait jusqu’à l’adolescence. Il était, par exemple, licite aux pères, non seulement de les punir, de les maltraiter, mais encore de les vendre comme esclaves, de les tuer même, sans que la magistrature et l’état s‘en inquiétassent le moins du monde : etido liberis justis, jus vitœ, necis, venundandique potestas ei (patri) esto !

Lycurgue, ce patriarche des législateurs, tenu pour l’un des plus sages dans l'estime vulgaire, n’a pas craint de condamner, d’avance, le membre impropre au service de la République, à périr dans les flots du Taygète. Même férocité à Athènes et à Rome dans les beaux siècles de Périclès et d’Auguste. Cependant nous verrons tout à l’heure les Romains reconnaître aux sourds-muets certaine aptitude au développement intellectuel et moral. Quelques-uns s’exercèrent dans les beaux-arts; et Pline cite, entre autres, le sourd-muet Pedius.

(4) D* hùtor. animal. Lib. 4. Cap. IX. Métaphysiq.

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