‹ La surdi-mutité (volume 2)Chapitre 23 sur 221 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE I

tiDgués de Vienne, est chargée dans cette capitale de se prononcer sur l’état d’un enfant de haute naissance qui est sourd et muet en même temps. Ils s’accordent tousà déclarer que le mutisme est une suite de la surdité; et l’on se borne, (dit Jean Cornarius, Consiliorum médicinalium tractatus, Leipsick, 1599) à tracer le traitement de cette dernière infirmité.

Il reste encore cependant dans les ouvrages des médecins ■ des seizième et dix-septième siècles, des traces de l’ancienne étiologie du mutisme; et Zacchias, par exemple, qui a consacré un chapitre de ses Quœstiones medico-legales (1657;, à des observations sur l’état moral des sourdsmuets, pose en principe que, chez la plupart d’entre eux, les nerfs de la parole et de l’ouïe sont simultanément paralysés. Le docteur Itard rapporte, à ce sujet, avoir vu, dans une séance de l’institution nationale de Paris, un prélat, renommé par son éloquence, faire ouvrir la bouche et tirer la langue à un élève pour y chercher la cause de son mutisme.

Jean-Faul[ Ecnet, incmciir de l'alphabet- manuel. — Esmim de Carton. — Pierre de Castro. — John Wallis.—John Bol» er. —Van Belmont —Conrad Amman. —Le pastenr Arnold!.

L’impulsion une fois donnée par Pierre de Ponce, on vit entrer dans la lice, avec des succès differents, Jean-Paul Bonet, qui eleva le frère du connétable de Castille, auquel il était attaché comme secréta ire, publia l’art d’enseigner aux sourds-muets à parler ( Artepara ensenar ahablar a los mud os) , et passe pour l’inventeur de la dactylologie, ou alpba bet-manuel; son compatriote et compétiteur, Ramirez de Carion, sourd-muet de naissance, qui entreprit l’éducation d’Emmanuel-Philibert, prince de Carignan, frappé de la mê>

me infirmité que lui, età qui nous devons un curieux ouvrage danslequel il décrit sa méthode : Maravillas de lanaturaleza, en que se contienen dos milsecretos de cosas naturelles, \ 629, (les merveilles de la nature, contenant deux mille secrets des choses naturelles) ; Pierre de Castro, Espagnol encore, premier médecin du duc de Mantoue, et qui instruisit, diton, le fils du prince Thomas de Savoie ; John Wallis, célèbre professeur de mathématiques à l’université d’Oxford, qui, dans son Traité de la parole, ou de la formation des sons, (grammatica linguæ anglicanæ), mérita les suffrages de ses contemporains les plus éclairés, procéda d’abord, comme ses devanciers, à l’enseignement de ses élèves par la prononciation, mais abandonna, plus tard, malgré les succès les plus brillants, ce moyen, dont l’utilité lui parut trop secondaire, pour les instruire exclusivement à l’aide de leur propre langue, la langue des gestes naturels; John Bulwer, qui avait publié, en l'année 1848, son Philosophe , ou l'Ami des sourdsmuets; William Hôlder, ecclésiastique, recteur de Blechington ; Degbry et Gregory, autres Anglais ( 1 );’Van Helmont, médecin hollandais, qui prétendait être parvenu à mettre, dans trois semaines, un sourd-muet en état de répondre aux questions qui lui étaient adressées, et s’imaginait que la langue hébraïque devait se prêter, mieux que toute autre, à l’enseignement de l’articulation ; Conrad Amman, médecin suisse, établi en Hollande, qui nous a laissé deux ouvrages auxquels l’abbé de l’Epée reconnaissait un mérite réel, l’un intitulé: Surdus loquens, le sourd parlant (Amsterdam 1692), l’autre: Dissertation sur la parole , (id. 1700);

(1 ) Je dois faire remarquer que ces trois derniers ne se livrèrent que très superficiellement à l’étude de l’art.

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