‹ La surdi-mutité (volume 2)Chapitre 24 sur 221 · PREMIÈRE PARTIE.—CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE.—CHAPITRE I

Kerget, en Allemagne, dès le commencement du XVIII e siècle ; Georges Rapbel, son compatriote, qui avait parmi ses propres enfants, trois sourdes-muettes, qu’il éleva luimême, avec toute la tendresse d’un père; Othon Benjamin Lasius, supérieur ecclésiastique à Burgdorff; le pasteur Arnoldi, dont le nom est recommandé à la mémoire des amis de l’humanité, tant par sa charité évangélique, que par soo dévouement dans cette tâche difficile.

Vient, enfin, Heinicke, saxon d’origine, d’abord cultivateur, militaire, instituteur, chantre à Eppendorff, près de Hambourg, puis directeur de l’école des sourds-muets fondée à Leipsick par l’électeur de Saxe, maître habile, qui signale son installation par des découvertes pleines de sagesse et de sagacité, mais qu’on voit, avec peine, rabaisser sa nouvelle dignité en attaquant avec acrimonie les principes de l’abbé de l’Epée, auxquels il a l’absurde prétention de vouloir substituer les siens.

Nous empruntons aux Annales de l'éducation des sourdsmuets, rédigées par M. Edouard Morel, professeur de la classe de perfectionnement à l’institution nationale de Paris, une notice biographique sur Heinicke, due à notre confrère le docteur Muller, et que uous croyons devoir reproduire ici.

« Ce que l’abbé de l’Épée a été pour la France, dit M. Muller, Samuel Heinicke le fut pour l’Allemagne. Tous deux sont inventeurs d’une méthode spéciale pour l’enseignement des sourds-muets : de l’Epée, inventeur de ia méthode basée sur la mimique et le langage des gestes ; Heinicke, inventeur de la méthode basée sur la langue écrite et parlée. Après avoir instruit plusieurs sourds-muets.

d’après sa théorie, avec un plein succès, Heinicke fut appelé à Leipsick, en 1778, par l’électeur Auguste-Frédéric, pour y fonder un Institut de sourds-muets, dont la direction lui fut confiée. De là l’enseignement des sourds-muets se propagea dans les États d'Allemagne, parce que les gouvernements allemands envoyèrent des instituteurs auprès de Samuel Heinicke pour apprendre de lui l’art d’instruire les sourds-muets. Le margrave Charles-Frédéric, qui devint, un peu plus tard, duc de Bade, philantrope éclairé, qui prit à cœur le bien-être de son peuple, imita cet exemple ; il envoya Hemeling, jeune théologien plein de mérite, auprès de l’abbé Sicard, à Paris, auprès de Samuel Heinicke, à Leipsick, auprès de l’abbé Storck, àVienne, pour apprendre parfaitement l’art d’instruire les sourds-muets- Après son retour en 1783, on fonda à Carlsruhe un Institut de sourds-muets, avec trois places gratuites pour les pauvres enfants. Hemeling en fut nommé directeur et premier instituteur. Il mourut à Carlsruhe, en 1817, avec le titre de conseiller privé et de bibliothécaire en chef de la cour, et eut pour successeur, en 1818, M. Koenig, membre du conseil de l’instruction publique, formé dans l’art d’instruire les sourds-muets par Hemeling et par l’abbé Sicard, à Paris. Koenig suivit comme Hemeling, la méthode de Heinicke, c’est-à-dire qu’il employa la parole combinée avec la mimique naturelle et le langage des gestes. »

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