PREMIÈRE PARTIE. —CHAPITRE III
de Pesth; le directeur, M Semon, est un élève de May, de Vienne.
La ville de Prague, en Bohême, possède une école de sourds-muets, fondée par un simple religieux, le P. Domir nique Seehr, dont le nom mérite d’être consigné dans les fastes de la bienfaisance. Le plus distingué de ses élèves, Weisbach, sourd-muet, est parvenu à pouvoir prononcer une harangue dans un des examens pubiicsque le P. Domi~ Dique fait subir, de temps en temps, à res élèves. (4).
Munich, capitale de la Bavière, renferme une école publique, qui est une colonie de celle de Vienne. En Saxe, on trouve à Leipsiek l’établissement de Heinicke, l’un des plus anciens de l’Europe, dirigé par la veuve de cet instituteur, et par M. Petschke, dont on dit beaucoup de bien. Dans cette maison on ne suit pins servilement la méthode de Heinicke, connu par sa dispute avec l’abbé de l’Epée,
L’École de Berlin. — Eschfce. — Expériences galvaniques.
— Le Massieu dn Nord, Bafeemass
L’école, établie à Berlin par Eschke , est la seule qu'il y ail dans les états prussiens. Les uns élèvent Eschke au point de le placer au-dessus de tous les instituteurs de sourdsmuets, les autres l’abaissent au dernier rang; les critiques qu’il a essuyées, ne paraissent pas être absolument dénuées de fondement, mais l’on en doit mettre une bonne partie sur le compte d’une fâcheuse querelle qu’Esehke a eue avec les partisans du galvanisme. Ceux-ci l’accusent d’avoir, à dessein , contribué'au non succès des expériences de ce genre tentées sûr ses élèves. Quoi qu’il en soit, tous les voyageurs
U) Voyage du docteur Franck, de Vienne, p. 99.
ont été frappés du premier aspect de son école. Ses élèves le regardent comme un père; il passe presque tous les instants de sa vie au milieu de cette famille adoptive. L instruction générale y est très-bonne, au rapport de ceux qui n’ont vu l’établissement qu’en passant; mais les hommes instruits, après l’avoir mûrement examiné, remarquent qu’à l’exemple de l’abbé Sicard, Eschke s’occupe trop à développer, avec un grand appareil de métaphysique, les talents de deux ou trois élèves, et que les soins qu’il prend pour perfectionner et produire en public ces élus, lui font un peu perdre de vue la masse de ceux que le ciel a dotés d’une capacité moindre. Ce brillant défaut n’est que trop commun et d’un effet trop funeste dans les établissements des sourds-muets. Le Massieu de cet abbé Sicard du nord est le sourd-muet Habermass; il a été nommé adjoint d’Eschke. « C’est, a dit Malte-Brun, dans le Journal des Débats , de ventôse an XIII, on jeune homme d’un talent extraordinaire; il parle très distinctement et comprend tout ce qu’on lui dit d’après la seule vue du jeu des muscles chez celui qui lui adresse la parole; on peut même lui dérober la vue immédiate des mouvements de la bouche, il lui suffit de voir ceux des joues et des mâchoires : c’est un degré de perfection vraiment admirable, en supposant l’absence de tout artifice. »
La Russie.—La Pologne.—La Suède.—Les Etats Danois.
—Comment les sourds-muets se parlent entr’eux. — Copenhague.
— Le docteur Castberg.
La Russiea vu naître quatre écoles de sourds-muets, fondées, de 1816 à 182o, par l’empereur Alexandre, à Saint- Pétersbourg, à Moscou, à Romanova et a Odessa, (pour les provinces méridionales).
L’Institut de Varsovie a été créé, de 1820 à 1822, par