‹ La surdi-mutité (volume 2)Chapitre 43 sur 221 · PREMIÈRE PARTIE.—CHAPITRE III · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE.—CHAPITRE III

transcrire ici .Toute l’habileté du panégyriste le plus éloquent n’approcherait pas de cet hymne entonné par l’élan de la plus pure reconnaissance :

« C’est un devoir bien doux à mon cœur d’offrir à la mémoire révérée de Saint-Sernin le tribut de ma profonde et éternelle gratitude. Aussi modeste qu’humain , il n’a jamais pensé qu’à notre utilité ; dédaignant une vaine gloire que tant d’autres recherchent avec empressement, il nous a consacré , en silence, toute sa vie et toute sa fortune. Sa perte a été un grand malheur pour l’école. Possédant une manière d’enseigner qui lui était particulière, il paraissait se jouer, pour ainsi dire, des difficultés qui arrêtaient les autres ; l’excellence de sa méthode est attestée par le grand nombre d’élèves et de professeurs formés à son école. Quelle jouissance pour mon cœur de me rappeler mes premiers pas dans l’instruction ! Et, en même temps, de les rapporter à l’ami généreux qui les a guidés et m’a aplani le chemin avec une habileté que je désespère jamais d’atteindre ! Il ne craignait pas d’entrer dans les détails les plus minutieux, si souvent dédaignés par l’orgueil des savants du jour, mais si précieux pour les sourds-muets. Ce n’étaient que des miettes de la vaste table des connaissances humaines, mais ces miettes étaient fécondes... Yoilà avec quelle tendresse vraiment paternelle, avec quelle patience, et surtout avec quelle bonté de cœur, cet homme bienfaisant commençait l’instruction de ses enfants, et cultivait ces jeunes plantes que la religion et l’humanité lui avaient confiées. Lui, du moins, comprenait combien ce dépôt est sacré et n’en abusait pas pour étendre au loin une réputation usurpée. C’était la Providence de ces pauvres enfants. Quelle simplicité dans ses mœurs comme dans ses leçons ! Il aurait fallu être entièrement borné pour

ne point le comprendre. Ah ! que Dieu le récompense et lui rende au centuple tout le bien qu’il nous à fait ! »

Nous nous félicitons d’avoir pu montrer l’élève à côté du maître; lès talents et les sentiments de l’un sont le plas bel éloge de l’autre.

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