‹ La surdi-mutité (volume 2)Chapitre 49 sur 221 · PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE IV

obligé de suivre, un à un, tous les degrés qui y mènent ; voilà pourquoi, si l'un peut se lancer, d’un seul bond, dans toute espèce de carrière, l’autre n’y peut entrer qu’en tâtonnant, à pas timides, mesurés, courant risque, à chaque instant, de s’égarer dans sa roule. La sensation-idé-e et la sensation-signe sont donc, au fond et intrinsèquement parlant, une seule et même chose à peu près; mais l’une sert à compléter l’autre. La première frappe rarement le parlant sans amener la seconde, de sorte que l’idée, chez celui-ci est toujours plus complète comme résultant de plusieurs impressions qui concourent à la produire. Il n’en est pas ainsi du sourd-muet: il acquiert, comme nous l’avons démontré, l’une et l’autre sensation séparément ; et l’on peut dire qu9 les premières idées qu’il s’assimile, sont, en quelque sorte, dépareillées ou incomplètes, si l’on veut. Puis, à moins d’admettre les idées innées, aucune idée quelconque ne parvient jusqu’à lui sans l’intermédiaire des sens. L’œil, chez le sourdmuet, c’est la porte des idées. Privé de l’ouïe, de cet organe initiateur, il est abandonné auxi ressources de son esprit, et, seul, au milieu des voix qui échangent dans l’air toutes les richesses intellectuelles, il ne lui reste dans le monde qu’un moyen de combler les lacunes de ses connaissances et de perfectionner son éducation. Cet unique moyen, il ne le trouve que dans une lecture soutenue, appliquée et continuelle.

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