‹ La surdi-mutité (volume 2)Chapitre 55 sur 221 · PREMIERE PARTIE.— CHAPITRE V · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE.— CHAPITRE V

plus tôt, un programme d’enseignement, applicable aux six classes de l’institution.

Nous nous proposons d’esquisser, dans la suite de cet ouvrage, un plan d’éducation,ou plutôt un cours d’instruction en miniature, accompagné de quelques modèles de leçons, et ayant pour but de donner à nos lecteurs une idée de l’enseignement pratique de la langue des sourds-muets. Contentons-nous, en attendant, d’indiquer sommairement ici les matières qui composent le programme adopté par les professeurs de l’École de Paris. Nous les empruntons aux excellentes Annales de l’Éducation des sourds-muets, publiées par M» Edouard Morel, et ce ne sera pas la seule conquête utile dont nous leur serons redevable.

Ce recueil renferme, dans les 3 e et 4 e numéros du 1 er volume, ce programme que les professeurs ont adopté en 1837, et qu’ils suivent depuis cette époque, en mettant toutefois à profit les améliorations indiquées par l’expérience et le progrès de la méthode. Les matières de la première année y sont les suivantes : les élèves apprennent à connaître les objets les plus usuels qui les entourent; les vêtements; les aliments; les boissons; les parties du corps humain; les objets dont on se sert dans une classe et pour le travail de bureau ; les objets relatifs aux travaux d’aiguille et à la toilette; les animaux domestiques et sauvages ; les meubles ; la maison et ses parties; le jardin, les arbres, les fruits et les fleurs; les ustensiles de ménage, ceux de cuisine, la vaisselle et le service de table; les premiers degrés de parenté ; les dénominations de l’homme selon son sexe, son âge et sa condition ; les noms propres ; les ouvriers, leurs matériaux, leurs outils et les objets qu’ils confectionnent ; les besoins corporels et spirituels de l’enfant, et

les moyens de les satisfaire ; la division du temps, les jours de la semaine, le jour et la nuit, le ciel et les astres ; les phénomènes les plus ordinaires de l’atmosphère, tels que la pluie, la grêle, la neige, le vent, le tonnerre ; la classification des objets ; les noms généraux. Certes ce serait déjà un vaste et riche domaine à parcourir et à cultiver, alors même qu’il s’agirait seulement d’apprendre à connaître et à nommer, dans chacun des ordres indiqués, les choses avec lesquelles l’enfant se trouve journellement en contact immédiat. Cependant, les matières de l’enseignement ne sont pas encore épuisées, même sons le rapport matériel. Les mots qui désignent les choses, ne doivent pas être présentés à l’élève isolément, mais dans de petites phrases simples; il faut donc lui enseigner encore les principaux adjectifs et verbes qui se rapportent aux idées, aux objets désignés, ce qui augmente et agrandit considérablement la tâche du professeur. En ce qui concerne l’enseignement des formes de la langue, les élèves apprennent à connaître les articles ; les pronoms démonstratifs et possessifs ; le genre et le nombre dans les substantifs et autres parties variables du discours; l’accord de l’adjectifet du participe passé avec le substantif; les pronoms personnels et interrogatifs; les verbes réguliers et irréguliers, neutres et impersonnels ; leur conjugaison dans les trois temps absolus, sous les formes expositive, interrogative et impérative; les prépositions et les adverbes les plus ordinaires, et quelques conjonctions. Les mots, les phrases et les formes de la langue qui ont été exposés à l’élève, il les retient par cœur et les répète de mémoire par l’écriture, la dactylologie, les signes mimiques et « autant que possible», par l’articulation artificielle. Il exprime, par écrit, dans de petites phrases, des actions qui se passent sous ses

Page 1