‹ La surdi-mutité (volume 2)Chapitre 62 sur 221 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE VI

lecteurs, nous nous bornerons à exposer ici, d’une part, la théorie de la méthode de M. Piroux, de l'autre, la pratique de celle de l’abbé Chazottes. Convaincu de notre insuffisance à faire prévaloir notre jugement personnel sur le mérite respectif de l’un et de l’autre de ces instituteurs, nous laisserons parler l’un et nous indiquerons, avec quelques détails, la route que suit l’autre. Ce sera, à notre avis, le meilleur compte rendu qu’on puisse exiger de nous :

Enseignement et étude.

« Qui ne sait, a dit M. Piroux (1), qu’en matière d’instruction élémentaire le principe de la véritable méthode est encore à trouver ? On s’accorde, cependant, sur la définition de la méthode en général. Chacun répète qu’elle est la manière dont on doit procéder dans certaines opérations ; mais là s’arrêtent, en quelque sorte, tous les développements. Tâchons de les porter plus loin.

» On n’ignore pas que, pour produire toute instruction, deux opérations, qui correspondent, l’une au rôle du maître, l’autre au rôle de l’élève, sont indispensables. La première se nomme enseignement proprement dit; la deuxième se nomme étude. Or, chacune de ces opérations passe pour devoir être réglée par une méthode à part. Dans certains cas, l’une se nomme encore méthode de doctrine ou synthèse , et l'autre, méthode d’invention , ou analyse. Mais, selon nous, l’art d’instruire la jeunesse ne saurait être exclusivement l’une ou l’autre de ces deux marches à suivre. En effet, cet art suppose, dans son applica-

(1) L'Ami des Sourds-Muets,

i, n» 8 (juin 1840.)

tion, toutes les relations qui peuvent s’établir entre le maître et l’élève : or, pourrait-il atteindre son but, s’il ne participait pas simultanément de la synthèse et de l’analyse, s’il n’était pas mixte dans sa nature ? L’intelligence humaine ne semble-t-elle pas aussi traverser deux périodes successives, dont l’une fait insensiblement place à l’autre? La première, qui porte essentiellement sur les sensations, l’attention, la comparaison et le jugement, se nourrit de faits ; la seconde, qui est dominée par le raisonnement, ne roule guère que sur des principes généraux; mais c’est surtout quand il s’agit de l’instruction des sourds-muets que l’on est frappé de cette vérité. Aussi, sommes-nous assuré que le maître qui saura unir le plus habilement son esprit avec celui de son élève, ou, en d’autres termes, la synthèse avec l’analyse, surpassera de beaucoup le précepteur qui laissera subsister un trop grand intervalle entre lui et son disciple.

Instruments de communication, instruments de représentation, instruments

d’action.—La mimologie.—La dactylologie.—La mimograpUie et l’écriture.

—La pbonalogie et la Iabiolégie.

» Mais il ne suffit pas, continue M. Piroux, d’avoir déterminé le principe de la méthode, il convient encore de rechercher quels sont le nombre et la nature des divers instruments à employer dans la pratique. Sans entrer à cet égard dans tous les détails propres à légitimer notre opinion, nous dirons qu’il en existe de trois sortes :

» 1° Instruments de communication.

» 2° Instruments de représentation.

» 3° Instruments d’action.

» La communication est, ou manuelle, comme dans la mimologie (langage des gestes), et la dactylologie (al-

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