‹ La surdi-mutité (volume 2)Chapitre 93 sur 221 · PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE VIII

ressement dignes de plus heureux succès. Le nombre des élèves qui accouraient des départements circonvoisins à l’école de Comberry, s’en va, chaque jour, en décroissant, singulier et étrange contraste qui montre de plus en plus qu’on a eu toute espèce d’encouragements pour un incapable, et qu’on laisse le capable en butte à toutes les difficultés de sa position.

Méthode d’enseignement de Clandins Forestier. — Ses avantages Incontestables. — Soins affectueux dn directeur de Lyon.

Lacommission de surveillance de l’institution des sourdsmuets de Lille ayant demandé à Forestier quelle était la méthode d’enseignement qu’il avait adoptée et qu’il faisait suivre dans son école, voici quelle a été sa réponse :

« Cette locution, méthode d’enseignement, paraîtra peutêtre trop générale à un instituteur expérimenté. Pour se rendre un compte exact de tout l’ensemble d’un système complet d’instruction, il faudrait le diviser en trois classes principales, dépendant l’une de l’autre, et qui en seraient les bases fondamentales, savoir : 1° le moyen de communication à adopter pour conduire le sourd-muet à la connaissance de la langue maternelle; 2° le point de départ à fixer et la route à suivre pour arriver au but qu’on se propose; 3° les procédés ou démonstrations à adopter pour aider l’intelligence du sourd-muet, lui faire saisir moins difficilement les leçons ou les explications, les graver profondément dans sa mémoire et former, exercer et fortifier son jugement.

» Ainsi je commence par poser cette question : quel moyen de communication employez-vous pour initier le sourd-muet à la connaissance de la langue maternelle?

» Il en existe deux différents qui sont en présence :

1° /’articulation et la mimique. On n’ignore pas* sans doute, que l’invention du langage articulé est due à Pedro de Ponce, bénédictin espagnol, et la résurrection du langage mimique, dans les temps modernes, à l’abbé dé l’Épée.

» La mimique elle-même se subdivise en deux branches : les signes méthodiques conventionnels ou grammaticaux. , et les signes naturels. C’est Bébian qui le premier a adopté les derniers. Je donnerai aux premiers la dénomination de mimique de l'abbé de l’Épée, aux seconds, celle de mimique ou signes de Bébian.

» Les signes de l’abbé de l’Épée ont été adoptés et sont en usage dans les écoles soumises à la direction de l’abbé Lavaux, et dans plusieurs écoles départementales ou privées. Les signes de Bébian ont prévalu dans les institutions de Paris, de Bordeaux, de Lyon, de Toulouse, de Rodez, de Nancy, etc. 11 n’est pas difficile de voir que j’ai préféré la mimique de Bébian, mon ancien maître, qu’une longue expérience m’a fait reconnaître, d’ailleurs, comme la voie la plus facile, la plus sûre, pour conduire le sourdmuet à la connaissance de la langue maternelle.

» Passons maintenant à une autre question : quel point de départ avez-vous fixé ? quelle route faites-vous suivre à vos élèves pour les mener au but que vous vous proposez d’atteindre?

i Nous nous sommes fait une loi de procéder avec nos élèves du connu à l’inconnu, de diviser le plus possible les difficultés qui hérissent la route, et de ne les présenter jamais qu’une à une, à leur attention.

» Nous arrivons, enfin, à la question qui suit :

» Quels sont les procédés que vous avez adoptés pour

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