‹ La surdi-mutitéChapitre 106 sur 181 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

DE l’assistance DONNÉE AD SODRD-MDET EN FRANCE. — SÉANCE GÉNÉRALE DE

NOTRE SOCIÉTÉ EN 1849 A l’hÔTEL DË VILLE DE PARIS. - DISCODRS DE

K. PIORRY, PEOFESSEDR A LA FACDIIÉ DE MÉDECINE, VICE-PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ. —COMPTE-RENDD PAR LE FONDATECR DE l’oECVRE. — LECTCRE DES STATUTS DE LA SOCIÉTÉ PAR CN DES SECRÉTAIRES.

Assistance donnée au sourd-muet en France.

La France , si tardive à doter les sourds-muets de l’éducation , ne l’est pas moins à leur accorder le bienfait de l’assistance. Toutes les autres infirmités, toutes les autres conditions malheureuses de la vie, aveugles, aliénés, enfants trouvés, semblent avoir excité à un assez haut degré la sollicitude des législateurs, pour les déterminer à établir en leur faveur des lois protectrices ; le pauvre sourdmuet seul , malgré sa position exceptionnelle, ne leur a pas paru suffisamment digne de fixer leur attention , digne d’exciter leur intérêt.

Il était réservé à la charité publique d’ouvrir, la première, la voie des réformes et du progrès en faveur de l’éducation et de l’assistance de ces infortunés , et de compléter à leur égard l’œuvre de l’immortel abbé de l’Épée. Toutes les intelligences , tous les cœurs , restés si longtemps froids, impassibles et muets comme la langue de ces malheureux, se sont enfin émus de leurs misères, leur ont tendu une main secourableet leur ont offert aide et protection en attendant le jour où des lois sagement conçues et

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pleines d’humanité viennent leur rendrejusticeet leur assurer leurs droits.

Depuis bien des années , nos rapports avec un grand nombre de sourds-muets nous avaient révélé leur intelligence, leurs sentiments nobles et généreux, et appris le douloureux abandon dans lequel ils gémissaient. Aussitôt que les circonstances nous l’ont permis, nous avons essayé de porter un remède efficace à cet état de choses , en élargissant la voie des recherches propres à combattre leur infirmité, en organisant, pour ces infortunés, l’assistance médicale dans Paris, et la leur faisant répartir par des médecins susceptibles de comprendre leurs souffrances et de communiquer avec eux.

C’est vers la fin de 1842 que la première clinique pour le traitement de la surdi-mutité et des affections des yeux et des oreilles fut créée par nous à Paris. C’est aussi à la fin de cette même année que nous jetâmes les fondements de l’assistance médicale pour les sourds-muets , avec l’intention d’en provoquer l’extension sur les divers points de la France.

Encouragé parles services que rendait aux malheureux celte assistance médicale , organisée dans tous les arrondissements de Paris , avec le bienveillant concours de nos confrères, nous avons essayé, à plusieurs reprises , depuis cette époque, d’étendre notre œuvre, en procurant encore au sourd-muet l’assistance morale, intellectuelle et physique sur une base aussi large que possible.

Enfin , en 1849, nous avons agrandi le cercle de notre société , en faisant un appel à toutes les âmes généreuses et charitables. Cet appel a été entendu et le succès de notre création a dépassé notre attente.

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