‹ La surdi-mutitéChapitre 107 sur 181 · QUATRIÈME PARTIE.-CHAPITFiE VI · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE.-CHAPITFiE VI

Nous voudrions pouvoir citer ici, à côté des noms des professeurs sourds-muets de l’Institution nationale MM. Berthier, Lenoir et Pélissier, ceux de tous leurs compagnons d’infortune de Paris qui assistèrent à la réunion qui eut lieu à notre clinique en 1849. Dans cette séance, ces professeurs procédèrent eux-mêmes à la lecture et à l’explication du règlement de l’œuvre et de son but, ainsi qu’à la nomination des délégués sourds-muets.

Le bureau fut ainsi composé :

Sur notre proposition , M. Berthier en agréa la présidence, et MM. Lenoir et Pélissier, les seuls professeurs sourds-muets présents à Paris, voulurent bien accepter les fonctions de secrétaires. Ainsi tous les professeurs sourds-muets de l’Institution nationale, moins un qui était absent, donnèrent leur adhésion à cette première œuvre d’assistance , qu’ils avaient acclamée dans le dernier banquet anniversaire de la naissance de l’abbé de l’Épée.

MM. les professeurs Berthier, Lenoir , Pélissier et MM. Imbert et Gazan, furent investis des fonctions de délégués, qui leur furent conférées par l’élection de tous les sourds-muets présents à la séance.

Les suffrages se partagèrent de la manière suivante : MM. le comte de Gazan, Lenoir et Pélissier, ayant réuni le plus grand nombre de voix , furent nommés délégués titulaires. MM. Imbert et Berthier, en ayant obtenu un moindre nombre, reçurent le titre de déléguésadjoints.

Ainsi , comme on vient de le voir, tandis que, de toutes parts, ceux qui s’intéressent aux sourds-muets, en étaient encore à faire des vœux pour l’amélioration de leur sort ,

notre société s’élançait seule dans les voies de la pratique, cédant aux pressantes sollicitations de ces infortunés eux-mêmes, qui, en nous remerciant avec elfusion, dans une circonstance solennelle , d’avoir organisé en leur faveur, depuis plusieurs années, l’assistance médicale, nous suppliaient- d’en développer le principe et d’en étendre les bienfaits à tous leurs besoins.

Sur le modèle de notre œuvre , d’autres associations se sont formées, plus tard, pour venir également au secours du sourd-muet; et bientôt l’assistance dont nous avons été assez heureux pour donner le premier exemple , se généralisera, nous l’espérons, sur tous les points de la France.

Notre société s’est occupée, aussi, de créer, dans les différents quartiers de la capitale, des externats de sourdsmuets , et de les annexer à des écoles primaires de parlants. Nous avons trouvé dans cette combinaison l’avantage d’établir, de bonne heure, des relations' sociales entre les parlants et les sourds-muets ; de détruire, à l’égard de ces derniers, les préjugés dont ils ont eu longtemps à gémir ; de développer chez eux la parole , et de les admettre tous au bénéfice de l’éducation publique sans frais trop considérables.

Il existe aujourd’hui un grand nombre de sourds-muets qui, victimes de notre l^islation, sont arrivés à l’âge adulte sans avoir pu profiter des bienfaits de l’enseignement.

Nous avons fondé pour eux à notre clinique de Paris , et sur d’autres'points de la capitale, des cours spéciaux d’instruction élémentaire et complémentaire.

Ces cours ont déjà rendu de grands services en affran-

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