QUATRIÈME PARTIE-CHAPITRE VI. ai
de la Doctrine chrétienne et les sœurs de Charité, ont proposé, comme nous l’avons dit), de se charger de ceux de leurs arrondissements avec ce zèle affectueux qui ne fait jamais défaut aux malheureux qui l’invoquent, et d’ouvrir des classes du soir pour les adultes sourds-muets que le défaut d’instruction prive d’une partie de leurs droits civils. Des personnes au fait de la langue des sourdsmuets et des procédés mis en usage pour leur éducation, nous ont, d’un autre côté, offert spontanément leurs services pour introduire ces nouveaux adeptes, pleins de bon vouloir, dans le sanctuaire de cet enseignement spécial, et nous croyons pouvoir également compter, et sur le dévouement de ces maîtres éprouvés, et sur les progrès de ces autres maîtres qui consentent à redevenir élèves dans le seul but d’agrandir le cercle de ceux qui pourront suivre à l’avenir leurs leçons.
» Celte extension inattendue, donnée chez nous au domaine de l’art d’instruire les sourds-muets, aura pour eux un autre avantage, celui de généraliser, de plus en plus, dans leurs rangs, l’enseignement de la parole. 11 déchargera, en outre, le gouvernement de frais considérables, en préparant, dès l’âge de quatre à cinq ans, les pauvres enfants^ qui n’entrent que de dix à onze dans les institutions spéciales, et qui, dès lors, ou y arriveront avec un commencement d’éducation qu’ils ne soupçonnaient pas jusqu’à ce jour, ou pourront même, dans le plus grand nombre de cas, se dispenser d’y entrer en achevant d’acquérir dans les écoles primaires les connaissances suffisantes à la modeste carrière qu’ils sont appelés à parcourir.
» Après la santé de l’àme et de l’intelligence, la santé du corps ! Cn service médical pour les sourds-muets, orga-
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nisé depuis 1842, prendra, nous l’espérons, une extension suffisante pourne laisser sans soulagement aucune de leurs souffrances physiques. De nombreux praticiens éprouvés se sont mis spontanément à notre disposition, et nous sommes heureux de pouvoir vous annoncer que, sous ce rapport, notre Société d’assistance et de prévoyance n’a plus rien à désirer; que tous les secours de la faculté sont mis à la disposition des sourds-muets de Paris, et que plusieurs d’entre eux, ayant été à même de proliter de ce bienfait, nous en ont adressé des remercîments qui sont déjà pour notre cœur la plus douce des récompenses.
» Des pharmaciens désignés délivrent déjà gratuitement aux sourds-muets nécessiteux tous les remèdes prescrits par les médecins.
» A côté de l’assistance médicale nous avons voulu créer une assistance judiciaire.
» Dans chaque arrondissement de Paris, un avocat est à la disposition des sourds-muets qui peuvent avoir besoin de son ministère. Il leur offre des consultations gratuites sur toutes les questions qui les intéressent. S’ils sont traduits devant les tribunaux, il les défend gratuitement, dès qu’il y est autorisé par la société.
» Les divers moyens d’assistance que nous venons d’énumérer, offrent certainement de véritables avantages, nul ne peut le nier; mais, pour que ces moyens produisent tous les résultats que nous devons en attendre , il est nécessaire qu’un lien commun les réunisse en faisceau. Ce lien est le patronage. Il faut que les sourds-muets , de tout âge et de tout sexe, objet constant de la sollicitude éclairée de notre association , soient immédiatement dotés par ses fondateurs d’une bienveillance qui ne leur fasse jamais