‹ La surdi-mutitéChapitre 112 sur 181 · QUATRIÈME PARTIE. —CIlAriTRE VI · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. —CIlAriTRE VI

défaut, et qui les accompagne incessamment du berceau à la tombe. Pour atteindre ce but , il est à désirer que chacun de nos membres veuille bien s’engager, en se faisant inscrire sur nos listes , à devenir le protecteur, l’appui , le parrain d’une de ces innocentes créatures, à laquelle chacune de nos dames patronesses consentira bien volontiers de sa part , nous n’en doutons pas , à servir de protectrice et de marraine.

ï Déjà, dans nos divers arrondissements, ces dames charitables se sont organisées, choisissant, parmi elles, une présidente, une trésorière, une dame secrétaire, se partageant , selon leurs aptitudes et leurs goûts , l’assistance qui a pour objet l’instruction primaire , celle qui concerne les soins à donner aux malades, aux infirmes, les secours aux familles nécessiteuses , qu’il faut souvent savoir découvrir parce qu’elles rougissent de tendre la main. Elles s’occupent aussi du placement , soit comme apprentis, soit comme ouvriers, de leurs pupilles des deux sexes, et des moyens de leur assurer une éducation professionnelle qui hâte leurs progrès dans le métier qu’ils ont choisi, et les mette plutôt en état de gagner leur vie. Parmi ces anges gardiens de l’enfant pauvre, nous avons déjà le bonheur de compter des mères de sourds-muets qui se font un devoir de partager le superflu de leur richesse avec ceux que Dieu a voulu rendre les compagnons d’infortune de leurs fils bieu-aimés.

» Leur but comme le nôtre est d’opérer une fusion de plus en plus étroite, de plus en plus complète , entre les sourds-muets et les parlants , et de poursuivre , sans relâche, l’œuvre charitable de leur régénération si heureusement commencée par celui qu’ils appellent leur père inleUectîiel, l’admirable abbé de l’Épée.

1 Nous avons parcouru les divers degrés d’assistance que nous entreprenons de mettre en œuvre. Nous avons expliqué en quoi consistait le patronage qui doit les relier en faisceau. Il restait à établir un centre commun dans lequel il nous tardait de déposer nos pouvoirs transitoires , et qui , rayonnant sur les phases nombreuses de l’Association, leur donnerait, d’une part, une impulsion commune, et recevrait, de l’autre, les résultats épars de leurs travaux pour les classer avec ordre et méthode.

n Dans ce but, nous avons proposé, et vous avez bien voulu admettre la division de notre Société en six comités ;

» 1° Des voies et moyens; 2“religieux; 3“ de l’assistance ; 4“ de l’éducation; 5® médical; 6° judiciaire. Tous ces comités fonctionnent déjà.

> Cependant un simulacre d’obstacle s’est dressé tout à coup, dès leurs premiers pas, devant le zèle de plusieurs de nos membres, prêtsà se faire inscrire sur la liste de teloutel de ces comités. C’est l’apparentedifficulté qu’ils craignent d’éprouver dans leurs communications avec les sourdsmuets.llnefautpasoublier, toutefois, qu’il ne s’agit pas ici d’étudier à fond et d’apprendre en détail les divers moyens de dispenser une éducation complète à ces malheureux , mais simplement d’entrer en relation facile avec eux, soit par la dactylologie , reproduisant à l’aide des doigts les diverses lettres de l’alphabet ordinaire dont se composent les mots de notre langue , soit par la mimique naturelle , langage idéologique qui peint la pensée et non l’expression , soit par les deux moyens tour à tour.

s Or, pour posséder le premier, quelques jours d’étude et quelques semaines d’usage sont à peine nécessaires. Pour réussir dans le second , il ne faut , avec de la bonne

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