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DEUXIÈME DIVISION

Institution d’Aix-la-Chapelle.

La première institution qui , dans cette contrée , a fixé mon attention, est l’école primaire d’Aix-la-Chapelle. Ce modeste externat annexé à l’école communale, est vraiment digne de l’intérêt et des méditations de l’observateur. 11 reçoit chaque jour, comme cela se pratique en France pour les parlants, les élèves sourdsmuets des deux sexes de la ville entière et des alentours, depuis l’âge de trois ou quatre ans, jusqu’à celui ou leur éducation est achevée.

L’instituteur , jeune homme de talent , n’a d’autres appointements qu’une modique allocation annuelle de 1,100 francs, moyennant laquelle il dispense sans autres frais pour la commune, la province ou le gouver-

RAPPORT A M. l£ MINISTRE DE L’INTÉRIEUR. 463 nement , rinstruction à ses élèves dont le nombre varie de douze à seize.

De retour, chaque soir, dans leurs familles, ces enfants y trouvent d’autres maîtres naturels qui les exercent à la pratique de l’articulation et de la lecture sur les lèvres; ces mmtres naturels sont le père et la mère, le frère ou la sœur, c’est la famille entière, c’est la société parlante avec laquelle ils sont en rapport pendant les autres heures de la journée, et dans laquelle ils sont destinés à passer le reste de leur vie.

Ces enfants après six, huit et dix années d’étude, possèdent le langage de leurs parents , et la faculté de lire la parole sur les lèvres, ils conversent indistinctement avec tout le monde, et, si leur voix n’a pas toujours le charme de celle des parlants, on ne peut lui contester, du moins, l’avantage de les mettre en relation directe avec eux , et de les soustraire à un déplorable isolement.

lusütution de Cologne.

Les observations que j’ai faites à Aix-la-Chapelle, j’ai eu l’occasion de les renouveler à l’institut de Cologne, externat composé de quarante à cinquante élèves, qui a adopté également la parole pour base de son enseignement. On verra dans la description spéciale que j’ai faite de cette école, combien l’éducation y est habilement dirigée, et combien ses professeurs obtiennent d’heureux résultats de leurs efforts persévérants.

Institution de Francfort.

De Cologne je me suis dirigé sur Francfort où j’ai trouvé une institution toute de famille , fondée il y a

quelques années par M. Kosel. Celle école, conçue dans un senliment tout paternel , prend le sourd-muet dès sa plus tendre enfance et continue à l’environner d’une sollicitude touchante quand il quitte l’établissement. Le jour n’est pas éloigné où la France, grâce à la création récente de ses sociétés d’assistance en faveur des sourds-muets , se trouvera en mesure de procurer les mêmes avantages à ses élèves au sortir des institutions.

InsUlulion dé Pforzheim.

C’est le seul important dont jouisse le grand-duché de Bade que j’ai visité ensuite. Dirigé par M. Bach, il est ouvert à quatre-vingts élèves, et passe avec raison pour un des meilleurs de l’Allemagne. L’état supporte la plus grande partie de ses frais , chaque pensionnaire ne payant, selon la position de sa famille, que de 25 à 50 florins.

Instilution de Gmünd.

C’est à la fois un internat et un externat , et il est remarquable surtout par les succès qu’on y obtient dans l’enseignement de la parole articulée. Il occupe le premier rang parmi les trois établissements de ce genre que possède le Wurtemberg. Sa célébrité date du pasteur Jaëger qui est aujourd’hui ministre d’une paroisse rurale voisine. Ce directeur a écrit un livre des plus précieux pour l’enseignement des sourds-muets.

losülutio!! de V.'eis;enfeJs.

Cet établissement ne reçoit que des externes. Ils sont mis séparément en apprentissage chez des maîtres pour les initier plus aisément à la parole; c’est une des

RAPPORT A M. LE MINISTRE DE LTNTÉRIEÜR. 46S écoles de sourds-muets d’Allemagne qui offre à cet égard, les plus satisfaisants résultats.

Résumé.

En Prusse , les institutions de sourds-muets , sont généralement annexées aux écoles normales. 11 en faut excepter cependant les établissements de Berlin, de Cologne et d’Aix-la-Chapelle qui ont été fondés et sont entretenus par des sociétés de bienfaisance auxquelles l’État accorde des droits de corporation. Tous les autres ont été créés par l’État. Il n’en est qu’un seul, je crois, dans toute la monarchie, où les élèves soient logés et nourris. La plupart des Allemands que j’ai consultés sur la question de savoir si les externats de sourdsmuets leur paraissaient préférables aux internats, m’ont répondu afflrmativement ; cette opinion est du reste générale en Allemagne.

Il résulte de ce premier aperçu général , des observations que j’ai été à même de recueillir, et de l’examen des élèves que j’ai interrogés :

1° Que l’enseignement de la parole aidé de la mimique naturelle, de l’écriture, etc., etc., forme en Allemagne la base de l’éducation du sourd-muet, et que, pour ceux qui n’ont pas d’aptitude à l’articulation, on peut toujours, dans ks limiies de leur intelligence, les amener à lire la parole sur les lèvres ;

2“ Que, pour la culture de l’articulation, les externats bien dirigés sont préférables aux internats, et qu’ils offrent une source incontestable d’économie aux gouvernements qui les adoptent, puisqu’ils permettent tout à la fois d’étendre , à peu de frais , le bienfait de

l’éducation à tous les sourds-muets sans exception, et de les recevoir dès l’âge de quatre à cinq ans, âge éminemment favorable à l’étude de la parole ;

S° Qu’ enfin, ce genre d’établissement l’emporte sur tous les autres , en ce qu’il offre l’immense avantage de faciliter les moyens de rendre le sourd-muet à la société avec l’usage de la parole.

Les professeurs allemands pensent que le sourd-muet ayant plus besoin d’éducation que les autres enfants, est en même temps moins apte qu’eux à la recevoir. La parole dont il est privé le place dans une infériorité notoire à l’égard de son frère parlant pour tout ce qui tient aux relations sociales. La lui rendre est donc le problème que l’on doit chercher avant tout à résoudre. Comme ils le font justement remarquer, la mimique et la dactylologie ne le mettent en rapport qu’avec ses compagnons d’infortune ou avec quelques rares privilégiés, qui ont étudié ces moyens particuliers de communication ; elles ne lui ouvrent point l’accès de la grande famille parlante. C’est surtout par le langage des sons qu’une fusion complète s’opérera entre ces deux parties inégales de l’espèce humaine ; c’est le moyen le plus puissant d’abaisser les barrières qui tiennent le sourd-muet éloigné de la société.

On ne saurait donc admettre dans cet enseignement la mimique et la dactylologie comme but; ce sont de simples moyens d’introduction à l’intelligence raisonnée de la parole. Ils ne doivent être employés que dans les débuts, et il faut les interdire autant que possible aussitôt qu’ils peuvent être remplacés par l’ariicutation et la lecture sur les lèvres.

« En Allemagne, médisait M. Iluraeyer, professeur d’Aix-la-Chapelle, on se moquerait de l’instituteur qui choisirait pour but un de ces moyens, la daciylologie surtout. Cette méthode surannée est tout au plus bonne à pourvoir l’élève d’une instruction qui lui servira dans l’intérieur de l’école , mais il ne s’agit pas de former des sujets pour l’école seulement, il faut songer à leur avenir, à leur vie entière , qui doit s'écouler au sein de la société des parlaïUs. »

La possibilité du développement de l’articulation chez le sourd-muet est établie en Allemagne par une longue expérience, et par ce fait incontestcible que sur cent élèves qui ont achevé leur éducation , soixante-dix au moins sont aptes à se mettre en rapport journalier avec le monde extérieur au moyen de la parole.

Quant aux autres, qui n’arrivent, malgré leurs efforts, qu’à une prononciation faible, ou rude, ou peu nette , ils n’ont besoin, dans le cours de leur vie, que d’habituer les personnes qu’ils fréquentent à leur articulation défectueuse.

De ce qui précède, on peut donc conclure que le sourd-muet, chez lequel l’appareil vocal est bien conformé et exempt d’affection pathologique entravant ses fonctions, peut acquérir la parole de manière à se faire suffisamment comprendre de tout le monde. Dans la plupart des écoles allemandes , on arrive aux résultats satisfaisants que je viens d’exposer en commençant de très bonne heure l’éducation du sourd-muet. On s’attache d’abord à fixer l’attention de l’enfant sur le mouvement des lèvres et sur les diverses formes que prend la bouche dans la pratique de l’articulation.

Après cinq ou six semaines d’étude, il est d’ordinaire familiarisé avec ces sortes d’exercices. Dès qu’il sait distinguer un souffle d’un son et qu’il commence à comprendre le mécanisme de la parole , pour peu qu’il rencontre un maître doué de patience et de douceur, et qui connaisse bien les principes de l’articulation , il fera des progrès rapides, tandis que, mal dirigés, ces premiers exercices seront aussi fatiguants pour l’élève que pour le maître.

Lorsque de nouveaux enfants sont admis dans une école , on instruit d’abord chacun d’eux à part , mais aussitôt qu’ils ont acquis les premiers principes de l’articulation, on les réunit aux autres élèves. Nous avons vu des professeurs faire la classe à quinze et seize enfants à la fois. Lorsqu’ils sont familiarisés avec les premiers exercices, on leur fait écrire sur le tableau l’expression qu’on a surprise sur leurs lèvres , et vice versa. On les accoutume ainsi à reproduire par des sons les lignes écrites qu’on leur met sous les yeux, et on les amène graduellement à construire des mots, puis des phrases et au bout de deux années ils arrivent à pouvoir se servir de la parole dans leurs relations. M. Humeyer, instituteur à Aix-la-Chapelle, m’a assuré qu’il avait rarement besoin de ce temps et que plusieurs de ses élèves parvenaient à ces résultats après douze ou quinze mois d’études.

La méthode généralement employée pour l’enseignement de la parole consiste à faire reproduire successivement par l’articulation les voyelles , les consonnes et le nom des objets dont on présente la figure à l’enfant; on lui apprend ensuite les qualités, les propriétés de ces

RAPPORT A M. LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR. 469 objets et on l’habitue à les indiquer par la parole. Après un certain temps consacré à celte étude, .temps qui varie selon l’aptitude du sujet, on s’applique à lui enseigner les règles du langage. Au commencement de la quatrième année on peut déjà le faire assister avec ^ profit à des lectures faciles, sans néanmoins cesser de le soumettre aux exercices précédents.

Quelques instituteurs allemands ne sont pas d’avis qu’on recule autant qu’on le fait généralement l’époque des cours de lecture ; ils objectent que cette pratique offre l’inconvénient grave d’initier beaucoup trop tard l’élève au langage abstrait, métaphorique, et aux règles grammaticales.

Avec l’intelligence des secrets de la langue, on fait marcher de front l’observation visuelle qui n’est pas moins importante pour le sourd-muet que pour le parlant, puisqu’elle l’initie aux usages d’un monde où l’œil est destiné à remplir à son égard les fonctions de l’oreille. De la théorie on doit le faire insensiblement passer à la pratique , en l’habituant à se livrer avec ses camarades à des exercices de lecture sur les lèvres et à des conversations familières. Pendant les récréations, et durant les heures consacrées au travail dans les ateliers, on l’oblige à se servir de la parole.

Au bout de six ans, s’il a bien profité des leçons du maître , il sera en état de lire le premier livre venu et de se servir de la parole dans tous ses rapports journaliers.

Beaucoup d’élèves, à leur sortie de ces écoles, possèdent fort bien leur langue et expriment leurs idées à l’aide de la parole ainsi que de l’écriture.

Cependant, il faut l’avouer , l’accent de ces malheureux est d’autant plus vicieux qu’ils sont privés de l’ouïe à un plus haut degré. Ceux qui , leurs études achevées, ne savent pas prononcer tous les mots, appellent à leur ^secours la mimique naturelle et l’écriture.

Des ateliers ne sont pas toujours comme en Belgique et en France , attachés aux institutions , mais dans beaucoup de localités, telles que Cologne, Weissenfels, etc., quand les élèves ont atteint leur 14' année, on leur fait fréquenter, dans l’intervalle des classes, des ateliers de la ville où les garçons et les filles sont exercés à des travaux en rapport avec leur goût et leur constitution.

L’Allemagne commence aussi à s’occuper sérieusement du traitement des altérations organiques qui s’opposent à l’audition et à la production de la parole. Le nombre des enfants susceptibles de profiter de ces avantages , n’est ni plus , ni moins grand , dans ce pays que chez nous. Là, nous avons été heureux de rencontrer quelques médecins, nos anciens élèves, qui se livrent avec succès et sans entraves à l’application de nos principes. Convient-il bien à la France de rester stationnaire, quand tout marche et s’agite autour d’elle ?

Pourquoi faut-il que depuis la mort de l’abbé de l’Épée on se soit si longtemps opiniâtré à cultiver si peu l’articulation dans nos écoles , oubliant sans cesse que le sourd-muet n’est pas destiné à vivre uniquement avec ses frères d’infortune, mais avec la société entière? Cette nécessité de le former, autant que possible, à l’usage de la parole, est d’autant plus sentie de nos jours, qu’il est maintenant bien constaté

RAPPORT A M. LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR. 471 que ce malheureux ne donne pas généralement naissance à des enfants atteints de la même infirmité (1), qu’à Paris, il ne s’en trouve qu’un sur plus de cinquante ménages de sourds-muets que nous connaissons, et que lorsque par hasard on en rencontre, c’est presque toujours à un fait accidentel qu’il faut l’attribuer.

Au lieu donc de perpétuer parmi eux le mutisme, n’est-il pas plus logique, plus humain, plus charitable, de tout mettre en œuvre pour les initier au mécanisme de notre langue articulée, ’et d’essayer par tous les moyens possibles d’arriver à leur guérison?

La science démontre, et j’ai prouvé, je crois :

1° Qîie t appareil vocal du sourd-muet et celui du parlant sont , à de rares exceptions près , aussi régulièrement organisés l’un que l’autre;

2» Que les sourds-muets sont des individus atteints seulement de surdité;

3“ Que, dans tous les cas où l’appareil auditif ne peut être traité avec succès, toujours ou presque toujours il est possible à l’appareil vocal d’entrer en fonctions, sous l’influence non plus de l’excitation auditive, mais de l’exdtalion visuelle , imitative , et au moyen de t impression tactile des ondes sonores, la parole du sourd-muet qui entend, restant toutefois incomparablement plus nette, plus intelligible que celle du sourd-muet privé de l’ouïe.

Malgré les diflScultés que j’ai eues à surmonter, malgré les trop courts instants dont il m’a été permis de disposer, grâce aux sacrifices que je m’impose, grâce aux aides qui me prêtent leur concours , j’ai été

(4) En Allemagne, snr 107 enfants nés de 69 ménages de sourds-muets oa a compté seulement trois enfants affectés de surdi-mutité.

assez heureux pour rendre l’ouïe et la parole à un certain nombre de sourds-muets; je crois même avoir démontré que notre langue n’ offre pas , comme on s’est plu trop longtemps à le répéter , des difficultés insurmontcibles à l’individu atteint d’une surdité incurable , pour arriver à la possession de la parole et à la faculté de la lire sur les lèvres. Enfin, j’ai prouvé que les sujets appartenant à cette dernière catégorie étaient susceptibles de percevoir dans certaines limites les ondes sonores par d’autres organes que par celui de l’ouïe , et que cette connaissance pourrait aider notablement à l’étude du langage articulé.

Avec quelques modifications basées sur les principes que je viens d’émettre, les sommes qu’absorbent les deux institutions nationales de Paris et de Bordeaux serviraient non-seulement à répartir le bienfait de l’éducation entre un nombre bien plus considérable de sourds-muets, mais encore à rendre dans un temps donné à la société des enfants, les uns doués de l’articulation et de la faculté de la lire sur les lèvres , les autres en possession du double trésor de l’ouïe et de la parole. 11 s’agit , pour atteindre ces résultats , de faire un appel général au bon vouloir des instituteurs et des institutrices, de multiplier les 'externats de sourdsmuets, et de créer, dans ceux qui sont destinés aux parlants, un banc spécial pour nos infortunés; alors tous les sourds-muets de France participeraient à l’éducation; les sacrifices que l’État s’impose pour soutenir les deux institutions nationales seraient plus utilement employés, et les allocations que les conseils généraux font figurer dans leurs budgets pour élever

RAPPORT A M. LE MINISTRE DE L’INTÉRIEDR. A73 quelques sourds-muets isolés profiteraient à tous leurs frères.

Ces améliorations, Monsieur le ministre, si elles étaient prises en sérieuse considération par vous et par l’Assemblée nationale, ouvriraient, si je ne me trompe, la voie la plus sûre et la plus facile pour arriver :

1° A répartir entre tous les sourds-muets de notre pays une éducation appropriée à leurs besoins ;

2° A permettre au plus grand nombre de ces malheureux de pouvoir se servir de la parole.

Outre les perfectionnements qu’elles apporteraient dans l’éducation du sourd-muet, outre la possibilité de la leur donner à tous, elles offriraient encore le précieux avantage de ne pas augmenter sensiblement le budget de votre département.

Les institutions de Paris et de Bordeaux resteraient, si l’on adoptait ce projet, comme écoles de perfectionnemeni pour les élèves qui montreraient des dispositions à recevoir une instruction supérieure ou qui seraient susceptibles de guérison. Ces deux établissements serviraient de plus à former des maîtres qui se répandraient sur tous les points du territoire pour y semer le germe d’une nouvelle méthode d’éducation. Les médecins qui se destineraient à cette spécialité viendraient , à leur tour, y puiser un enseignement clinique qui leur permettrait d’étudier les affections dont ces malheureux sont atteints et les moyens de les soustraire au mutisme.

Il suffira, je n’en doute pas. Monsieur le Ministre , de signaler ces avantages à votre attention , pour que la France soit bientôt dotée d’un enseignement plus en harmonie avec les besoins des sourds-muets , avec les

i~i ÉCOLES DE SOURDS-MUETS ALLEMANDES,

perfectionnements obtenus à l’étranger et avec les progrès qu’a faits chez nous , depuis quelques années , la science médicale. Vous ne laisserez pas accréditer cet axiome que le sourd-muet est incurable, quand l’observation pratique nous démontre journellement qu’on peut en guérir un certain nombre , et qu’il est même permis d’espérer que, à l’aide d’un diagnostic plus sévère et des soins mieux dirigés , ce nombre augmentera graduellement. En dispensant ainsi l’éducation à tous et en la leur dispensant aussi complète que possible, vous les mettrez en rapport plus intime avec la société, et vous ferez profiter des bienfaits de notre législation protectrice ceux qui en ont été privés jusqu’à ce jour.

C’est à vos sentiments éclairés et à votre autorité que reviendra la gloire d’ achever, en France, l’œuvre de régénération de ces infortunés , entreprise il y a plus d’un demi-siècle par l’abbé de l’Épée.

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