‹ La surdi-mutitéChapitre 31 sur 181 · TROISIÈME PARTIE. - CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. - CHAPITRE IV

universelle, sur toutes les méthodes artificielles ; c’est de là que découle la supériorité incontestable de nos signes naturels sur tous les signes méthodiques ou de convention. Le curé demande trois mois pour devenir l’interprète de la sourde-muette; il n’est pas un professeur parlant, un sourd-muet de l’Institution nationale de Paris, qui n’eût traduit sa pantomime à la première vue.

» On a remarqué l’abattement de cette jeune fille, aux conclusions du ministère public, au prononcé du jugement. Elle n’entend pas et, pourtant, les signes qu’a faits, à son insu, le magistrat, l’ont instruite de son sort. Sa physionomie ouverte, intelligente, ses grands yeux expressifs en appellent de la décision du tribunal.

» Va, ma pauvre sœur, ne désespère pas de ta cause! Que l’erreur de tes juges ne t’enlève pas tout espoir! Il te reste la Cour d’appel, la Cour de Cassation. A Paris, des frères nombreux ne te manqueront pas pour t’assister, te protéger, te défendre. Espère donc !

» Un tel fait n’est-il pas une nouvelle preuve de l’urgente nécessité qu’il y a de réviser la législation civile et criminelle qui régit les sourds-muets? Sans le vouloir, on nous traite en ■parias : Lé pouvoir ne saurait avoir assurément l’intention de prolonger indéfiniment ce cruel état de choses. »

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