‹ La surdi-mutitéChapitre 68 sur 181 · TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE VII

tant tout préambule et même tout raisonnement superflu, je me contente de reproduire ici le projet de modification que j’ai eu l’honneur de soumettreà l’Assemblée nationale, comme me paraissant devoir concorder, enfin, avec la marche de plus en plus rapide des progrès de l’éducation que mes frères ont le bonheur de recevoir. . ... .

» Le comité de législation , apparemment elîrayé, dés le premier coup d’œil , de certaines des modifications que je propose, s’est empressé, cependant, de reconnaître qu’il importe d’examiner, avec soin, la position des sourds muets illettrés qui ne peuvent user, ni de l’article 972, ni de l’article 979, et qui se trouvent privés du droit de tester .

» Afin de lever les prétendues difficultés qui effrayent le rapporteur, je m’olfre spohtanément à vous fournir les documents dont il déplore l’absence, ainsi que le comité de législation en a tacitement, au moins, manifesté le vœu, le gouvernement devant, à son avis, s’en entourer, tant dans l’intérêt de la vérité que dans celui de la dignité morale des sourds-muets. Veuillez former une commission spéciale que vous chargerez de résoudre, en dernier ressort, les principaux problèmes de législation qui les intéressent, et la lumière se fera rapidement. Telle est la demande que j’ai déjà adressée, maintes fois, au gouvernement , et que je ne me lasserai point de renouveler. »

Jusqu’au jour de sa retraite, la lettre de M. Ferdinand Berlliier à M. Odilon Barrot est restée sans réponse. Nous n’en accusons pas le bon vouloir de l’ancien président du conseil. Prenons-nous en plutôt aux graves et nombreuses préoccupations qui l’ont assiégé tant qu’il

est resté aux affaires. Aucune démarche n’a été faite encore auprès de son successeur. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il est urgent de réviser la législation des sourdsmuets, et dans l’intérêt de la dignité des hommes d’élite qu’ils s’honorent de compter dans leurs rangs, et, plus encore, dans un intérêt de sauve-garde et de salut pour ceux de ces infortunés qui n’ont pas le bonheur d’être admis au bienfait de l’instruction publique.

De ce qui précède, il résulte que le sourd-muet lettré peut jouir de tous les droits civils en France; mais en même temps , nous arrivons à constater aussi que le sourd-muet illettré gémit dans une position intolérable d’ilotisme.

C’est un devoir impérieux pour le gouvernement de faire cesser promptement une pareille calamité , en fournissant à ces infortunés les moyens d’acquérir l’éducation nécessaire à leur propre sauve-garde et à celle de la société.

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