‹ La surdi-mutitéChapitre 72 sur 181 · QUATRIÈME PARTIE,— CHAPITRE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE,— CHAPITRE

(loués souvent d’une intelligence supérieure, déshérités des droits civils que nul ne dénie au. parlant le plus illettré, nous avons été naturellement entraîné depuis longtemps à méditer sur la cause de cette déplorable situation et sur les moyens à mettre en usage pour y apporter un prompt et efficace remède.

Après avoir examiné successivement toutes les raisons alléguées, et promené nos investigations sur toutes les faces de cette importante question, il nous a semblé que le manque d’éducation et principalement d’une éducation appropriée à ta position et aux besoins du sourd-muet, était ta cause principale de Cétat exceptionnel dans lequel il languit, la cause qui le prive d’une partie de ses droits civils, qui l’empêche d’entrer en communication suivie avec ses frères les parlants, d’échanger librement avec eux sa pensée, de jouir des bienfaits d’une civilisation dont il serait si apte à profiter; la cause qui l’empêche d’user pleinement du degré d’intelligence que la Providence lui a départi , d’avoir enfin dans ses yeux des organes propres à lire la parole sur les lèvres d’autrui, des nerfs de sensibilité générale, répandus sur la surface du corps , susceptibles, avec une éducation spéciale, de percevoir les ondes sonores, la parole même, nerfs qui, chez le sourdmuet , remplissent jusqu’à un certain point, et dans certaines limites, lesfonctions de l’oreille, appréciant le son, comme chez l’aveugle ces mêmes organes apprécient par le tact la forme des objets.

De même que certains aveugles, par des exercices nombreux et persévérants des nerfs sensitifs, parviennent à donner à ces organes la faculté de distinguer les couleurs, de même, ainsi que nos travaux sur ce sujet nous l’on

démontré, le sourd-muet, même le sourd-nmet aveugle ^ peut, par des exercices méthodiques et variés, arriver facilement à jouir de l’état moral du son (1), à partager la joie, la tristesse, la douleur qu’il inspire ; et l’impression qu’il reçoit par les nerfs sensitifs est d’autant plus vive, qu’il est lui-même doué d’une intelligence plus grande, d’une surdité plus profonde, et que le compositeur dont il perçoit les notes harmonieuses, a été mieux inspiré.

Désastreux résultats pour le sourd-muet du manque d’éducation ou d’une éducation défectueuse. — Source de défauts , de vices , de délits et de crimes. ■— Erreun d’Itard et d’Hoffbauer.

Qui prive le sourd-muet de tous les précieux avantages que nous venons d’exposer? Le défaut d’éducation, le défaut surtout d’une éducation éclairée.

Qui a fait trop souvent confondre le sourd-muet avec l’idiot, avec l’aliéné? Le manque d’éducation.

Qui prive le sourd-muet d’une partie de ses droits civils? Le manque d’éducation.

Qui interdit au sourd-muet les connaissances morales et religieuses qui font le charme et la consolation de la vie? Le manque d’éducation.

Qui empêche le sourd-muet d’utiliser ses facultés, scs bras, d’en trouver l’emploi et de vivre du produit de son travail? Le manque d’éducation, et souvent même, la possession funeste d’une éducation mal dirigée, sans rapport avec son infirmité et avec son avenir, la diffi-

(l) Voir noire mémoire sur Vlmprcszion mie de médecine en jS49.

tactile des ondes sonores, lu à l’Acadé-

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